• Société
Crise des travailleurs du réseau de la santé

Cher Monsieur (Docteur) (Ministre de la santé et des services sociaux) Barrette

Lettre ouverte

Cher Monsieur (Docteur) (Ministre de la santé et des services sociaux) Barrette

HOUSTON, WE HAVE A PROBLEM ! NOUS RECEVEZ-VOUS?

Depuis des années, nous, travailleurs du réseau de la santé, activons la cloche d’appel pour vous informer que le bateau commence à prendre l’eau. Plus récemment, on l’a même arrachée du mur la petite cloche! Cloche d’urgence, ça vous rappelle quelque chose? De réforme en réforme l’eau pénétrait toujours un peu plus, et nous sonnions la petite cloche encore et encore… Où étiez-vous ? (Étrangement, nous quand la cloche d’appel se fait entendre, on y va et STAT) Nous en avons parlé. Ratio sécuritaire, manque d’effectifs, heures supplémentaires obligatoires, non optimisation des ressources disponibles (entre autre). Certes vous nous avez entendus, mais vous ne nous avez pas écoutés. (Ou pas cru ?)

We have a problem Monsieur Barrette. On parle de crise infirmière mais il faudrait plutôt parler de crise des travailleurs du réseau de la santé. Aujourd’hui, ce sont les infirmières/infirmiers, infirmières auxiliaires/infirmiers auxiliaires, préposés(es) aux bénéficiaires et autres. Ce sont tous ces travailleurs qui vous interpellent.

Comment pouvez-vous garder la tête haute quand vous voyez tous vos travailleurs épuisés? Quand vous constatez que le taux de départ en maladie est aussi élevé? Quand vous entendez parler de burn-out parmi ces travailleurs? De dépression? De suicide? Quand des témoignages sont livrés par ces travailleurs démunis et en pleurs? Sont-elles faibles selon vous? À la recherche d’attention? Quand vous apprenez qu’une infirmière a été agressée physiquement par un patient? (Sans compter toutes celles qui ne font pas la manchette) Et que ça aurait pu être évité si tout le personnel nécessaire avait été en poste, vous sentez vous concerné?

Monsieur Barrette, qu’est-ce que je dois répondre à un patient à mobilité restreinte qui m’insulte après avoir eu une incontinence au lit parce que je ne l’ai pas accompagné à la salle de bain assez rapidement? Je m’excuse je suis une incompétente paresseuse? Ou dire la vérité?

« Désolée ce soir on manque ENCORE de personnel. On est à moins trois vous comprenez? Et une d’entre nous est en temps supplémentaire obligatoire et elle tente de retenir ses larmes parce qu’elle est vraiment épuisée. Et en plus, on nous annonce un autre temps supplémentaire obligatoire cette nuit et celui-là il me revient à moi. En fait pendant que vous aviez envie, madame Larouche a fait une chute. Pendant que je m’en occupais, Monsieur Lajoie s’est ‘’enfoncé’’ et on a dû appeler le médecin, prendre l’ordre verbal téléphonique, faire rapidement des prélèvements et tenter d’installer un accès veineux. Je dis tenter parce que comble de malheur, il est désorienté et  il a frappé et blessé l’infirmière qui tentait de le piquer. Une autre infirmière vient de tomber au combat, mettez le drapeau en berne!  Ensuite, il fallait administrer ce médicament que nous n’avions plus sur notre unité ce qui fait en sorte que nous avons dû communiquer avec d’autres départements pour nous le procurer. Puis pendant que je me rendais au poste pour faire resignaler le médecin qui n’en finissait plus d’arriver, j’ai intercepté la belle tite dame de 86 ans qui quittait l’unité pour aller rejoindre sa mère sinon elle serait en retard pour l’école puis j’ai dû négocier avec elle pour la ramener à sa chambre. (Tout ça avec le sourire s’il vous plait) Maintenant, je m’excuse, je dois vous quitter parce qu’il nous reste des repas à distribuer, il y a 3 autres cloches d’appel qui sonnent, et la famille du 16 m’attend. Ils sont en colère et veulent savoir pourquoi leur mère n’a pas ses prothèses dentaires alors que le repas devrait être servi depuis 45 minutes! Au fait, il faudrait que nous aussi nous puissions aller manger mais il y a tellement de paperasse à remplir que je ne sais pas si ce sera possible! Comment? Ha… Vous avez encore envie? (soupir) » (Tout ces noms sont fictifs, vous l’aurez bien compris).

