• Société

Hommage à nos cols bleus !

David-Alexandre Grisé

L’hiver est long et il nous en fait vivre de toutes les couleurs. Ces hivers accablants et bipolaires semblent pourtant devenir la norme. Comment pourrons-nous, automobilistes et piétons que nous sommes, endurer ce fléau blanc et glacé ? À moins que de crier notre haine de l’hiver fasse officiellement partie de notre québécitude ?

Notre québécitude…

Oui, c’est l’hiver ! Et comme un nombre important de lecteurs, j’aime l’hiver jusqu’à une certaine limite. Depuis longtemps, la période hivernale est ce moment cyclique tout désigné pour s’en prendre inévitablement aux instances publiques (la Ville) devant nos maux et nos désespoirs hivernaux. Au même titre que de crier notre haine pour la gadoue et le froid, c’est presque devenu un sport national. L’employé municipal, dans sa machine avec son vacarme, est notre Némésis. Pelleter, pas encore ! Les cols bleus de la ville sont pris pour cibles de notre affliction collective… Ils sont comme des offrandes sacrificielles, nos boucs émissaires.

Hommage aux cols bleus !

Alors, pour toutes les injustices passées et, puisque j’adore être à contre-courant, je dis : « Je t’aime, toi, col bleu ! Je t’aime… Tu es le héros obscur de cette ville parce que toi, et (au gros maximum) tes cinquante copains, tu te lèves la nuit pour aller travailler dans des conditions polaires épouvantables. Parce que toi et les tiens, vous pouvez faire des semaines de 70 à 80 heures pour mon confort et mes besoins, et ce, à chaque tempête de neige et à chaque verglas… Je salue ta persévérance devant tes gestes mille fois répétés qui sont faits avec peu de ressources, sans pour autant que tu puisses voir la lumière au bout du tunnel. Je me désole aussi pour toi, travailleur enchaîné à ta machine, quand, parfois, bien que ton travail soit honnêtement fait un jour, la météo s’efforce de transformer ton ouvrage en cauchemar de glace l’autre jour. Je me prosterne devant toi, ô, col bleu, quand, dans la fuite d’eau, tu travailleras pendant des heures en espérant le retour du dégel. »

Votre Honneur, la parole est aux plaignants !

Un samedi… tempête de neige. Je suis chanceux, j’ai le luxe de pousser ma neige avec ma souffleuse (oui, je déneige ma bordure de route) quand soudainement, je glisse et ma rondouillette fesse rencontre sa plaque de glace. Douleur, oui ! Cris contre la « maudite ville », aucunement. Pourquoi ? Il pleuvait la veille... À quoi pouvais-je m’attendre d’autre selon vous ? Je crois, citoyens, qu’il est maintenant le temps de nous ressaisir de l’ampleur et des réalités hivernales aux extrêmes ! Il y a peut-être une réponse à nos maux d’hiver en acceptant (peut-être) de changer certaines de nos habitudes. La prochaine fois, si vous voulez faire quelque chose de constructif, autrement que de vous plaindre sur les réseaux sociaux du mauvais travail de déneigement effectué, ne le faites pas sur le dos de vos valeureux cols bleus. Ils doivent haïr encore plus l’hiver que vous. Je vous invite plutôt à composer le 450 778-1000 et d’ensevelir de plaintes le système des requêtes de notre ville. Vous donnerez ainsi un peu plus de travail aux technocrates et ce sera justice… pour les vrais travailleurs !

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  • Bravo aux cols bleus

    C'est très gentil à vous de souligner le travail des cols bleus. Ce sont des hommes et des femmes qui ont le coeur à l'ouvrage. J'ajouterais juste que la gentille employée qui répond au 450 778-1000 (et aux requêtes faites par Internet et par courriels !) travaille également très fort. Si le but est de l'ensevelir de plaintes, c'est elle que ses collègues devront aller "déneiger". :-)

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