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Saint-Hyacinthe prête pour les réfugiés syriens

Anne-Marie Luca

Saint-Hyacinthe accueillera bientôt les premiers réfugiés syriens. Bien qu’aucune date n’ait été précisée, la Ville s’attend à recevoir trente arrivants d’ici la fin de décembre, et quarante lors de la deuxième vague, aux alentours de février.

© www.cipadh.org « Nous avons déjà une bonne expérience en accueil de réfugiés et d’immigrants, soit plus de 5 000 en 15 ans. Nous sommes donc bien outillés », indique Brigitte Massé, directrice des communications de la Ville de Saint-Hyacinthe.

La Maison de la Famille des Maskoutains accompagnera les Syriens dès leur arrivée, et tout au long de leur intégration. En plus de la paperasse administrative de base, l’organisme fournira des services d’interprète et aidera les nouveaux arrivants à trouver un toit.

« Nous aurons leur profil avant même qu’ils n’arrivent, ce qui nous permettra de chercher un logement qui répondra à leurs besoins », explique Carlos R. Martinez, directeur général de l’organisme.

Le gouvernement fédéral a quant à lui prévu des fonds variant selon la taille des familles, afin de leur fournir un trousseau de meubles de base, tels qu’un matelas, une base de lit, une table et des chaises.

Pour les jeunes Syriens, dont le nombre est évalué à 28, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) les intégrera dans les classes des écoles Lafontaine, Saint-Sacrement et Laroque. « On a répondu présent à ce défi parce que nous avons l’expertise, l’habitude et l’espace, même pour trente jeunes », explique le président de la commission, Richard Flibotte.

Les Syriens en provenance de camp de réfugiés de la Jordanie, de la Turquie et du Liban n’atterriront toutefois pas directement en sol maskoutain. Ils passeront quelques jours dans une aire spécialisée de l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, avant d’être envoyés à la base militaire de Valcartier, où ils pourraient rester quelques mois.

Situation précaire

Le gros défi reste celui d’accueillir des enfants n’ayant pas, ou peu, fréquenté l’école. La CSSH, qui a déjà intégré en 2015 quelque 70 jeunes en plein milieu d’année, immigrants et réfugiés confondus, est toutefois prête à le relever.

« Il y a deux ans, nous avons accueilli des jeunes provenant de camp de réfugiés du Népal. Ils souffraient de carences sur le plan de la santé et sur le plan académique, et avaient vécu des situations humaines très difficiles, en plus d’être tous les jours à la recherche de nourriture, raconte M. Flibotte. Ils ont besoin d’être rassurés, mais c’est assez étonnant comment ils s’adaptent rapidement. »

La barrière de la langue représente également un défi d’intégration, la plupart des jeunes ne parlant que l’arabe. « C’est important de les intégrer rapidement pour qu’ils socialisent, même s’ils ne maitrisent pas la langue. Les cours d’art, de musique et d’éducation physique fonctionnent bien, il y a une sorte de langage universelle », ajoute le président de la commission.

Autres services

Les adultes pourront suivre des programmes de francisation, ainsi que faire reconnaître leurs acquis auprès du Service de la formation continue du Cégep de Saint-Hyacinthe. « Les Syriens ont souvent une bonne scolarité, mais il leur faut une transition pour faire reconnaître leurs études », explique Mme Massé.

Pour ce qui est de la recherche d’emploi, Espace carrière aidera les réfugiés francisés dès qu’ils seront prêts à intégrer le marché du travail.

Plusieurs autres organismes maskoutains, tels que le Centre de Bénévolat de Saint-Hyacinthe (CBSH) et Forum-2020 seront également impliqués auprès des réfugiés syriens.

S’impliquer

Pour les dons de vêtements, de denrées ou de laveuses et sécheuses, s’adresser au Centre de Bénévolat de St-Hyacinthe, 450-773-4966. Les citoyens souhaitant faire du bénévolat, comme pour le transport ou des services d’interprète, peuvent s’adresser à la Maison de la Famille, 450-771-4010. La Ville remettra un reçu à ceux qui feront des dons en argent, 450-778-8300.

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