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Le transport actif : une autre façon de voir la ville (2)

Roger Lafrance

Dans le dernier numéro de Mobiles, nous avons présenté quelques avenues pour Saint-Hyacinthe dans le but de promouvoir la marche. L’autre volet important du transport actif est la pratique du vélo.

Au fil des années, les villes du Québec ont développé des réseaux de pistes cyclables sur leur territoire. Toutefois, ces voies ont été conçues pour la pratique récréative du vélo. Elles visent surtout à assurer la sécurité des clientèles les plus vulnérables, notamment les familles, les jeunes et les personnes âgées.

Ce fut le cas à Saint-Hyacinthe. Pourtant, la plupart des Maskoutains ont une opinion plutôt négative de leurs pistes cyclables, et ce, malgré des investissements importants. Beaucoup ont l’impression que le réseau a été aménagé par petits bouts, sans vision d’ensemble, un constat qui est en partie vrai. Le réseau reste donc à être complété.

La Ville aurait aussi avantage à mieux le faire connaître, par exemple, en installant des panneaux présentant la carte du réseau. Un tel affichage permettrait de défaire l’image négative qu’en ont bien des citoyens, en plus de les encourager à l’utiliser davantage.

Pour encourager la pratique du vélo, la Ville aurait intérêt à revoir la circulation sur certaines rues, notamment sur la rue des Cascades qui laisse peu de place aux cyclistes avec ses stationnements de chaque côté.  Photo : Roger Lafrance

De même, Saint-Hyacinthe devrait aussi s’attaquer aux incohérences de son réseau, comme lorsque la piste cyclable s’arrête brutalement devant un obstacle (un pont, par exemple) ou qu’elle oblige les cyclistes à traverser une rue passante, surtout pour les parents avec leurs enfants.

Une meilleure cohabitation avec les autres véhicules

Le transport actif ne considère pas le vélo seulement pour la promenade ou pour le loisir, mais surtout comme un moyen de pratiquer ses activités quotidiennes, comme aller au travail ou faire ses emplettes. Or, nos pistes cyclables répondent mal à cet objectif. Les cyclistes expérimentés voudront emprunter les mêmes rues que l’automobile, car c’est souvent la façon la plus directe pour se rendre à destination.

Il faut donc viser une meilleure cohabitation entre automobilistes et cyclistes. Pour y arriver, nous proposons de procéder à une analyse des principales voies de circulation en regard de la cohabitation entre les véhicules et les vélos. Une telle étude permettrait d’identifier les sources de danger potentielles et les mesures à prendre pour assurer la sécurité des uns et des autres.

Déjà, à première vue, plusieurs voies posent problème. Pensons à la rue des Cascades, au centre-ville, dont les stationnements de chaque côté restreignent grandement la voie de circulation, au point de la rendre dangereuse pour les cyclistes. Même chose du côté de l’avenue de la Concorde, entre le pont Morison et la rue des Cascades, en raison du stationnement en bordure de rue.

Les ponts sont aussi problématiques. Le pont Morison est si étroit que plusieurs cyclistes choisissent de le traverser par les trottoirs, ce qui est particulièrement dangereux. Autre exemple : les cyclistes qui désirent continuer vers le centre-ville à la sortie du pont Bouchard le font à leurs risques et périls.

Des stationnements pour vélos

Enfin, Saint-Hyacinthe offre peu de stationnements publics pour les vélos, sauf près des édifices de loisirs. De tels stationnements seraient bénéfiques dans les secteurs commerciaux de la ville. Évidemment, le secteur privé serait mis à profit. Ces stationnements devraient pouvoir accueillir un nombre suffisamment important de vélos et être conçus pour dissuader les voleurs. Bien des Maskoutains craignent en effet de laisser leur vélo sans surveillance, de peur de se le faire voler.

Enfin, comme nous le rapportions le mois dernier, la restauration des tunnels des rues Bourdages et Laframboise serait un des atouts essentiels pour encourager les cyclistes à les emprunter.

Le pont Morison est si étroit pour les cyclistes que plusieurs préfèrent le traverser par les trottoirs, ce qui ajoute un élément de danger potentiel.  Photo : Roger Lafrance

 

 

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