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Transport urbain : c’est le temps que ça bouge

Catherine Courchesne

En mars dernier, c’est de transport urbain dont ont discuté les participants réunis pour le Toast populaire du SPR-Y. Plus précisément, les discussions ont porté sur le transport adapté et le transport actif, deux enfants pauvres du budget municipal…

Bien que le transport adapté et le transport actif soient deux enjeux différents, ils ont pour points communs d’être importants… et de manquer de financement ! Pourtant, tous deux englobent d’autres enjeux tout aussi importants, tels l’inclusion sociale des personnes handicapées et à mobilité réduite, les problèmes de santé dus à la sédentarité, ainsi que la protection de l’environnement.

Un transport adapté… inadapté

Coupure de services, augmentation des tarifs à prévoir, voilà les préoccupations des usagers du transport adapté. Deux aspects qui démontrent à quel point cet enjeu se trouve loin sur la liste des priorités de la Ville. Aux yeux de Paul St-Germain, coordonnateur du Regroupement Maskoutain des Utilisateurs du Transport Adapté (RMUTA), c’est un non-sens puisque les personnes handicapées et à mobilité réduite sont vulnérables. Par conséquent, les élus et la société entière devraient faire des pieds et des mains pour les aider.

Paul St-Germain, coordonnateur du Regroupement Maskoutain des Utilisateurs du Transport Adapté (RMUTA). Photo : Nelson Dion

Cette aide se fait malheureusement attendre, et les déceptions sont souvent plus nombreuses que les gains. Il suffit de penser à la récente décision de la Ville d’offrir gratuitement le transport en commun à la population durant certains jours et certaines heures. « Une super bonne idée… qui exclut toutefois le transport adapté, s’exclame Paul St-Germain. Comme si le fait d’être handicapé n’était pas déjà assez injuste… »

S’activer pour le transport actif

Outre le transport en commun régulier et le transport adapté, l’univers du transport urbain comprend également le transport actif. « Le transport actif, c’est utiliser sa propre énergie pour se rendre d’un endroit à l’autre », explique Annabelle T. Parlady, présidente du Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain (CCCPEM). Autrement dit, au lieu de prendre sa voiture ou l’autobus, on se déplace à pied ou à vélo!

Les bénéfices individuels de se déplacer de manière active sont nombreux. Parmi ceux-ci, notons un meilleur état de santé cardiovasculaire, une hausse de l’énergie et de la concentration, une diminution du stress et de l’anxiété, ainsi qu’un maintien, voire une perte de poids ! « Sans compter que le transport actif est bon pour le porte-monnaie, en faisant économiser sur l’essence et le stationnement », souligne Chantal Goulet du Comité des trottoirs de Saint-Hyacinthe.

Annabelle T. Palardy et Chantal Goulet se demandent bien ce qu'attend la Ville de Saint-Hyacinthe pour investir pour faciliter le transport actif. Photo : Nelson Dion

Le transport actif comporte également des bénéfices collectifs. Sur le plan environnemental, il crée peu de déchets et ne génère aucune émission de gaz à effet de serre. Sur le plan économique, il favorise la prospérité des commerces locaux puisqu’il est toujours plus facile de s’arrêter pour faire des achats lorsqu’on est à pied ou à vélo.

Ainsi, le transport actif est bon pour la santé, pour l’environnement et pour l’économie de proximité. Cela étant dit, Annabelle T. Palardy et Chantal Goulet se demandent bien ce qu’attend la Ville de Saint-Hyacinthe pour investir des sommes massives dans des infrastructures facilitant ce type de transport, comme des trottoirs et un réseau cyclable connecté et sécuritaire. Des infrastructures qui, doit-on le rappeler, coûtent beaucoup moins cher qu’un réseau routier.

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