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réponse à la lettre du conseiller municipal de Saint-Hyacinthe, Alain Leclerc

NOUS VOULONS UNE VILLE DÉMOCRATIQUE, MONSIEUR LECLERC, NON PAS DÉMAGOGIQUE

Lettre ouverte

Cette lettre se veut une réponse à celle prononcée par le conseiller municipal de Saint-Hyacinthe, Monsieur Alain Leclerc, tenue le lundi 15 mai dernier lors de la séance plénière. La SDC avait envoyé une lettre, au préalable publiée dans journal Le Courrier, demandant aux autorités municipales d’établir une communication avec les intervenants du milieu. Nous reprochions alors aux élus de prendre des décisions unilatérales en ce qui a trait au centre-ville de Saint-Hyacinthe et son développement. Nos membres se sentant, et ce à juste titre, directement concernés par la question.  

Selon ma perception, Monsieur Leclerc a voulu défendre sa politique en humiliant publiquement l’un des principaux partenaires commerciaux de la Ville de Saint-Hyacinthe et/ou son représentant, en l’occurrence, la Société de Développement commercial de Saint-Hyacinthe, représentée par ma personne. Plusieurs questions ont été soulevées. Mes réponses et commentaires y sont décrits par la présente. Afin de limiter les délais encourus par une telle rhétorique, je préfère combattre sur le même terrain choisi par Monsieur Leclerc ; agir et me prononcer de mon propre chef. 

Monsieur Leclerc se demande qui je suis. Moi, François Grisé, citoyen et commerçant engagé dans sa collectivité depuis une vingtaine d’années, agit à titre bénévole pour le compte de la SDC (un organisme sans but lucratif) en assumant sa présidence. L’organisme regroupe près de 260 membres, et des milliers de travailleurs, issus des différentes sphères commerciales et professionnelles du centre-ville de Saint-Hyacinthe. Ce regroupement est formé par le milieu et pour le milieu. De par ses revenus issus de la cotisation de ses membres, nous investissons annuellement plus de 300 000 $ en développement économique pour ce secteur névralgique de notre ville. C’est plus d’un million de dollars depuis les élections de 2013. Imaginez maintenant la somme colossale investie depuis la création de l’organisme en 1984. Nous n’avons pas à remettre en question notre partenaireship. À titre de président, j’ai le mandat et le privilège de faire rayonner le centre-ville et d’assurer les intérêts des membres de l’organisme.

Votre mandat, Monsieur Leclerc, est d’entendre la voix des citoyens, de vous mettre à leur service et de respecter leur choix. Être en désaccord avec mon point de vue et l’exprimer est une chose, mais ici, on a catégoriquement nié, et ce de manière excessive, mon droit à défendre mon point de vue, mes intérêts et surtout ceux des membres que je représente. Normalement, en démocratie, exprimer son désaccord est un droit fondamental. Encore faut-il le faire de manière civilisée. Laissez-moi vous le rappeler ainsi qu’à vos comparses. Aussi, pour ma part, je ciblais par mes propos et opinions une organisation municipale, tandis que dans votre cas, vous vous attaquez à un individu publiquement, en son absence et par surcroît en présence de caméras.                           

Vous et quelques conseillers semblez ne pas tolérer les dissidences concernant certains projets que la ville souhaite mettre de l’avant. Et pourtant, en société, les dissidences, les discussions et les réflexions sont normales, voire même souhaitables pour améliorer et assurer le bien commun. Les idées et les décisions devraient se mettre au profit de sa population, vos citoyens, et non pas soutenir la cause de quelques individus minoritaires. Un élu doit savoir ça. 

