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Joyeuses Fêtes... malgré tout

Paul-Henri Frenière

Le temps des Fêtes, en période de pandémie, ce n’est pas un cadeau. Pas de festin en famille, pas de restaurant, pas de voyage à l’étranger, pas de spectacle ni de cinéma, bref, c’est ce que vivent les pauvres chaque année. Les gens âgés vivant seuls, les personnes assistées sociales ou celles qui travaillent au salaire minimum connaissent trop bien cette réalité.

Heureusement, nos gouvernements viennent parfois à la rescousse. Par exemple, pour le dernier trimestre de 2020 — nous y sommes —, la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV), jumelée au Supplément de revenu garanti pour les moins fortunés, a augmenté de 1,52 $ par mois. Cela représente la fabuleuse somme de 18,24 $ pour l’année. À noter que le Supplément de revenu garanti n’est versé qu’à ceux et celles qui ont les revenus les plus bas, soit un montant inférieur à 18 624 $ par année.

Et que dire des prestataires de l’aide sociale qui tentent de « survivre » avec un revenu annuel inférieur à 10 000 $ ? Quant aux personnes qui travaillent au salaire minimum, leur situation demeure précaire. Et on prévoit une faible augmentation de 3 % du taux horaire en 2021, encore bien loin du 15 $ de l’heure réclamé depuis longtemps.

« Les travailleurs et les travailleuses au salaire minimum risquent leur santé depuis maintenant neuf mois. Sans eux, l’économie du Québec n’aurait jamais traversé la première vague », a écrit récemment Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, sur sa page Facebook. Selon lui, pendant que les grandes entreprises font des profits records, notamment dans le commerce au détail, « leurs employés, les gens qui ont rendu ça possible, doivent souvent faire la file devant les banques alimentaires pour nourrir leur famille. »

De toute évidence, les plus pauvres de la société sont les grands oubliés des mesures d’urgence déployées par les gouvernements pour soutenir l’économie et la qualité de vie des citoyens.

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Un Québécois sur cinq n’a pas accès à un « revenu viable » selon une étude publiée récemment par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). Qu’est-ce que le « revenu viable » ? C’est le revenu qui tient compte des besoins réels (comme se nourrir, se vêtir, se loger) et qui prend aussi en considération le besoin de disposer d’une petite marge de manœuvre en cas d’imprévus.

Et l’on prévoit une augmentation marquée du prix des aliments pour l’année qui vient, entre autres, pour la viande et les légumes. Il faut dire que les pauvres ont déjà appris les 36 façons d’apprêter la viande hachée (toujours achetée lors de spéciaux) avec les pâtes, le riz ou les patates...

Pas surprenant que les banques alimentaires soient débordées avec l’accroissement des demandes. Pendant ce temps, les grandes banques de notre système financier font des profits records, trimestre après trimestre.

La pandémie a mis davantage en lumière les inégalités sociales, c’est clair. Vivre le confinement en cette période des Fêtes, ce n’est pas drôle. Imaginez si, en plus, vous êtes pauvre.

J’espère que le Bye Bye sera bon cette année...

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