Il y a des problèmes organisationnels et nous refusons qu’on les rejette sur nous comme étant des problèmes individuels. Les études le démontrent. Avec les heures supplémentaires, le niveau de vigilance et la capacité d’attention sont réduits, ce qui peut entraîner des erreurs de la part du personnel soignant. De plus, quand le nombre d’heures de temps supplémentaire des infirmières augmente de 5 %, le taux de mortalité chez les patients augmente de 3 %. Le manque d’effectifs devient un risque pour la sécurité des patients mais également de vos travailleurs Monsieur le Ministre. La pression sur nous est très élevée. Nous avons entre les mains des vies humaines et nous ne devrions pas avoir droit à l’erreur. Mais nous sommes des humains nous aussi… que de simples humains.

Savez-vous, Monsieur Barrette, que beaucoup d’effectifs ne sont pas utilisés à leur plein potentiel? Que dans certains établissements, du personnel, infirmières/infirmiers, infirmières/infirmiers auxiliaires/ pour ne nommer que ceux-ci, se voient interdit d’accomplir des actes qu’ils se sont vu délégués au fil du temps et pour lesquels ils sont formés et compétents? Savez-vous que certains départements ferment encore leurs portes à certains titres d’emploi alors que leur contribution pour alléger la tâche de tout à chacun?                            

Monsieur Barrette, que répondez-vous quand lorsque à coup de grand boum publicitaire vous tentez de sensibiliser la population à la maltraitance faite aux aînés mais que quand vos travailleurs le dénonce, ils sont menacés, intimidés ou que des sanctions disciplinaires leur sont imposées et ce au nom d’une clause de loyauté? Suspension, menace de congédiement… Ne nous demandez-vous pas d’abord et avant tout d’être au service du bien-être de nos patients? Les faits sont que dans certains établissements, les besoins de base tels que l'alimentation, l'hygiène et le maintien de la dignité ne sont pas comblés parce que malgré toute sa bonne volonté, le personnel en place ne suffit pas à la tâche. On a tellement parlé de mourir dans la dignité qu’on en oublie presque qu’il faut également vivre dans la dignité. Et vivre dans la dignité est un droit autant pour les patients que pour le personnel. Certains travailleurs sont témoins de l’inacceptable mais doivent garder le silence car la ligne directive est claire, soyez fidèles envers vos employeurs sinon... Quel être humain un tant soit peu concerné et empathique peut rentrer chez lui connaissant ces faits et être en paix avec lui-même ?

C’est pratique d’étouffer les lanceurs d’alerte, ça permet d’ignorer le problème, de l’enfouir, de l’étouffer… quitte à étouffer ses travailleurs. Ça doit être ça les dommages collatéraux. Mais il est vrai que d’exposer un martyre aux portes du village peut dissuader ceux ou celles qui voudrait oser faire comme lui. Bien sûr nous craignons, mais nous sommes courageuses, fortes. Nous dénonçons car nous refusons d’être complices.

Au plan déontologique et éthique, on nous a appris qu’il fallait sonner l’alarme lorsque la sécurité de nos patients est en jeu. C’est ce que nous faisons aujourd’hui. Ne pas agir n’est plus une option. Ni pour nous ni pour vous Monsieur le Ministre. Mais cela nous rend apparemment coupables… mais de quoi ? De trahison ? De professionnalisme ? Et les coupables ils doivent être punis !

Entre les primes jaquettes et les primes de ponctualité allouées à vos confrères médecins, nous sommes nous aussi toujours fidèles au poste, à l’heure et voir même toujours à l’avance, avec la belle petite jaquette lorsque requis… et on est encore à bout de souffle… nous avons de moins en moins de souffle…Vos petits soldats tombent au combat Monsieur Barrette.

