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Hausses des tarifs : Hydro Québec, la vache à lait

Roger Lafrance

 

Le gouvernement du Québec a besoin d'argent et il est résolu à venir en prendre de plus en plus dans nos poches. Pour y arriver, il hausse les taxes et les services publics, notamment à Hydro-Québec qui est devenue une véritable vache à lait.

Depuis le 1er avril, nous payons tous notre électricité plus chère de 2,9%, hausse décrétée par la Régie de l’énergie. On peut trouver que c’est peu, mais il faut se rappeler que l’an dernier, les tarifs avaient été haussés de 4,3% après plusieurs autres hausses. Bref, ça fait déjà beaucoup.

Mais il y a plus, et c’est l’Union des consommateurs qui nous l’a rappelé tout récemment. La hausse de 2,9% en est plutôt une de 5%. La Régie a permis à Hydro-Québec d’étaler le reste de la hausse, soit 2,1%, entre 2016 et 2020! Cet étalement s’ajoutera donc aux hausses «normales» qui seront décrétées par la Régie au cours de ces prochaines années...

Pourquoi une telle hausse? D’abord, à cause de l’énergie éolienne et des centrales privées. En effet, le gouvernement québécois oblige Hydro- Québec à acheter cette énergie dont nous n’avons aucun besoin tout en maintenant ses objectifs de rendement. La société d’État doit donc refiler la facture totale aux clients.

De plus, l’hiver froid de 2014 a forcé Hydro à acheter à fort prix de l’électricité chez nos voisins du Sud pour faire face à la période de pointe. Ce sont ces achats que la Régie de l’énergie permet d’étaler sur la facture de ses clients au cours des prochaines années, une pratique indécente quand la société d’État aurait très bien pu les inclure dans sa colonne des dépenses.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, les profits d’Hydro-Québec ont atteint des niveaux records l’an dernier, soit 3,38 milliards $. Elle a donc versé un dividende de 2,5 milliards $ au gouvernement du Québec, le plus important de son histoire.

Un véritable débat s’impose

Vous pensez que c’est terminé? Le rapport Godbout chargé de revoir la fiscalité des Québécois propose de hausser substantiellement le prix du bloc patrimonial, c’est-à-dire l’énergie produite par les centrales construites et payées depuis des dizaines d’années.

De tout temps, les gouvernements du Québec ont voulu de servir d’Hydro-Québec comme d’un levier pour remplir les coffres de l’État. Plusieurs proposent même de la privatiser en partie pour toucher davantage d’argent, en haussant les tarifs pour les rendre comparables aux autres marchés.

Devant cette situation, nous nous questionnons de plus en plus sur le rôle de la Régie de l’énergie. Celle-ci sert de moins en moins à protéger les consommateurs contre l’appétit gouvernemental.

Chose certaine, il faudrait un débat de fonds sur Hydro-Québec et son rôle. Nous pensons particulièrement aux ménages à faible et moyen revenus. Pour eux, payer le compte d’électricité devient de plus en plus difficile. Nous rencontrons régulièrement des gens dans cette situation.

Rappelons enfin qu’en 2014 seulement, plus de 60 000 ménages ont été débranchés au Québec. Si rien n’est fait pour les protéger, ce nombre risque encore d’augmenter dans un proche avenir.

 

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