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Sommes-nous devenus accros au crédit ?

Caroline Laplante

Le 19 janvier dernier, Solidarité populaire Richelieu-Yamaska recevait monsieur Roger Lafrance, coordonnateur de l'ACEF Montérégie-Est1 (Association coopérative d'économie familiale), pour parler finances personnelles sous le thème « Sommes-nous devenus accros au crédit ? » Cette présentation informative a permis de défaire certains préjugés face à l'endettement et d'informer les participants sur les transformations du système financier relié au crédit.

Roger Lafrance, coordonnateur de l'ACEF Montérégie-Est. photo Nicolas Humbert Tout d'abord, quelques faits : Le taux d'endettement en lien avec le salaire net a atteint 163% au Canada en 2015. Nous sommes au seuil du taux de la crise économique de 2008. C'est un niveau record pour le Canada. - Selon les économistes, ce n'est pas un facteur réellement important parce que cet endettement est relié à des actifs, mais faut-il quand même être en mesure de payer l'hypothèque. - Le taux d'endettement des jeunes ménages va quant à lui jusqu'à 350% pour 8% d'entre eux au Canada et pour 5% d'entre eux au Québec.

Alors que le nombre de faillites personnelles reste stable depuis quelques années à 26 137, en 2014 au Canada, le nombre de propositions de consommateurs a augmenté. « Une proposition de consommateur est une offre que vous faites à vos créanciers dans le but de régler vos dettes. »2

Pour faire une faillite, il faut d'ailleurs « avoir les moyens » car il en coûte entre 1500$ et 2000$ la première fois. La suivante est plus dispendieuse et impose des restriction beaucoup plus sévères.

Le prix de l'immobilier a plus que doublé en quelques années à Saint-Hyacinthe. Entre le troisième trimestre de 2010 et celui de 2011 le prix d'une maison unifamiliale est passé de 203 300$ à 221 400$. Une hausse de 4%.3 Ce prix moyen aurait atteint 244 000$ en 2015 selon monsieur Lafrance. Maintenant, les hypothèque ne finissent plus. Une hypothèque sert maintenant… à se ré-hypothéquer. Elle est un actif et sert de garanti, elle laisse le consommateur attaché à la banque qui lui fourni ces outils de crédits. 

D'ailleurs, le crédit est partout. La carte de crédit est devenue, au fil du temps, une simple carte de paiement, ce qui peut être pratique quand on réussi à rembourser le solde en entier à la fin du mois. Mais à moins de suivre avec attention les dépenses effectuées, il devient facile de s'endetter pour des dépenses courantes. Et sans carte de crédit, le consommateur  n'a pas d'historique de crédit – non, avoir payé sa facture d'Hydro-Québec à temps pendant dix ans ne compte pas - donc impossible d'emprunter pour l'achat d'une voiture et encore moins d'une maison.

La technologie est aussi un facteur à considérer quand on parle d'endettement. Les nouveautés technologiques apparaissent à grande vitesse. La durée d'un cellulaire est d'environ deux ans. Il faut une télé dernier cri, un ordinateur multiple cœurs… Notre niveau de vie atteint des sommets insurpassés jusqu'à maintenant, tout comme notre endettement. Le (les) voyage annuel dans le Sud est devenu la norme, les vacances estivales à l'extérieur aussi. Il est « difficile de retourner en arrière quand on a connu ça. Ce qui était un luxe il n'y a pas si longtemps est devenu un besoin aujourd'hui ».

Il y a aussi les « autres » dettes : les factures d'Hydro-Québec, le téléphone cellulaire, le câble. À peine âgé de 20 ans, les vieilles dettes de téléphone cellulaire sont choses courantes. Il y a aussi les dettes au gouvernement, qui lui, a le droit de venir chercher ce qui lui est dû à même les remboursements de toutes sortes auxquels le consommateur pourrait avoir droit. 