Un élu doit continuellement se rappeler qu’il est au service de la population et, ce faisant, il a le devoir d’ouverture et d’écoute envers ses citoyens avant de prendre des décisions importantes, en évitant surtout de les dénigrer publiquement. Par vos actions, vous faites présentement la démonstration que vous rejetez les fondements de la démocratie et de la liberté d’expression. Vous tenez comme arguments que vous-même et votre conseil êtes en mesure de prendre la meilleure décision qui soit en proclamant que vous cumulez plus de centaines d’années en diverses expériences et formations professionnelles. 

Monsieur, nous ne sommes pas dupes et épargnez-nous votre démagogie facile et politicienne. Il en viendrait à dire que le cumul du jugement de nos avocats, notaires, comptables, propriétaires immobiliers et commerçants du centre-ville, pour ne nommer que ceux-ci, ne compte en rien et ne pèse pas lourd dans la balance. Il est presque choquant de constater votre non-reconnaissance de l’expertise et l’implication de chacun. N’oubliez pas que par eux sont récoltés et entendus les demandes, attentes, besoins, mécontentements, frustrations et déceptions de vos citoyens. Alors, Messieurs, ne tirez pas sur les messagers ! 

Lors de la dernière assemblée, Monsieur Barré, Monsieur Beauregard et vous-même cherchiez à discréditer la SDC et son président pour un choix antérieur. En 2013, nous voulions le centre culturel, nommé aujourd’hui Humania, afin de doter le centre-ville d’une vocation socioculturelle en complémentarité avec le Centre Juliette-Lassonde. Un tel projet aurait pu assurer des retombées économiques directes et indirectes à long terme à l’ensemble des acteurs commerciaux de son milieu. Selon vous, le meilleur emplacement pour ce centre était son emplacement actuel, car l’infrastructure d’accueil du centre-ville était jugée inadéquate ; il n’y avait pas de stationnements ! Mais, aujourd’hui, vous nous dites haut et fort qu’un projet d’envergure tel que proposé par Réseau Sélection ne causera aucun préjudice à son environnement immédiat. Vous nous dites que la structure présente est adéquate moyennant quelques… modifications. Permettez-moi, Messieurs, de douter de votre écoute, de votre impartialité et de votre compréhension des enjeux socioculturels et économiques de cette ville. Je ne prétends pas que mon opinion et ma réflexion sont les seules valables. Je crois toutefois qu’elles sont, au même titre que d’autres, toutes aussi considérables. 

Depuis la dernière lettre adressée au maire, la direction de la SDC et de la Ville de Saint-Hyacinthe a convenu de tenir une consultation avec les commerçants et professionnels du centre-ville pour enfin dénouer l’impasse. À titre personnel, je tiens à féliciter Monsieur Corbeil pour cette initiative. Nous trouverons ainsi un terrain d’entente afin de permettre à l’ensemble des citoyens de la ville de Saint-Hyacinthe d’y trouver leur compte et bénéfice. Il en va de la légitime démocratie.

Je vous le rappelle encore haut et fort ; la SDC est très favorable à la venue de Réseau Sélection, mais pas à n’importe quel prix. 

P.-S. Monsieur Leclerc, devant votre fermeture et votre condescendance, comprenez que votre présence n’est pas souhaitée.     

François Grisé

Citoyen et commerçant engagé

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  • La ville démocratique, ses technocrates et le pouvoir.

    Difficile d'être surpris de l'attitude de ce GENRE de conseillers municipaux. Rappelez-vous monsieur Grisé que ce n'est pas la démocratie qui est responsable du discernement. On ne devient pas plus intelligent parce qu'on est élu! Vous écrivez qu' «un élu doit continuellement se rappeler qu’il est au service de la population et, ce faisant, il a le devoir d’ouverture et d’écoute envers ses citoyens avant de prendre des décisions importantes». Vous avez grandement raison, mais sachez aussi que plus le poste de pouvoir est PETIT (ici on parle de très petit), plus l'abus de ce pouvoir est IMPORTANT. Nous en avons (encore) la preuve (malheureusement) avec ce dossier. Ce n'est pas une première, et encore moins une dernière.

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