• Culture

Claude Millette de retour de Russie

7ième édition du symposium international de sculpture à Penza
Sophie Brodeur

Le 12 juin dernier, Claude Millette revenait au Québec après avoir passé cinq semaines en Russie, dont trois à Penza pour participer à la 7ième édition du symposium international de sculpture qui s’y tient annuellement. Il est revenu la tête pleine de souvenirs de ce pays fascinant et y laissé sa trace, en l’occurrence une sculpture de 5.5 mètres de hauteur.

À son arrivée en Russie, Claude Millette a atterri à Moscou, qui se trouve à 700 km de Penza. Il y a passé la première nuit dans un hôtel qui ressemblait à n’importe quel hôtel d’aéroport international. « J’aurais pu être n’importe où », me dit-il.  Le lendemain soir, on vient les chercher, lui et plusieurs autres artistes invités au symposium et on se dirige directement à Penza.

Plusieurs artistes se connaissent entre eux, puisqu’ils participent au symposium année après année. Claude connait un artiste français qui, lui, connait aussi un artiste espagnol. Des liens se créent durant le long parcours qui les mène à Penza.

L’événement a lieu dans un gros hôtel où logent tous les artistes qui y participent. Les organisateurs sont deux artistes de Penza et le promoteur est propriétaire de l’hôtel. La tenue du symposium lui permet au fil des années de se constituer une importante collection de sculptures qui sont installées sur le terrain de l’hôtel. D’ailleurs, il s’agit d’un des 30 points d’intérêt à voir en fédération de Russie.

Les artistes s’installent dans leurs chambres puis se mettent au travail. Les cinq artistes de l’atelier de métal étaient assistés d’aides d’atelier, un ou deux par artiste, des gens prêtés plutôt sympathiques. L’atelier lui-même était constitué de machines non professionnelles, pas du tout à la fine pointe de la technologie. « Une chance que j’avais derrière moi des années de soudure en usine, je pouvais résoudre les problèmes qui se présentaient. Des machines ont cessé de fonctionner, le voltage était toujours instable. J’étais parti avec un plan B et  je l’ai mis à exécution : j’ai soudé à la baguette! »

Claude prendra de l’avance dans son travail et sa sculpture, Arabesque I sera plus haute que prévue puisqu’il lui fabriquera un socle pour la mettre en valeur. Il aura même le temps de fabriquer une autre pièce, plus petite. Ce n’est pas le cas de tous les artistes. « Un artiste espagnol de 36 ans, sculpteur sur marbre, qui participait pour la première fois à un symposium, était découragé devant la tâche colossale que représentait la réalisation de sa proposition. Nous l’avons encouragé à ne pas lâcher, à au moins donner à son œuvre l’esprit de son projet. Il a travaillé fort, jour après jour, de 5 h du matin à 7 h du soir, et il a fini par y arriver. »

Selon Claude, l’intérêt premier d’un symposium se trouve dans la communauté d’artistes. Il y a beaucoup de proximité dans un tel événement, et ça permet de développer des liens.  Le soir, les artistes présentaient leurs œuvres avec des images Powerpoint. « Étonnamment, c’était plutôt plate. Les gens ne parlaient pas. Moi, j’avais le goût d’un débat d’idées et comme mon tour est venu à la deuxième semaine, j’étais d’attaque! J’ai présenté mes œuvres et les gens se sont mis à poser des questions et à émettre des commentaires. »

«  Les géorgiens, familiers avec la pierre et les carrières, ont été particulièrement intéressés par mes expériences d’explosions et par le concept de construction/déconstruction qui est partie intégrante de ma démarche artistique.  Ils ont mieux compris comment le résultat peut être hors de mon contrôle, hormis bien sûr le point de départ qui, lui, s’est raffiné au fil des expériences. »

Après qu’il ait brisé la glace, les autres artistes se sont mis à parler plus. « C’était très intéressant de voir l’univers de chacun. » Les artistes arrivaient à se comprendre grâce à l’anglais qui demeure le dénominateur commun même s’il est très approximatif pour certains.  Heureusement, le symposium disposait de deux traductrices, ce qui permettait des échanges plus élaborés.

Après le symposium, Claude a eu la chance de retourner à Moscou en auto, avec quelqu’un de la place. Il a enfin pu voir, de jour, une partie de la « vraie Russie ». « Bizarrement, on dirait qu’il y deux Russie : la partie du bloc communiste, qu’on laisse s’effondrer, et une nouvelle Russie qu’on construit à côté. Certains quartiers de la ville ressemblent même à Dubaï! »

Il visite les deux principales villes du pays avec, à chaque fois, une guide francophone. Cela lui permet de voir les principales attractions dans ces villes magnifiques. Un pays au climat similaire au nôtre, mais tellement différent de par sa culture, riche de son histoire et profondément imprégné d’elle. 

« Les Russes sont anti-occidentaux, et pourtant, ils semblent s’occidentaliser, me raconte Claude. Partout dans les endroits publics, on entend de la musique dont les paroles sont en russe, mais qui est calquée sur la musique américaine techno-pop infecte et insipide. Où est la culture russe? Un chauffeur de St-Pétersbourg, qui parlait un anglais impeccable sans jamais s’être rendu ni en Angleterre ni aux États-Unis, a dit à Claude : « Les États-Unis sont jaloux de nous. »

La Russie demeure un pays mythique, tout en contrastes. Claude Millette en gardera des souvenirs impérissables, autant des gens qu’il y a rencontrés que des lieux qu’il a visités.

Durant son absence, plusieurs choses se sont mises en place pour lui ici, notamment une exposition au Centre-du-Québec, avec le Mouvement Essarts. Il s’agit d’un parc de sculptures réalisées par des artistes internationaux à Saint-Pie-de-Guire. Cet été, l’espace québécois de cette exposition est consacré aux œuvres de Claude Millette.

Pour plus d’informations : http://www.essarts.org/category/espace-quebecois/

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