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ATTACA : pour un secteur communautaire solidaire

Catherine Courchesne

Des membres du comité de direction de l’Alliance des travailleuses et des travailleurs de l’action communautaire et de l’action communautaire autonome (ATTACA) ainsi qu’une représentante de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) étaient de passage au Toast populaire du SPR-Y de mai dernier pour expliquer les raisons d’être de l’Alliance. En gros : les conditions de travail du secteur communautaire sont aberrantes et il est grand temps de faire front commun pour que ça change.

Le secteur communautaire, ce sont environ 72 000 travailleuses (le féminin est utilisé puisque ce milieu est majoritairement composé de femmes), dont 64 % ont un diplôme d’études collégiales (35 %) ou universitaires (29 %). Pourtant, malgré son importance et son expertise, le secteur communautaire peine à offrir des conditions de travail attrayantes et valorisantes à ses salariées, d’où l’importance de créer l’ATTACA, qui a notamment pour mission de promouvoir et de défendre les intérêts socioéconomiques et professionnels de ses membres.

L’ATTACA à l’attaque !

En effet, selon Catherine Jetté, présidente du comité de direction de l’ATTACA, « il est inacceptable que le salaire moyen du secteur communautaire soit de 18,54 $ l’heure… Avec un tel salaire de crève-faim, venant souvent sans assurance collective ni régime de retraite, comment attirer et retenir une main-d’œuvre qualifiée et offrir un service de qualité ? » Une question fort importante, car n’oublions pas qu’au bout de ces conditions de misère se trouvent des travailleuses qui offrent des services à la population répondant à des besoins aussi divers que nécessaires tels que l’aide à l’emploi et en santé mentale. « Ainsi, n’est-il pas ironique qu’un secteur qui lutte principalement contre la pauvreté maintienne ses propres employées dans la précarité ? Et n’est-il pas désolant qu’un milieu qui lutte pour la solidarité sociale soit aussi désuni quand vient le temps de défendre ses intérêts ? », demande Mme Jetté.

L’ATTACA : pour un secteur communautaire qui unit ses forces au lieu d’être une force qui s’ignore.

« Avec un taux de syndicalisation de seulement 5 %, on peut malheureusement affirmer que le secteur communautaire est désuni », souligne Marie Pelchat, de la CSQ. Cette dernière explique d’ailleurs le phénomène par les mauvaises conditions de travail, « car où trouver l’énergie pour la lutte syndicale quand les tâches quotidiennes demandées au boulot sont disproportionnées par rapport à la reconnaissance et au salaire reçus ? » Cela dit, l’Alliance a justement été mise sur pied pour changer la donne. Bien qu’elle soit nouvellement formée et qu’elle commence à peine à se faire connaître, elle reçoit l’appui de la CSQ qui laisse présager qu’enfin, le milieu communautaire saura parler d’une seule voix pour défendre et faire entendre ses droits.

Marie Pelchat, de la CSQ, Catherine Jetté, présidente du comité de direction de l’ATTACA. Photo : Nelson Dion

« L’important est de comprendre que les gains que fera l’Alliance profiteront non seulement aux travailleuses du secteur communautaire, mais à l’ensemble de la société, explique Françoise Pelletier, trésorière de l’ATTACA, puisqu’en améliorant les conditions de travail de nos salariées, on augmentera la rétention des employées et qu’en augmentant la rétention des employées, on améliorera le service à la communauté. »

Le congrès de fondation de l’ATTACA aura lieu le vendredi 4 octobre 2019 au Centre St-Pierre, à Montréal. Pour de plus amples informations : http://attaca.ca/ et https://www.facebook.com/travailleusesducommunautaire/.

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