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Observation d’ovnis : comment faire une bonne enquête

Catherine Courchesne

Le 10 septembre dernier, la United States Navy (US Navy) confirmait l’authenticité de trois vidéos montrant des objets volants non identifiés (ovnis). On profite de l’occasion pour discuter des méthodes d’enquête sur les cas d’observation d’ovnis avec Marc St-Germain, directeur de Mutual UFO Network (MUFON) Canada, un organisme d’ufologie à but non lucratif.

En 2014 et en 2015, des pilotes de la marine américaine ont enregistré en plein vol des engins réalisant des manœuvres dépassant hautement les capacités de tout engin volant connu (vitesses et accélérations phénoménales, arrêts brutaux, virages instantanés, etc.). En 2017, l’organisation de recherches sur les ovnis To The Stars Academy (TTSA) rendait les enregistrements publics. À l’époque, la marine s’était défendue en parlant de drones et de ballons, faisant réagir la communauté ufologique mondiale. « Il était évident que ce n’étaient ni des drones ni des ballons ! Alors, pourquoi cacher la vérité et attendre deux autres années pour confirmer que c’étaient bel et bien des ovnis ? », demande l’ufologue Marc St-Germain.

Une bonne dose d’esprit critique

Vous l’aurez compris, enquêter sur les ovnis demande une bonne dose d’esprit critique, non seulement à l’égard des cas d’observation signalés par la population, mais également en ce qui concerne les informations transmises par les instances, comme l’armée américaine, qui détiendraient des preuves accablantes. « Cette dernière est si frileuse à partager ses renseignements. Pourquoi ? Soi-disant pour des questions de sécurité nationale, pour ne pas affoler la population », explique le spécialiste.

Marc St-Germain, directeur de Mutual UFO Network (MUFON) Canada. Photo : Gracieuseté

Pourtant, cet ufologue aguerri croit dur comme fer que l’ensemble de l’humanité gagnerait à connaître l’existence des civilisations extraterrestres, tout comme leurs capacités technologiques. « Ces dernières pourraient notamment nous aider à régler nos problèmes environnementaux », avance-t-il. D’où l’importance du travail des enquêteurs d’ovnis qui, malheureusement, sont souvent décrits par la culture populaire comme étant des fous ou des conspirationnistes.

Des méthodes d’enquête rigoureuses

Fou ou conspirationniste ? Non. Rigoureux ? Oui. En effet, être enquêteur d’ovnis demande beaucoup de sérieux. MUFON a d’ailleurs un protocole d’enquête permettant d’évaluer la crédibilité des témoins, tout comme d’analyser et d’interpréter les données recueillies. Par exemple, dans le cas du signalement d’un cercle de culture, des enquêteurs se déplacent sur les lieux afin d’amasser le plus de données possible. Ils questionnent les témoins, vérifient la concordance des témoignages, collectent des échantillons de preuves et les envoient en laboratoire à des fins d’analyses. Ces démarches permettent ensuite de formuler diverses hypothèses. Parfois, seule l’hypothèse ufologique est valide.

Oui, parfois, puisque 75 % des cas d’observation d’ovnis seraient des méprises selon Marc St-Germain. « Les gens croient avoir vu un ovni alors que c’était tout simplement une planète ou un satellite. » Ensuite, 3 à 5 % sont des canulars, 5 à 10 % manquent de données et, finalement, 5 à 10 % restent des phénomènes inexpliqués. Ce sont ces derniers cas qui intéressent le spécialiste et ses confrères ufologues, des cas comme celui de la US Navy. « Avec ce dévoilement, l’armée américaine nous prépare à quelque chose… À quoi ? Je l’ignore. Mais une chose est sûre : j’ai hâte de le savoir. » Et nous aussi.

Le 10 septembre dernier, la United States Navy (US Navy) confirmait l’authenticité de trois vidéos montrant des objets volants non identifiés (ovnis).

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