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Le gouvernement fédéral doit aider les médias traditionnels à survivre à l’ère numérique

Lettre ouverte

Les hebdomadaires traversent une crise économique sans précédent avec la montée des médias numériques. Partout au Québec, de nombreux hebdos réclament un soutien financier au gouvernement fédéral et la mise en place de mesures d’urgence. Dans ma circonscription, Le Courrier de Saint-Hyacinthe, publié depuis 1853, le doyen des journaux français d'Amérique, est membre de la Coalition pour la pérennité de la presse d'information au Québec. Il y a un vaste consensus au sein des principaux journaux du Québec et du Canada pour demander au gouvernement une aide financière pour développer des plateformes numériques. En 2017, le contenu produit en format papier doit se retrouver à la fois sur le web, les tablettes et les téléphones intelligents. Il faut également souligner que produire une information de qualité est onéreux et d’autant plus difficile lorsque le public est inondé de mauvaises et fausses nouvelles, notamment sur Internet. Le gouvernement fédéral doit soutenir l’industrie de la presse écrite – ce pilier pour notre démocratie – en offrant une aide financière d’urgence immédiatement.

Rappelons-nous qu’il y a 10 ans, le gouvernement fédéral a injecté 20 millions de dollars dans les médias canadiens, mais qu’aujourd’hui il investit uniquement un demi-million, ce qui n’est pas suffisant. Les constats des consultations sont clairs, les médias écrits ont besoin d’un réel soutien financier qui leur permettra de faire face aux défis de l’ère numérique.

Au-delà de la disparition des médias traditionnels, ce sont aussi les emplois qui sont menacés. Cette crise a déjà entrainé la perte de 43 % des emplois au Québec dans ce secteur entre 2009 et 2015. Combien d’autres emplois supplémentaires doivent être mis en péril avant que le gouvernement agisse ?

À plusieurs reprises, les éditeurs de presse du Québec ont rencontré la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, pour lui faire part des difficultés qu’affronte la presse écrite. Monsieur Benoit Chartier, président et éditeur de DBC Communications et également président d’Hebdos Québec, est membre de la Coalition pour la pérennité de la presse d’information. À ce titre, il est venu témoigner à Ottawa auprès du Comité permanent du patrimoine canadien sur l’information locale et l’importance des médias locaux. Encore une fois, les Libéraux ont fait beaucoup de consultations, mais ils n’ont écouté personne. Il est du devoir du gouvernement de faire en sorte que les médias écrits – surtout les médias régionaux – continuent de jouer leur rôle de pilier pour notre démocratie. Il est maintenant temps pour le gouvernement de passer à l’action et rapidement. Contrairement au gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec a reconnu dans sa politique culturelle que les médias locaux et la presse écrite jouent « un rôle majeur dans la promotion et la connaissance des productions culturelles québécoises ». Le gouvernement québécois va consacrer 24 millions sur cinq ans au virage numérique des médias. Même si ce n’est pas suffisant, on peut au moins féliciter le gouvernement du Québec d’agir pour sauver la presse écrite, contrairement au gouvernement fédéral, qui fait la sourde oreille.

Les journaux papier jouent un rôle extrêmement important dans notre société, voire même dans la pérennisation de notre démocratie. Ils transmettent l’information au plus grand nombre, ils sont des éveilleurs de conscience indispensables et fournissent une information locale de qualité importante pour les citoyens. Ils mettent en lumière la corruption, les scandales comme dernièrement celui des « Paradise Papers ». C’est bien pour cela qu’ils sont si importants et toujours d’actualité dans une démocratie comme la nôtre. Les citoyens de mon comté ne peuvent concevoir notre communauté sans ses médias locaux. Au cours des derniers mois, je me suis levée une vingtaine de fois en Chambre pour parler de cette crise, que ce soit à la période de questions, pour un discours, des débats d’ajournement ou encore des déclarations. Chaque fois, je demande au gouvernement d’aider les journaux à traverser cette période de crise. Le gouvernement doit apporter son soutien aux médias papier pour assurer leur pérennisation, plutôt que de donner un congé de taxes à Netflix ou laisser les réseaux sociaux comme Facebook ou Google empocher les deux tiers des revenus publicitaires numériques en ne laissant que des miettes aux médias locaux et nationaux. Le gouvernement doit agir rapidement, sinon de nombreux journaux devront cesser leurs activités, ce qui n’est pas envisageable.

 

Brigitte Sansoucy
Députée Saint-Hyacinthe–Bagot 

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