• Société

Expo-Action : Prière de nous laisser vivre

la Rédaction

Prière de nous laisser vivre est le résultat du travail que des femmes engagées ont présenté lors d'une expo-action dans le cadre de la Journée mondiale des Droits des Femmes tenue le 10 mars 2016 au Centre Christ-Roi à Saint-Hyacinthe.

photo : Roxane Lavoie Le groupe Art Acti♀n, composé de membres du Centre de femmes L'Autonomie en SoiE, s’est penché sur des injustices que vivent les femmes. Entamée par une réflexion sur l'histoire des femmes et leur identité durant l'automne 2015, cette réflexion ancrée dans la création artistique, s'est déplacée vers les formes de violence qui ponctuent trop souvent la vie des femmes.

‘’Les vêtements et les accessoires que nous portons sont chargés symboliquement de nos histoires et de nos vécus.’’ C'est sous cette prémisse que les membres d' Art Acti♀n ont cousu, épinglé, barbouillé, dessiné, raconté des histoires réelles ou imaginées. Les vêtements nous ont permis de  réfléchir à la condition des femmes tout en créant une installation d'art visuel et des récits que nous vous convions à explorer : 

 

‘’Manteau hiver fait par ma mère. Doublé avec fourrure jaune. Elle a travaillé de nombreuses heures pour le coudre et le faire.

-Louise ‘’

 

‘’ Les tissus de chaque jours… couches, literie, guenilles, vêtements, manteaux

Ces tissus si utiles au fil de la vie.

De la couche au linceul…

Vêtements de travail, d'écoliers de festivité… Le baptême, le mariage…

La vie, une mascarade maquillant notre authenticité, nos sentiments, nos émotions.

« Je n'ai rien à me mettre! »

« J'aime la mode, le fashion ».

« Regarde le mendiant (le clochard, le guenillou), il souffre, vois comme il est habillé! »

« Vêtue comme une reine! »

La guenille des menstruations avant la serviette hygiénique, la tunique ou jaquette des enfants.

-N. Se. ‘’

 

Et plusieurs autres textes composés par les participantes des ateliers d’Art Action et que l’on retrouve évoqués en images ici par les photos  prises lors de l’évènement Prière de nous laisser vivre.

Mobiles a demandé à une des participantes, Monique :  Qu’est-ce que vous avez retiré des ateliers d’Art Action ? 

Monique nous a répondu : ‘’Ce que ça m’a apporté c’est une confiance en moi.  Je me suis surpassée et J’AI FAIT UN ACCOMPLISSEMENT DE SOI-MÊME. 

Ça m’ouvre de nouveaux horizons et de pouvoir dire tout haut qu’on est des êtres humains à part entière.’’ 

Mobiles : Qu’est-ce que vous voulez passer comme message à la société ? 

Monique : Non à aucune sorte de violence ! On veut dire à la société respectez-nous.  Par les vêtements on a voulu faire le message que nous sommes des femmes à part entière et je suis fière de ce que je suis. 

Et à l’artiste et auteure engagée pour le projet, Caroline Laplante, Mobiles a posé les questions :    

Comment s’est déroulé le processus de réflexion, de création jusqu’à l’expo-action du 10 mars dernier ? 

Caroline Laplante :  ‘’Très bien! C'est toujours flou, les débuts d'un processus en art communautaire militant. Il faut que la revendication, ce pour quoi on milite, émerge des participantes. Alors on louvoie dans une création qui permet de nourrir le processus de réflexion pour trouver dans toute la matière, cette injustice qui relie nos préoccupations soit par notre vécu ou par nos observations du monde qui nous entoure. Pour ce projet-ci, c'est la violence contre les femmes qui retient notre attention. Nous n'en sommes pas encore à poser une revendication. C'est ce que nous ferons dans la prochaine partie du processus. ‘’

Mobiles : Quels sont les impacts que vous voyez pour les participantes, et les impacts sociaux de votre action ? 

Caroline Laplante : « C'est la reprise de pouvoir sur sa propre vie, personnelle, et aussi sur sa vie en tant que citoyenne que la réalisation de ce type projet amène, comme un antidote à la violence. La possibilité de se dire " je l'sais que je suis bonne pis que je suis capable! Et quand je suis avec mon groupe, on peut même déplacer des montagnes ». Un projet de ce type doit aussi avoir une cible, un récepteur de la revendication et c'est certain qu'ultimement, ce sont des changements sociaux concrets et permanents que nous désirons. »

Ce projet d'art communautaire militant est accompagné et financé par l'organisme Engrenage Noir/Rouage pour une deuxième année, et permet l'embauche de Caroline Laplante, artiste et auteure, et grâce à la collaboration et au soutien des travailleuses du Centre de femmes L'Autonomie en SoiE, dont Mandoline Blier, intervenante associée au projet.

Des œuvres sont également exposées à la Galerie 1855 située au 1855 rue des Cascades du 3 au 26 mars et une présentation-performance vous sera offerte le 17 mars, toujours à la Galerie 1855, en formule 5 @ 7.

 

Galerie

  • Image du portfolio
  • Image du portfolio
  • Image du portfolio
  • Image du portfolio
  • Image du portfolio
  • Image du portfolio
  • Image du portfolio

Écrire un commentaire >

Ajouter un commentaire