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Le Fonds Solidarité Sud : Une coopération internationale en constante transformation

Catherine Courchesne

Le 21 novembre dernier, à Saint-Hyacinthe, s’est déroulé un 5 à 7 sur la solidarité internationale. Organisée par le Fonds Solidarité Sud (FSS), la rencontre avait pour but de discuter des réalisations et des défis de la coopération dans les pays du Sud.

Bien que l’aide humanitaire et la coopération internationale soient des modèles de développement valables, Louis Favreau, sociologue et président du FSS, préfère parler de solidarité internationale. « À la différence de l’aide humanitaire qui agit selon une logique d’urgence, et à la coopération internationale qui agit selon une logique d’accompagnement, la solidarité internationale est fondée sur la mobilisation sociale. »

Louis Favreau, sociologue et président du FSS. Photo : Nelson Dion

Dans les faits, cela se traduit par des initiatives locales et durables entre divers partenaires Nord-Sud, tels que des organisations non gouvernementales (ONG), des coopératives, des associations citoyennes, des chefs de villages et des paroisses. Au Québec, le FSS, l’Union des producteurs agricoles (UPA), la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI) et le Mouvement Desjardins en sont de bons exemples.

Les projets de développement socioéconomique mis en branle par ces divers acteurs permettent, notamment, d’améliorer les conditions de vie des communautés locales, de défendre leurs droits sociaux, ainsi que de favoriser leur auto-organisation. C’est ainsi que des projets de commerce équitable, de finances solidaires, de sécurité alimentaire et de coopérative forestière ont vu le jour.

Une approche active

Et des projets, il y en a ! Il suffit de regarder la fiche des réalisations du FSS depuis sa création en 2010 pour le comprendre. En 2018, le Fonds a principalement agi en Haïti, en soutenant huit coopératives agricoles, ainsi que le développement de cuisines collectives et de cantines scolaires. « Avec ce projet, on a fait d’une pierre trois coups, explique Louis Favreau : la production agricole locale, la transformation des produits locaux de la ferme et les services de repas dans les écoles. Résultat ? La population s’est sortie d’une économie de subsistance et les enfants sont sortis des champs pour aller à l’école… où ils apprennent le ventre plein. »

Selon le sociologue, ces projets sont la preuve vivante de la métamorphose de la coopération internationale : d’une aide centrée sur le développement social (santé, éducation), elle se consacre de plus en plus à des projets agricoles et économiques. Pourquoi ? « Parce qu’il est important que nos initiatives répondent aux besoins réels des populations. Après tout, à quoi bon ouvrir des écoles si les enfants sont pris à travailler dans les champs ? Et à quoi bon ouvrir des hôpitaux si la population crève de faim ? » Ainsi, en agissant sur les réels besoins des communautés, le FSS les aide… à s’aider !

Un défi international

Bien que l’aide s’articulant autour de l’agriculture et de l’économie porte fruit, elle vient avec des défis. Parmi ceux-ci : les changements climatiques. En effet, les pays du Sud ressentant plus intensément les conséquences des changements climatiques (sécheresses, inondations, feux de forêt), M. Favreau croit que, dorénavant, tous les projets de développement doivent être écologiquement viables. Un sage conseil qui gagnerait, d’ailleurs, à être appliqué non seulement dans les pays du Sud… mais partout sur la planète.

Contribuez à la campagne annuelle du Fonds Solidarité Sud.

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