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Dépendances : « C'est pas con de dire non! »

Paul-Henri Frenière

Une adolescente écrit qu'elle consomme des drogues chimiques depuis l'âge de 10 ans. Pour satisfaire son addiction, elle s'est rapidement adonnée à la prostitution. Aujourd'hui, à 17 ans, tout ce qu'elle désire c'est de mener une vie normale : atteindre son secondaire 5 et avoir « une job légale ».

À l'avant, quelques étudiantes ayant participé au projet. Derrière, des représentants des organisations Satellite, CISSS Montérégie-Est, Écoles secondaires Casavant et Fadette, Écoles Raymond et René-Saint-Pierre, Polyvalente Hyacinthe-Delorme, Évêché de Saint-Hyacinthe, Sûreté du Québec, Espace carrière et Justice Alternative Richelieu-Yamaska. (Photo : Paul-Henri Frenière).

C'est l'un des témoignages bouleversants qui a été présenté le 6 avril dernier lors d'une conférence de presse du Comité local de prévention des dépendances. Ce comité, qui regroupe des représentants de plusieurs organisations de la MRC des Maskoutains, organise depuis quelques années des activités visant la prévention.

C'est sous le thème « C'est pas con de dire non! » que diverses initiatives ont été présentées. Étonnamment, l'une d'entre elles concerne les chauffeurs d'autobus scolaires.

« Beaucoup de choses se passent lors des trajets. Les seuls adultes en contact avec les jeunes dans ces moments, ce sont les chauffeurs. Nous avons constaté qu'ils n'avaient pas d'outils pour guider leurs interventions en cas de consommation. Pour les aider, nous avons collaboré avec la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe afin d'ajouter des pistes d'intervention dans le cahier de charge qu'ils reçoivent chaque année » explique Gabrielle Lemonde, directrice de Satellite, un organisme communautaire en prévention des dépendances.

BD et bloc-notes

Photo: PHF. On a aussi voulu impliquer les jeunes dans la conception d'outils de sensibilisation. « Nous avons lancé le défi aux écoles de créer des oeuvres en lien avec le thème « C'est pas con de dire non » ajoute Gabrielle Lemonde. Ainsi sont nées des bandes dessinées réalisées par des élèves du groupe Arts et multimédia. »

Ces petites BD à trois cases illustrent les pages d'un bloc-notes qui sera distribué aux autres élèves et à des organismes de la région. Parmi les thèmes abordés, on retrouve la consommation de drogues, bien sûr, mais aussi le tabagisme, la vitesse au volant, l'homophobie et la cyberintimidation, entre autres. Dans ce même bloc-notes, on peut lire des messages, en bas de page, concernant ces thématiques. Plusieurs jeunes ont collaboré à l'écriture.

Des témoignages troublants

Quelques élèves ont plutôt choisi de témoigner par écrit de leur expérience personnelle. Certains textes sont troublants et l'on se rend compte que, souvent, des adultes sont à la source des problèmes que ces jeunes ont vécus. Comme la jeune fille citée plus tôt qui a été initiée aux drogues dures par un homme d'une quarantaine d'années.

« La consommation, ça concerne tout le monde. Nous avons tous le choix d'agir positivement pour un jeune en le supportant et en l'encourageant à faire de bons choix, conclut Gabrielle Lemonde. Que ce soit en tant que parent, voisin, ami, frère, sœur, collègue de classe ou enseignant, il ne faut pas fermer les yeux. Il faut passer à l'action. »

Les personnes intéressées par le travail de ces jeunes peuvent visiter le 1855 Exposition collective (1855 rue des Cascades) où sont exposées certaines de leurs réalisations jusqu'au 30 avril.

 

 

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