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Conciliation travail-famille-école : Qu'en est-il des devoirs?

Activité organisée par les 8 marskoutaines dans le cadre de la Journée internationale pour les droits des femmes. Sous l
Caroline Laplante

Le 13 mars dernier avait lieu l'activité organisée par les 8 marskoutaines dans le cadre de la Journée internationale pour les droits des femmes. Sous le thème Conciliation travail – famille – école, tout pour la réussite scolaire, la population maskoutaine était invitée à un panel qui réunissait trois femmes impliquées dans la réussite scolaire des enfants. Madame Ginette Ledoux, enseignante à la retraite et ancienne directrice d'école, madame Karine Daigneault Leclerc mère de trois enfants inscrits à deux écoles différentes et Nathalie Caya coordonnatrice des services aux jeunes à la Maison de la Famille.

Le 13 mars dernier avait lieu l'activité organisée par les 8 marskoutaines dans le cadre de la Journée internationale pour les droits des femmes. Sous le thème Conciliation travail – famille – école. Pour ou contre les devoirs ? À l'école ou à la maison ? Comment favoriser une égalité des chances? L'école d'aujourd'hui est-elle adaptée aux nouvelles réalités des familles? Voilà quelques questions qui ont été abordées lors de cet échange bien argumenté. 

Ce panel de discussion est la suite logique de la démarche engagée par les 8 marskoutaines et la Coalition des femmes de la région maskoutaine (Co-femm) en prévision de la Marche Mondiale des femmes qui s'est tenue à l'automne 2015 à Trois-Rivières. Tout d'abord sous la forme de Café Dé-Libération, les 8 marskoutaines ont questionné les personnes impliquées dans la communauté maskoutaine et ses environs pour savoir où se trouvaient les grands défis pour les citoyennes – et les citoyens. Elles ont ensuite présenté les résultats de ces travaux lors d'un Toast populaire de Solidarité populaire Richelieu-Yamaska, un Café des Possibles. Lors de cet événement l'éducation et ses défis pour les familles s'est inscrit dans la lutte que le regroupement féministe désirait mener pour les prochains mois et sans doute les prochaines années.

La rencontre du 13 mars avait pour but de trouver des solutions concrètes pour soulager les familles ayant des enfants d'âge scolaire, déjà essoufflées par leurs mille et une obligations. Évidemment, les devoirs qui se trouvent à la jonction entre l'école et la vie de famille ont été au cœur de la discussion. Comme le disait le macaron créé par les 8 marskoutaines pour la Marche mondiale des femmes 2015, « Tout passe par l'éducation ». Mais qu'elles sont les conditions gagnantes de la réussite scolaire? Et dans quelle mesure les devoirs en font-ils partie? Les avis étaient partagés autour de la table, quoiqu'un consensus semblait émerger dans le cas spécifiques des devoirs donnés aux enfants du premier cycle du primaire, pas de devoir (ni leçon) si ce n'est que de très légers et très courts travaux pour permettre aux parents de suivre l'évolution de l'apprentissage de l'enfant. Par la suite, les avis divergeaient de façon plus marqué entre l'abolition pure et simple des devoirs, particulièrement au primaire, et des devoir de trente minutes à une heure par soir.

L'aide aux devoir a aussi fait parti des questionnements des panelistes et des personnes présentes dans la salle, Présentement l'aide aux devoirs n'est l'objet d'aucune réglementation et n'est pas standardisée au niveau de la province, ni de la région. Parfois offerte par des personnes qualifiées, d'autres fois n'étant que de simple moment en fin de journée – au service de garde, par exemple – où les adultes  surveillent le groupe d'enfants sans apporter d'aide académique, l'aide aux devoirs est devenu au fil du temps un service essentiel. Et ce besoin d'une remise en perspective selon les réalités des enfants et des familles est une priorité du groupe des 8 marskoutaines. La standardisation de l'aide aux devoirs, bien qu'elle n'éliminerait pas entièrement les inégalités entre les élèves, proposerait au moins une autre façon d'aborder ceux-ci. 

Trop de devoirs après les heures de cours demandent énormément de concentration pour les enfants qui ont un diagnostique de TDAH qui sont de plus en plus nombreux, et sont trop souvent une source de stress pour les familles. Ceci est sans tenir compte des disparités entre les compétences des parents quand vient le temps d'aider leurs enfants à faire leurs devoirs. Jacques, un professeur de mathématique à la retraite, qui a voulu aider sa petite fille de deuxième année à faire ses devoirs a dû faire face à l'évidence et passer son tour. Les méthodes d'enseignement, les termes spécifiques aux matières ont changé et les personnes qui aident les enfants à faire leur travaux doivent adapter leurs savoirs sans arrêt, au fil des réformes. 

« Décrocher chaque soir, plutôt que décrocher pour vrai? »

Plusieurs participants dans la salle ont mis l'accent sur le besoin légitime des enfants et des familles de passer du temps ensemble pour le plaisir, et de faire aussi appel aux « satellites » familiaux : grands-parents, nouveaux conjoints, oncles, tantes, ami.es pour offrir aux enfants tout le support académique et intellectuel dont il a besoin. Parce que la motivation vient de soi-même, quand on se réalise et qu'on peut démontrer ses compétences et les mettre en valeur et pour cela, il faut avant tout s'intéresser à ce que fait l'enfant. Une participantes notait également que les employeurs offraient de meilleures conditions pour concilier travail et famille. Ce qui est bienvenus lorsque les parents travaillent à l'intérieur d'horaires différents. Le temps et l'argent sont deux grands défis et risquent d'amener du stress dans la vie familiale. C'est aussi dans l'intérêt des entreprises d'aider les familles. Il est d'ailleurs important de mettre en place des mécanismes qui prennent en compte les particularité des familles.

Les pouvoirs politiques ont aussi été cité comme pouvant s'intégrer à une stratégie efficace, ou du moins dans une tangente vers la standardisation des devoirs et de l'aide apportée aux familles. Cependant la mauvaise connaissance des dossiers des personnes en poste dans les différents ministères a été soulevé ainsi que  la nécessité du pouvoir citoyen pour faire avancer le dossier et aller chercher, peut-être un éventuel appui, sinon un financement. Les pouvoirs politique et citoyens ont également un autre rôle à jouer, qui même s'il est en amont de la réussite scolaire a quand même toute son importance : la reconnaissance à sa juste valeur du métier d'enseignant.e et des compétences acquises durant les quatre années que passent les cohortes à l'université.

Les 8 marskoutaines nous reviendrons sous peu avec les résultats de cette consultation citoyenne et les actions qu'elles comptent mener avec la population maskoutaine pour aider les jeunes et les familles de notre région à concilier dans la sérénité le travail, l'école et la vie de famille.

 

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  • Re: Conciliation travail-famille-école : Qu'en est-il des ...

    Bravo pour vos démarches, on se sent écoutés!

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