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Grands Délires Créatifs

LA SANTÉ MENTALE, ON EN PARLE

Paul-Henri Frenière

 

L’an dernier, ils avaient installé un îlot de kiosques aux Galeries Saint-Hyacinthe. Cette année, les organismes voués à la santé mentale s’y prennent autrement pour défaire les préjugés et informer la population sur les ressources disponibles.

Toujours sous l’appellation Les Grands Délires Créatifs, le comité organisateur a plutôt misé sur une approche web  (http://www.grandsdelirescreatifs.org) et sur la diffusion d’un dépliant pour faire connaître les services offerts par leurs organismes communautaires respectifs.

Durant la Semaine de la santé mentale, soit du 6 au 12 mai, on promet des nouveautés sur le site internet et un dépliant, intitulé Pour aider à maintenir son équilibre, sera diffusé dans certains commerces du centre-ville et aux Galeries Saint-Hyacinthe.

À l’intérieur du dépliant, on y retrouvera une brève description des services offerts par les huit organismes de la région qui s’adressent – de manière différente et souvent complémentaire – aux personnes vivant une problématique en santé mentale.

De la défense des droits aux activités de loisir, en passant par la prévention du suicide et l’art thérapie, un éventail de ressources est disponible pour la population maskoutaine et de la région.

Mais ces services sont trop souvent méconnus, estiment les organisateurs. Et il est encore difficile, pour la majorité des personnes, d’aborder des « choses-là ». De là, le thème retenu pour cette année : La santé mentale, on en parle… et vous ?

 

 

Le comité organisateur : Alexandra Gibeault (CDC des Maskoutains), Louis Lemay (Contact Richelieu-Yamaska), Françoise Pelletier (MADH), Ghislain Lemonde (Élan-Demain), Diane Poirier (Centre de bénévolat de St-Hyacinthe), Christine Lapalme (Trait-d’union montérégien), David-Alexandre Grisé (Collectif de défense des droits de la Montérégie) et Jeannot Caron, citoyen engagé.

Un forum pour en parler

Question d’amorcer ce dialogue qui se veut constructif, les organismes impliqués ont convié une vingtaine d’utilisateurs de leurs services à un forum au cours duquel des consultations et des mises en situation ont été proposées.

De ce forum, les GDC ont tiré un certain nombre de constats qui ont été diffusés la semaine dernière en conférence de presse.

1. Les préjugés associés à la santé mentale sont véhiculés partout et ce même entre pairs (la nature du diagnostique à une incidence à ce niveau).
La situation n’est pas surprenante puisque tout individu « pré-juge » par défaut. Qui plus est, il faut noter que les groupes les plus marginalisés s’approprient habituellement les valeurs et les représentations du groupe dominant les concernant.

2. Plus l’on s’éloigne du groupe des pairs (personnes vivant ou ayant vécu une problématique en santé mentale), plus les préjugés sont prégnants voir stigmatisants.
En fait, cette situation dépend des fluctuations d’acceptabilité ou de tolérance sociale ambiante. Nous vivons dans un monde normé avec des sphères sociales qui répondent en elles-mêmes à des valeurs et des logiques propres (ex : le travail, le logement, la famille).

3. La réception d’un diagnostique psychiatrique signifie vivre une ou des cassures relationnelles certaines (amis, famille, collègues).
La cassure, voir la rupture, est fondée sur une grande incompréhension de l’expérience ou de la souffrance vécue. Les personnes deviennent trop souvent réduites à leur état ou à leur condition. Beaucoup de relations se réduisent à être médiatisées par le diagnostique ou l’intérêt dans les soins ou la prise de la médication.

4. Pour un grand nombre d’utilisateurs de services en santé mentale, le seul réseau social disponible ou accessible devient celui proposé par celui du réseau de la santé ou celui des ressources communautaires dédiées à la santé mentale.
Cette situation témoigne en-soi de l’ampleur des préjugés à l’œuvre. Devant une telle conséquence, nous pouvons affirmer que nous sommes devant un microcosme quasi hermétique ; un monde parallèle qui ne permet pas aux personnes touchées d’accéder à une pleine citoyenneté. L’isolement social influe à des incidences certaines à l’égard de déterminants de la santé psychique et physique.

5. Vivre avec une problématique en santé mentale, c’est être voué à gérer les étiquettes et être confronté aux tabous de notre société.
C’est comme si l’ennemi est maintenant en nous et nous devons le contrôler, le gérer ou nier une part de notre identité propre. Les représentations sociales associées à la santé mentale sont malheureusement grossières ou réductrices. Elles négligent souvent ses déterminants sociaux ou environnementaux et d’autres réalités associées (ex : la toxicomanie, l’itinérance).

Ces constats sont largement reconnus à travers plusieurs ouvrages. Cependant, et à partir des données qualitatives si généreusement offertes, nous espérons pouvoir proposer à tous les citoyens de la communauté maskoutaine de nouvelles démarches qui permettront la pleine participation des personnes qui vivent ou ont vécu une problématique en santé mentale ainsi que des échanges pouvant amener à une réduction des préjugés ainsi que des attitudes et comportements associés.
Car nous devons créer à nouveau un « vivre ensemble ».

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