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Des étudiants allophones du Cégep sont récompensés

la Rédaction

La Société Saint-Jean-Baptiste Richelieu-Yamaska (SSJBRY) et le Cégep de Saint-Hyacinthe, dans leur volonté de valoriser la langue française, ont récompensé des étudiants allophones en apprentissage au Cégep.

Ainsi, pour encourager les étudiants étrangers à apprendre le français, à bien le parler et à bien l’écrire dans le cadre d’une activité d’intégration dans le milieu, la Société Saint-Jean-Baptiste a organisé un concours d’écriture auprès des étudiants allophones inscrits au Cégep.

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Le groupe des étudiants allophones ainsi que les différents partenaires au projet.
Photo : Cégep de Saint-Hyacinthe.

Ceux-ci devaient d’abord visiter l’exposition de Luce Pelletier, « Toucher l’instant », qui se tenait au centre Expression de Saint-Hyacinthe. Ensuite, ils devaient rédiger un texte inspiré de cette exposition.

Un jury formé de trois personnes (Roger Fontaine, enseignant à la retraite et membre de la SSJBRY ; Alain Charpentier, enseignant au Cégep et Paul-Henri Frenière, rédacteur en chef du journal Mobiles) a jugé les textes et a désigné les trois gagnants.

Un premier prix a été remis par la SSJBRY à Leonardo Rotband, un deuxième prix a été décerné par le Cégep de Saint-Hyacinthe à Madelie Nkoy Mpwo et un troisième prix, remis par la SSJBRY, est allé à Youssef Madhouri. Des bourses ont été remises à chacun des étudiants lauréats.

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M. Marc Leclerc, adjoint à la Direction des Études ; Madelie Nkoy Mpwo (deuxième prix) ; Mme Lise Lavoie, présidente de la SSJBRY ; Leonardo Rotband (premier prix) et M. Jean-Yves Langlois, coordonnateur de la SSJBRY.
Photo : Cégep de Saint-Hyacinthe.

C’est lors d’une activité sous la présidence d’honneur de Victor Cova Correa, conteur vénézuélien invité dans le cadre de la Quinzaine interculturelle du Cégep, que les lauréats ont reçu leur prix au Cégep de Saint-Hyacinthe le 26 octobre dernier.

Parmi les autres partenaires de ce projet, mentionnons le journal Mobiles, le centre Expression et le Festival interculturel du conte du Québec.


Premier prix : Leonardo Rotband

 

Les racines dans notre vie

« Ma terre a des palmiers où chantent les oiseaux, les oiseaux qui roucoulent ici ne roucoulent pas comme là-bas ». Voilà un extrait d’un poème de Gonçalves Dias, un grand poète brésilien, rédigé alors qu’il était au Portugal, loin de sa patrie.

Ce poème reflète bien la communion de l’homme avec la nature, ainsi que la nostalgie de la terre natale exprimée par le poète, qui peut également être vue dans les œuvres de l’exposition “Toucher l’instant ” de Luce Pelletier.

Elle nous présente, à travers l’utilisation d’objets dans ses œuvres, comme les poissons, dans le projet « Fleur de Peau », une forme d’appropriation d’un nouveau territoire en créant des racines pour rejoindre la nouvelle terre, et une façon d’exprimer le manque ressenti à Saint-Denis où elle a vécu dix ans de sa vie.

Le changement d’un lieu où vous avez vécu et avez créé des liens affectifs est toujours très difficile, étant atténué par diverses formes d’expression, telles que des poèmes, des œuvres d’art, ou en utilisant simplement votre langue maternelle, comme le portugais, ce qui me rapproche des palmiers.

Comme un géranium déposé sur le rebord d’une fenêtre ornée d’une dentelle qui laisse pénétrer la lumière du jour, je me sens aussi exposé et affecté par divers types d’oscillations.

Aussi, comme la luminosité qui passe au-travers d’une dentelle, provoquant des projections différentes sur un géranium, la vie dans un nouveau pays nous cause des variations entre l’ombre, dans des moments de nostalgie et de tristesse, et la clarté, représentée par le défi d’une vie meilleure.


