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Les groupes de médecine familiale n’ont pas amélioré l’accès aux soins de santé

Alexandre D'Astous

Selon une récente étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), le passage des CLSC vers les groupes de médecine de famille (GMF) n’a pas amélioré l’accès aux soins de santé de première ligne et il risque plutôt d’impliquer des ruptures de services pour la population.

« Non seulement le nombre d’inscrits auprès d’un médecin de famille a diminué, mais la transformation de cliniques médicales en GMF ainsi que le transfert de personnel des CLSC vers ceux-ci réduisent l’accès aux services de santé et aux services sociaux pour les personnes non inscrites en GMF », analyse Anne Plourde, chercheure associée et auteure de la note rendue publique le 18 mai.

Photo : Nelson Dion« Entre 2003 et 2014, le pourcentage des personnes inscrites auprès d’un médecin de famille est passé de 75,5 % à 63,8 %. En date de 2016, ce taux est remonté à 73 %, ce qui demeure inférieur à 2003 et encore loin de la cible de décembre 2017, de 85 %. Cette remontée est d’ailleurs surtout due à la loi 20, qui fait peser la menace de pénalités financières sur les médecins de famille. De plus, contrairement aux CLSC qui ont une responsabilité populationnelle les obligeant à offrir leurs services à l’ensemble de la population de leur territoire, les cliniques médicales se transformant en GMF n’offrent plus de rendez-vous aux personnes non inscrites, qui représentent près de 60 % des Québécois. Pour toutes ces personnes, le virage vers les GMF implique donc des risques importants de rupture de services », explique Anne Plourde.

L’APTS est d’accord

L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) fait siens les constats contenus dans la note socioéconomique de l’IRIS. « Le gouvernement a beau consacrer des sommes très importantes pour développer son réseau de GMF, les résultats positifs tardent à venir. Selon la vérificatrice générale, 43 % des GMF ont reçu un financement supérieur au nombre de patients inscrits. De plus, 39 % des GMF n’offraient pas les heures d’ouverture requises pour recevoir la totalité du financement. Ces dépenses représentent un transfert de fonds publics vers les médecins et le privé, alors qu’un réseau bien établi partout au Québec existe déjà sous la forme des CLSC. Le manque de volonté politique et le sous-financement chronique de ces derniers sont déplorables », s’indigne la présidente de l’APTS, Carolle Dubé.

Pas de gens sans service en Montérégie

Au CISSS de la Montégérie Est, Magalie Dupont, du service des Communications, précise que l’organisme ne commente pas les conclusions de l’IRIS, sauf pour dire qu’il n’est pas question de laisser des gens sans service.

La Montérégie compte 31 GMF qui sont répartis dans les 9 réseaux locaux de services de la région. On les retrouve en cabinets privés, en CLSC et en UMF (Unité de médecine familiale). Selon le CISSS de la Montérégie Est, les avantages d’un GMF sont multiples, tant pour la population que pour les médecins y pratiquant. Il permet un lien privilégié et une prise en charge partagés entre le médecin, l’usager et l’équipe de professionnels du groupe. Il présente une coordination améliorée des services, allant de la prévention aux soins palliatifs, grâce à l’harmonisation des pratiques professionnelles et aux ententes avec les établissements du réseau de la santé et des services sociaux. Il favorise une diminution des visites non nécessaires à l’urgence et permet le rehaussement du rôle du médecin de famille.

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