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Parrainage civique : apprendre à connaître l’autre dans sa différence

Gabrielle Brassard-Lecours

Depuis 35 ans, l’organisme Parrainage civique des MRC d’Acton et des Maskoutains offre l’amitié aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Pleins feux sur cette ressource essentielle.

L’anniversaire de l’organisme a coïncidé avec la 30e édition de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, célébrée à l’échelle nationale du 11 au 17 mars. Pour Chantal Lavallée, directrice générale de Parrainage civique, le thème de cette semaine, « Apprendre à se connaître », correspondait parfaitement avec la mission de l’organisme.

L'équipe de Parrainage Civique : Camille Tanguay, agente de jumelage et la directrice générale, Chantal Lavallée. Photo : Nelson Dion

« C’est une semaine importante pour nous, comme la majeure partie de notre clientèle vit avec une déficience intellectuelle », explique la directrice. Parrainage civique, qui existe dans plusieurs régions au Québec, a pour mission de jumeler des personnes vivant avec une incapacité avec un parrain civique qui crée, avec son filleul, une relation d’amitié et d’entraide, et qui l’aide à s’intégrer et à participer socialement.

Le thème de cette année a mis en lumière les personnes qui vivent avec une déficience intellectuelle, brisant les préjugés et créant des rapprochements entre la population et ces personnes.

Toujours des besoins

Plusieurs activités publiques ont été organisées dans le cadre de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle. L’équipe de Parrainage civique, de son côté, a prévu un après-midi de jeux de société pour les parrains et filleuls. Chantal Lavallée aurait aimé faire davantage, mais les ressources financières, le temps et l’énergie manquaient cette année.

C’est que l’enjeu financier, ainsi que celui de trouver des bénévoles, sont deux défis auxquels fait régulièrement face Parrainage civique. L’organisme a présentement 33 jumelages entre un bénévole et une personne vivant avec une déficience. Certains bénévoles ont plus d’un jumelage, et une vingtaine de personnes sont en attente d’un parrain ou d’une marraine.

Pour établir les jumelages, une première rencontre est organisée selon la compatibilité des profils et des activités désirées entre le bénévole et la personne vivant avec la déficience. Chaque bénévole doit consacrer trois heures par mois à son filleul, qu’il peut étaler dans le mois comme il le désire.

« Ces personnes sont entourées de leur famille, par exemple, mais pas toujours pour faire des activités de loisirs, explique Chantal Lavallée. Le parrain ou la marraine vient vraiment sortir la personne de son milieu habituel. Ils vont prendre un café ou voir une partie de hockey local. Ils brisent leur isolement et font acte de présence dans la communauté. Les bénévoles peuvent constater que les personnes vivant avec une déficience intellectuelle ne sont pas si différentes de nous, en fait » ajoute-t-elle.

Le défi de la méconnaissance

Outre le financement et la recherche de bénévoles, pour Chantal Lavallée, il reste encore beaucoup de travail à faire afin d’éduquer la population à mieux connaître les personnes vivant avec une déficience. « Ça reste une clientèle encore peu connue. Il y a à peine 40 ans, ces personnes étaient en institution, et on les traitait souvent de noms. Aujourd’hui, il faut encore sensibiliser la population et les commerces pour intégrer ces personnes. Elles peuvent nous apporter beaucoup et s’impliquent dans leur communauté. Plusieurs sont fonctionnelles et travaillent. Elles sont parfois tellement occupées que c’est difficile de prendre rendez-vous », dit, en riant, la directrice. Preuve qu’on aurait avantage à tendre la main pour surmonter bien des préjugés !

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