• Société

Le troc ou l’économie du partage

Caroline Laplante

Il réapparait lors de crise économique et de guerres. Il est présent partout. Sans étonnement, le troc connaît actuellement un regain de popularité. Des initiatives qui nous portent hors des sentiers battus du capitalisme fleurissent dans le monde. Sous forme de magasins gratuits, d'échanges de livres, de plantes ou de services, le troc se retrouve sur internet sur des sites comme Freecycle.org ou encore dans la « vraie » vie, par exemple avec les échanges de livres dans les bibliothèques de rues.

Le troc se retrouve aussi à beaucoup plus grande échelle, à l'intérieur même du système capitaliste. « Selon l'International Reciprocal Trade Association, l'organe de commerce de l'industrie du troc, plus de 400 000 entreprises ont échangé 10 milliards de dollars au niveau mondial en 2008 — et les officiels s'attendaient à voir le volume des échanges commerciaux augmenter de 15 % en 2009. »

Du latin trochus, qui signifie roue, cerceau ou anneau, le troc est l'expression d'un code social, d'une vision sociale. Un peu à l'image du SEL (Système d'échange local), le troc veut recréer le lien derrière l'échange de biens. Et un bon exemple de troc à échelle humaine se déroule ici même, à Saint-Hyacinthe. Les Trocs d'Ûzage, une initiative de Kizis Plamondon, propriétaire et créatrice de ce sympathique atelier-boutique, attirent des troqueurs et troqueuses depuis presque deux ans pour des échanges de vêtements, de jouets ou d'objets de la vie courante selon les moments de l'année. Il est possible, lors de ces événements, de trouver la perle rare et parfois même chaussure à son pied.

Les gens qui fréquentent les Trocs s'y retrouvent pour échanger dans tous les sens du terme. On y trouve le plaisir de savoir qui choisira l'objet apporté et de pouvoir raconter son histoire, le plaisir de trouver ce qu'on ne cherchait peut-être plus. Contrairement au simple don qui peut bien sûr rendre service à quelqu'un, le troc contient dans son esprit même l'idée de réciprocité qui en fait une option économique et politique hors norme.

Le plaisir de discuter avec des personnes qui partagent des valeurs semblables fait partie de la philosophie derrière plusieurs initiatives de trocs. Un argument qui est soulevé aussi par les gens qui fréquentent ces événements est d'être en mesure de redonner aux objets leur vraie valeur, soit celle de leur utilisation. Le jean dans le fond du tiroir a peut-être coûté cher, mais si personne ne le porte, il est pur gaspillage. Bien sûr, il ne faut pas oublier l'effet de surprise! Chaque troc amène son lot de nouveautés. Et qui sait, la prochaine lampe du salon aura peut-être une histoire à raconter?

Vous voulez troquer?

William Lee Adams, « Bartering: Have Hotel, Need Haircut », Time,‎ (http://content.time.com/time/magazine/article/0,9171,1931665,00.html?xid...)

Les Trocs d'Ûzage (groupe Facebook) : https://www.facebook.com/groups/925014994175806/?fref=ts

Freecycle : https://www.freecycle.org/

 

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