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Le DÉFI de la députée

Paul-Henri Frenière

La nouvelle députée de Saint-Hyacinthe—Bagot à la Chambre des communes, Marie-Claude Morin, a été choisie pour faire partie des porte-parole du NPD devenu l’Opposition officielle. Ce n’est pas rien ! Cela démontre la confiance que lui accorde Jack Layton puisque seulement 18 députés sur 59 élus au Québec bénéficient de ce privilège. En lui désignant le dossier du logement, il lui confie un élément important de la plateforme néo-démocrate.

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Marie-Claude Morin.

L’accès à un logement abordable revêt une importance cruciale dans la lutte contre la pauvreté. Roger Lafrance aborde d’ailleurs le sujet dans son article Des solutions à la pauvreté ? publié dans MOBILES.

« Les gens qui bénéficient d’un HLM ont habituellement moins de problème budgétaire. » écrit-il. Et ça se comprend. Le loyer bouffe plus de la moitié des revenus de certains ménages. Pour eux, le logement subventionné devient donc, en quelque sorte, une bouée de sauvetage.

Et le fédéral dans tout ça ?

On sait que les HLM relèvent de la Société d’habitation du Québec (SHQ). Mais le gouvernement fédéral est appelé à contribuer à la construction et à l’entretien de logements sociaux. D’autant plus qu’il dispose de moyens considérables via la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL).

Or, selon le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Ottawa s’apprêterait à laisser tomber les locataires à faible revenu. En se basant sur le dernier budget déposé par le gouvernement conservateur, on irait réduire de 39% les sommes affectées pour l’aide au logement.

La SCHL ne se retrouvera pas dans la misère, au contraire ! La société d’État ne cesse d’accumuler les surplus, particulièrement depuis 2004. Un tableau tiré du site du Parlement du Canada montre l’ascension spectaculaire des montants accumulés depuis quelques années.

Les surplus de la SCHL. Source : Site du Parlement du Canada.

 

En plus des HLM, le gouvernement fédéral s’est désengagé progressivement, depuis 1994, des coopératives d’habitation : une formule pourtant efficace qui a permis de loger convenablement des familles à faible revenu et qui responsabilisait leurs membres en leur confiant la gestion.

Bref, le fédéral pourrait en faire bien davantage en terme de logement social. Mais la volonté politique y est-elle ? On sait que ce gouvernement conservateur a horreur de déplaire à l’entreprise privé. Or, dans un marché libre, les propriétaires d’immeubles ne se gênent pas pour hausser continuellement leurs loyers… et leurs profits.

Les deux paliers de gouvernement ont donc une responsabilité morale d’offrir aux moins fortunés des possibilités de se loger convenablement.

Le NPD aura donc fort à faire pour que monsieur Harper bouge dans ce dossier. Et la députée de Saint-Hyacinthe—Bagot devra relever le défi de sensibiliser ses collègues et la députation fédérale à l’importance de soutenir le logement social. Un défi difficile, mais non impossible pour l’ex-coordonnatrice du milieu communautaire.

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