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Élections municipales : tout est possible

Paul-Henri Frenière

Mine de rien, les élections municipales sont à nos portes. Les signes ne mentent pas. D’abord, le maire actuel, Claude Corbeil, a signalé qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat. Des membres du conseil annoncent successivement s’ils seront de nouveau dans la course… ou pas. Puis, chose inhabituelle, on a vu la formation d’un nouveau parti politique municipal : Saint-Hyacinthe Unie.

Précisons que nous ne sommes pas les seuls à faire ce choix. Le site d’Élections Québec indique que pas moins de 20 municipalités ont réservé une dénomination pour leur nouveau parti depuis le début de l’année. Près de nous, il y a Belœil (Belœil debout), Brossard (Vision Brossard) et Saint-Bruno-de-Montarville (Équipe Montarville).

Plusieurs penseront que c’est une première pour notre ville. Eh bien non ! Il y a plus de 40 ans, à l’élection de novembre 1980, un parti politique municipal briguait les suffrages : l’Action démocratique maskoutaine (ADM).

La formation avait pour chef Richard Robert, connu, par la suite, pour avoir dirigé l’Expo agricole pendant des décennies. Ce dernier a été défait par une nouvelle figure sur la scène municipale : Clément Rhéaume. Charismatique et un brin populiste, Clément Rhéaume s’est installé à la mairie pour une période de 12 ans, jusqu’en 1992.

On prétendait, à l’époque, que Richard Robert bénéficiait, en coulisse, du soutien du parti libéral local. On parlait d’une « grosse machine » de 300 personnes. Quant à Clément Rhéaume, il pouvait compter sur une toute petite organisation formée principalement par les membres de sa famille. Au lendemain de l’élection, parlant de l’équipe Rhéaume, un hebdo local titrait même : « On célébrait la victoire du monde ordinaire ».

Même si Richard Robert a mordu la poussière, il en fut tout autrement pour les candidats et la candidate qui se sont présentés sous la bannière de l’Action démocratique maskoutaine. Pas moins de six quartiers ont été remportés par l’ADM. Parmi les gagnants, au moins trois ont fait leur marque, par la suite, sur la scène municipale : Pierre Solis, Claude Marchesseault et Huguette Corbeil, décédée l’an dernier.

Huguette Corbeil a brisé « le plafond de verre » en étant la première femme à siéger au conseil municipal de Saint-Hyacinthe. L’élection de 1980 fut donc marquante à plusieurs égards.

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L’élection de 2021 sera aussi particulière. Les enjeux ne sont pas les mêmes que ceux d’il y a 40 ans. À l’époque, les élus municipaux devaient s’occuper principalement de choses dites « terre à terre » : le développement économique, l’entretien des infrastructures, le déneigement, l’approvisionnement en eau potable, l’assainissement des eaux usées, les loisirs, etc.

Aujourd’hui, d’autres enjeux s’ajoutent à cette liste. Pensons seulement à la qualité de l’environnement, à un aménagement urbain à échelle humaine, à des événements culturels innovateurs et de qualité, au renforcement des organisations communautaires au service de la population, et bien plus encore.

Est-ce qu’un nouveau parti politique municipal pourra mettre de l’avant ces valeurs ? Chose certaine, une élection, c’est comme une série éliminatoire de hockey : tout est possible.

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Remerciements à Paul Foisy, du Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, pour le filon, et au journaliste Alain Rodier pour la couverture de l’élection de 1980.

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