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Mieux financer les organismes communautaires, c’est prévenir des problèmes de santé

Collaboration Spéciale

Les organismes communautaires des secteurs jeunesse, enfance et famille de la Montérégie se sont déplacés le 15 novembre dernier vers Québec, à l’Assemblée nationale et ont interpelé la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, afin de lui rappeler le travail qu’ils font au quotidien pour prévenir des problèmes de santé et pour demander à son gouvernement d’investir des crédits significatifs à la mission globale des organismes dès le prochain budget.

Les organismes communautaires de ces secteurs sont nombreux : Maisons de la famille, Maisons des jeunes, Auberges du cœur, Organismes ESPACE, Travail de rue, etc.  Ils font partie d’un vaste réseau d’organismes qui, au cœur des communautés, répondent aux besoins des populations par de l’aide directe (dépannage alimentaire, intervention de crise, etc.) mais également en prévention.

Leur travail de prévention, de promotion des droits et des saines habitudes de vie, et d’éducation à la citoyenneté font de ces organismes des acteurs déterminants dans le développement de notre jeunesse. Concrètement et par exemple, ils font la promotion d’habiletés sociales et du renforcement de l’estime de soi auprès des enfants ; ils travaillent avec les familles pour développer les aptitudes parentales ; ils apprennent aux jeunes ce que sont des rapports égalitaires.

Les organismes sont également à l’écoute des besoins des jeunes et des familles de leur communauté. Marie-Ève, une jeune femme fréquentant l’organisme Macadam Sud, témoigne : « Lors de ma première journée d’inscription à l’école CAPAB, je n’avais aucune confiance en moi et je faisais de l’anxiété sociale. Un intervenant d’Espace-Jeunes a été capable de capter cette anxiété. Il a été d’une grande aide pour m’intégrer aux autres. Ce que j’aime de Macadam Sud, c’est que tu te sens soutenue dans les bons comme dans les moins bons moments. »

Annie Tranchemontagne, de La Maison des Jeunes (MDJ) de Rigaud, relate l’évolution des besoins à laquelle elle et son équipe doivent faire face quotidiennement. Elle explique que « si les défis d’antan auprès des jeunes étaient la consommation de drogues et le flanâge, aujourd’hui ils sont confrontés à de nouvelles réalités amenées, entre autres, par les réseaux sociaux comme l’isolement, la cyberintimidation, le harcèlement sexuel et le culte de l’image. » Le travail de prévention auprès des jeunes est nécessaire plus que jamais et les groupes communautaires, directement sur le terrain, sont à même de reconnaître ces nouveaux besoins et de s’y s’adapter.

Selon Danielle Goulet, directrice de Macadam Sud et présidente de la Table régionale des organismes communautaires et bénévoles de la Montérégie (TROC-Montérégie), le travail qui est fait en amont par les organismes communautaires évite bien des hospitalisations ou des prises en charge par le réseau, par exemple en matière de protection de la jeunesse. « Les organismes sont près des gens et peuvent intervenir avant que la situation se détériore. Le lien de confiance est plus facile à établir. »

Pour Annie Tranchemontagne et son équipe, les bienfaits du milieu de vie qu’ils offrent aux jeunes de leur communauté sont sans équivoque. Pourtant, ils peinent à remplir leur mission adéquatement auprès des jeunes de leur communauté faute de financement suffisant. Pour arriver financièrement, la MDJ, comme grand nombre d’organismes, doit couper ou geler les salaires, diminuer les activités et les heures d'ouverture, restreindre la participation aux activités et aux formations des employés, et faire appel au dépannage alimentaire. Au lieu de développer et consolider, les organismes doivent réduire et rationaliser.

« Les problèmes sociaux ne se régleront pas par la pensée magique ! » se désole Danielle Goulet. « Le gouvernement doit faire preuve de maturité et y travailler sérieusement ! ». Pour cela, ça prend, et urgemment, des nouveaux crédits significatifs dans le budget 2018-2019 pour les organismes communautaires qui sont sur le terrain, qui travaillent directement et avec cœur auprès des familles et des jeunes. « Le gouvernement doit garantir des nouveaux crédits récurrents et une indexation annuelle décente, pour permettre la consolidation de ces groupes dont le travail est indispensable ! ».

*Au moment de l’arrivée des organismes communautaires à l’Assemblée nationale, la ministre Charlebois n’avait toujours pas répondu à notre demande de rencontre.

Catherine Jetté, TROC-Montérégie

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