Deuxième prix : Madelie Nkoy Mpwo

 

L’humain face à la nature

J’ai visité dimanche 25 septembre 2011 à Saint-Hyacinthe au centre-ville les œuvres de Luce Pelletier qui est une artiste québécoise. J’ai commencé ma visite par La Fleur de peau où j’ai contemplé la série de 300 truites disposées sur le sol d’une galerie d’art accompagnées de photographies de ces mêmes poissons installés dans un champ à des saisons différentes (hybridation des poissons avec le champ).

Par la suite, « Queue Leu Leu » où j’ai admiré des autos minuscules construites en feuillages (construites avec des feuilles séchées). Ensuite, « Les leurres » où sont exposés les œuvres comme : « Les mains et géranium », gants construits de grains de maïs, la toile d’araignée intitulée « Le chemin qui mène nulle part », les maisons vides et les animaux morts (oiseau et écureuil). « Écorce et anatomie » où on pouvait être frappé par une stupéfaction totale devant la création d’une main construite avec des feuilles séchées et autres…

Les émotions qui se dégagent de cette exposition sont multiples telles que : l’interrogation, le surréalisme, le rêve, la magie, la sérénité. J’ai eu l’envie de méditer, il y avait de l’harmonie, je me suis sentie en présence du naturel (un peu comme dans la nature). J’ai préféré « Les leurres », les mains vides qui signifiaient : SANS LA NATURE ON EST MORT OU ON EST VIDE ! C’est une vérité et une réalité incontestables.

Une autre de mes œuvres préférées est « La fleur de peau ». Les autos en feuillages dans « Queue Leu Leu » m’ont ramenée à l’enfance. J’ai été très impressionnée par le détail, le minuscule, l’inspiration, la créativité, la méticulosité et par la capacité supérieure d’observation et de contemplation de cette artiste québécoise qui est Luce Pelletier. Elle est dotée d’une minutie extraordinaire, elle est inspirée.

Avec toutes les créations de Luce, j’ai conclu que la nature peut prendre le dessus sur les créations humaines.

Moi personnellement, j’ajouterais à l’appellation de cette exposition les nominations suivantes : L’HYBRIDATION DE LA NATURE ET DE L’HUMAINE ou L’HUMAIN FACE À LA NATURE.


Troisième prix : Youssef Madhouri

La plante du jardin

Quand j’étais enfant, j’ouvrais mes yeux sur une petite plante dans le jardin de notre maison, elle était petite et fragile. Je passais la plupart du temps autour d’elle, parfois j’en parle comme si on était des bons amis.

Ma mère en prenait un très grand soin, elle veillait sur elle. Chaque matin elle l’arrosait, ajoutait des brins pour enrichir la terre et soignait les feuilles.

Mon père, lui aussi, venait chaque jour après le travail pour voir et contrôler le travail de ma mère. Je passais la journée à admirer le travail que mes parents faisaient tous les jours avec un grand amour.

Avec le temps je grandissais, la plante grandissait avec moi, je sentais qu’elle était une partie de moi, qu’elle m’ appartenait et que je lui appartenais, jusqu’au jour où j’ai décidé d’aller vivre dans une autre terre totalement différente de mon pays natal.

Je suis devenu le seul responsable d’elle, j’avais beaucoup de soucis pour elle comme pour moi. Est-ce qu’elle va s’adapter à ce nouveau changement ? Est-ce qu’elle va pouvoir s’encaciner au fond de cette nouvelle terre ? Plein de questions dans ma tête.

J’en prenais soin comme le faisaient mes parents avec amour et tendresse. De jour en jour, je voyais la plante s’enraciner à nouveau et ses feuilles sont devenues belles et vertes, la pureté du climat et la richesse de la terre permettaient de donner des fruits.

Enfin je me suis retrouvé et toutes mes craintes se sont envolées. En effet cette plante était mon âme qui existait au fond de moi.

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  • Re: Des étudiants allophones du Cégep sont récompensés

    <p>Il me fait grand plaisir de lire vos r&eacute;flexions port&eacute;es sur mon travail de cr&eacute;ation r&eacute;cemment expos&eacute; &agrave; Expression. Vos textes sont tous tr&egrave;s touchants&nbsp;! Votre interpr&eacute;tation est enrichissante et me rejoint aussi.<br /> Merci et bonne chance &agrave; chacun de vous.<br /> Luce Pelletier</p> <p class="hyperlien">Voir en ligne : <a class="spip_out" href="http://www.lucepelletier.com/" target="_blank">Luce Pelletier - Toucher l&rsquo;instant</a></p> <p>&nbsp;</p>

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