Les frais pour les services gouvernementaux, qui n'étaient pas demandés avant, viennent d'ailleurs s'ajouter au stress financier de biens des ménages. D'ailleurs les parents ayant des enfants en services de gardes risquent d'avoir des surprises s'ils n'ont pas prévu l'augmentation du taux des frais de garde remboursable dans quelques semaines. Et bien sûr, les factures impayées à Hydro-Québec ont valu aux consommateurs retardataires 60 000 débranchements en 2014.

Cet endettement des ménages canadien et québécois entraine l'augmentation du marché du prêt à risque comme ceux des redresseurs financiers. Il faut savoir que l'endettement n'est pas une question de mauvaise gestion, du moins pas seulement. En majorité, les gens qui vivent des situations financières difficiles vivent aussi des moments personnels difficiles. Les pertes d'emploi, les séparation, la maladie sont des moments où la santé financière est aussi fragilisée. Comme le disait monsieur Lafrance en introduction à sa présentation, l'argent est une affaire d'émotions, de sentiment, très peu une affaire de chiffre.

Il y a heureusement des solutions aux problèmes d'endettement et un coup de téléphone à l'ACEF Montérégie-Est en est une. L'ACEF offre un service d'aide au budget, milite pour le renforcement de la Loi de protection du consommateur. L'organisme offre également de nombreux services dont des cours, des conférences et des ateliers sur différents sujets, ainsi que des références vers d'autres organismes communautaires. Ils ont aussi produit une brochure sur la maltraitance financière des ainés et une autre sur le Régime enregistré d'épargne-étude 

Événements du milieu communautaire à venir dans les prochaines semaines

Le mercredi 16 mars 2016, 19 hrs, au Centre des loisirs Christ-Roi, Martine  Jeanson, auteure du livre « Danseuse et maman » nous partagera son vécu de violence, mais surtout le cheminement  qui lui a permis de donner un autre sens a sa vie. Le récit d’une femme exceptionnelle, un très bel exemple de résilience. Et  le 21 septembre 2016, à 19 hrs au Centre des loisirs Christ Roi, nous aurons l’occasion d’entendre Josée Boudreault, animatrice  et conférencière bien connue. Auteure des livres «  Sois ta meilleure amie » et  « Sois ta meilleure amie…encore plus », son ardeur nous incite à croire en soi, à oser et nous pousse à nous dépasser.

La Semaine de prévention du suicide se déroulera du 31 janvier au 6 février 2016 sous le thème : «T’es important(e) pour nous. Le suicide n’est pas une option ». Cette année encore, Louise Soly et Yvan Pion agiront à titre de président et présidente d'honneur. Les membres du comité organisateur invitent les Maskoutaines et les Maskoutains à participer à quatre rencontres-conférences de type 5 à 7 qui se dérouleront chaque jeudi du mois de février, à la Galerie d’art 1855, située au 1855, rue Des Cascades, au Centre-Ville de Saint-Hyacinthe. Parallèlement aux rencontres-conférences, et ce, durant tout le mois de février, les visiteurs de la galerie 1855 seront invités à apporter leur touche artistique en ajoutant une image (photo, dessin ou peinture) illustrant l’importance du lien entre les personnes ou encore, à inscrire une pensée sur la grande murale créée pour l’événement.

Et enfin le CCCPEM (Comité des citoyennes et citoyens pour l'environnement maskoutain) présenteront le documentaire Pipeline, pouvoir et démocratie au Cinéma de Saint-Hyacinthe. La date reste toutefois à confirmer.

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  • Re: Sommes-nous devenus accros au crédit ?

    Je me suis toujours méfiée des cartes de crédit; j'en ai une parce que pour certaines choses, on n'a pas le choix, mais des fois, je m'en sers inutilement (ça me pousse à acheter). Imaginez que la caisse offre même une carte de crédit à ma fille qui a une déficience intellectuelle et pourtant, je leur ai déjà dit. Merci Caroline de nous rappeler que le crédit est une méchante bête à gruger nos dollars. Je vais mettre ma carte dans un tiroir et non plus dans mon sac à main.

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