Il y a longtemps que le feu brûle et par le temps que vous vous demandez comment l’éteindre, les dommages augmentent. Vous demandiez qu’on vous suggère des solutions (comme si on ne l’avait jamais fait auparavant) et on vous les a soumises à nouveau nos idées de solutions. Vous vous êtes récemment engagé à mettre sur pied des «projets-ratios» dans chacune des 16 régions administratives du Québec. Mais c’est ici et maintenant que ça brûle ! Partout ! Tout le temps ! Pendant que vous mettez en place vos projets ratios, le bateau continue de couler.

Les infirmières Québécoises sont les moins bien payées au pays, mais nous demandons tout de même peu plus de considération.

Votre réforme est terminée Monsieur Barrette ? Vraiment ? Alors prenez donc le temps de baisser les yeux vers nous afin de constater l’état de vos ‘’troupes’’.

Crise infirmière ne veut pas dire que les infirmières piquent leur petite crise Monsieur Barrette. Le mal est bien plus grand encore. C’est une crise des travailleurs du réseau de la santé. Infirmières/infirmiers, infirmières/infirmiers auxiliaires, préposés aux bénéficiaires, inhalos et même certains de vos collègues médecins unissent leurs voix pour vous demander d’intervenir, ici, maintenant.

 

Michèle Lafond, infirmière auxiliaire

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  • Ex-infermiere

    De dire que vous etes une pourriture ce serais insulter les vidanges. Mets en la personnel...plus de inf aux et PAB s que les inf peut faire leur job....pas juste pousser les papraces mais pour soigner les gens......j en avais des piles de rapport accident et incident quotidiennes a remplie car les pabs et inf aux etais trop occuper et je trouver ca tres important que les chose soit signaler!qnywi

  • Usurper de la capacité des travailleurs

    En congé depuis 3 ans trop vieux pour les performances demandées, heureusement assurés, j'avais prévu le coup. Maintenant considéré comme invalide. Je suis loin de votre systeme de merde puisque je représentait un danger selon ma tite boss.Un brelant de gistionnaires de plus en plus nombreux qui n'ont jamais vu un patient. Barette tu es pourr pour un medecin tu n'as pas d'empathie.

  • Maladie

    Depuis que je travaille en chirurgie aux adultes j'ai développée plusieursnproblemes physique et mental c'est très difficile d'être dans le cadrage de la portebpendant que la dame te dit qu'elle vient d'apprendre quelle à un cancer..et que tu regardes tes cloches qui sonnent et ta pas le temps de l'écouter parce que m. Tel est à la toilette et à risque de chute et plus encore et que dire du patient qui pèsent 285 lbs et que tu dois te dépêcher à l'emmener aux toilettes car il fait une rectoragie et qu'il a 86 ans et la dame obèse de 400 lbs qu'on doit lever sa jambe avec un leve personne et que meme a la morgue on a vue 2 cadvresvun par dessusnlautre parcevque cest la fds imaginez vous que ca soit votre mere avec un etranger...en tout cas jaurais bien des hisoires a raconter mais pour linstant je dois gueir mon dos car jai 51 ans je pèse 110 lbs......alors voila je suis epuisee de tous les côtés.

  • Appuis

    Aucunes solutions

  • Félicitations

    Je suis préposé aux bénéficiaires depuis 20 ans et aussi représentant syndical ce cris d'alarme ça fais des années que l'on dit à nos dirigeants mais nous sommes que des numéro . Les mesures disciplinaire s que la dame parle ds sont texte c'est très vrai la loi du silence pour ne pas ternir l'image de nos institutions il est temps que ça cesse car nos patients et travailleuse et travailleurs de la santé tombe ai combat .. Félicitations Mme Lafond pour votre courage bravo!!!p

  • Assistance familiale

    Bonjour, je suis d'accord car je connais le domaine de la santé et j'y travaille Il y a des infirmières qui refuse aussi l'aide de la famille immédiate! On a pas notre place! Je ne pouvais pas m'occuper de mon fils meme pour libérer les employés de leur charge de travaille... Et pour terminer, l'infirmière m'a presque enguellée. Besoin d'aide ou pas?

  • Réalité

    Barrette nettoie tes lunettes tabarrouette

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