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Trout Unlimited Canada maintenant au Québec

Des truites sauvages dans la Châteauguay

Alain Charpentier

Stan Usakowski pêche la truite dans la rivière Châteauguay depuis qu’il a 6 ans. Âgé aujourd’hui d’une cinquantaine d’années, il retourne toujours arpenter sa rivière d’enfance, de Powerscourt à Huntingdon, en Montérégie. Fondateur du chapitre Châteauguay de Trout Unlimited Canada, Stan aimerait bien voir sa petite rivière d’enfance devenir le meilleur parcours de pêche à la truite sauvage que l’on puisse trouver à moins d’une heure de route de Montréal.


La petite histoire de la truite dans la Châteauguay

Joint au téléphone, Stan nous raconte que depuis les années soixante, bien des choses ont changé : quand il pêchait dans les affluents de la rivière Châteauguay autrefois, il y avait de l’omble de fontaine (« truite mouchetée ») indigène allant de 6 à 20 pouces. Aujourd’hui, l’omble de fontaine a presque déserté ces eaux. Depuis les années 1950 cependant, dans la Châteauguay, on trouve de la truite brune, espèce plus tolérante au réchauffement aquatique que l’omble de fontaine. Les spécimens de 8 à 10 pouces sont monnaie courante, mais Stan assure qu’il y a des grosses truites d’au moins 20 pouces qui nagent dans ces eaux. Pourquoi personne n’en prend? Parce qu’elles sont très méfiantes et que seuls de très habiles pêcheurs à la mouche parviennent à les leurrer. Une truite sauvage de 14 pouces est âgée d’au moins 4 ans, ce qui en fait une truite âgée et donc rusée.

Les truites que l’on trouve dans la Châteauguay aujourd’hui seraient pour la plupart des truites sauvages, ce qui est très encourageant pour l’avenir.

La rivière Châteauguay est bordée de forêts privées. S'informer sur les accès.La section où la truite brune est présente va de Huntingdon jusqu’à la frontière canado-américaine, au sud de Powerscourt. Si les ombles de fontaine y sont indigènes, la truite brune, elle, a été ensemencée. Espèce importée d’Europe il y a longtemps, elle a été implantée avec succès dans plusieurs cours d’eau du sud de province. Celles qu’on trouve dans la Châteauguay ont été ensemencées aux États-Unis mais, comme elles ne connaissent pas les frontières, elles dévalent chaque printemps jusque dans le secteur de Powerscourt. Stan a observé cet automne avec un biologiste que les truites avaient presque toutes déserté la rivière : leur hypothèse est qu’elles seraient remontées en amont, du côté américain, pour aller frayer. Les truites que l’on trouve dans la Châteauguay aujourd’hui seraient donc pour la plupart des truites sauvages, ce qui est très encourageant pour l’avenir.

 


Pourquoi joindre TUC?

Les eaux de la Châteaguay sont plutôt claires, même en crue.Il y a longtemps que Stan rêve de faire quelque chose pour assurer la pérennité de la pêche dans ce magnifique secteur de la Châteauguay. Ayant pris connaissance de l’existence de Trout Unlimited Canada, il a décidé de fonder au printemps 2011 une toute première section québécoise de cet organisme pan-canadien. Ironiquement, c’est au Québec que Trout Unlimited Canada (TUC) a été fondé! Né en 1972 à Montréal, cet organisme était basé sur le modèle de Trout Unlimited qui existait déjà aux États-Unis. Le but était de réagir aux défis que représentaient à l’époque la raréfaction de la truite autour de Montréal , la pollution et le réchauffement des eaux et la difficulté de trouver des eaux de qualité pour pratiquer la pêche de la truite autour de la Métropole.

Basé sur le volontariat et le bénévolat, TUC cherche à mobiliser toute la communauté pour restaurer des cours d’eau où, jadis, la truite était résidente.  Il faut dire que la présente de truites dans un cours d’eau est un signe de bonne santé, car les salmonidés sont réputés être des poissons exigeants en termes d’oxygénation, de fraîcheur et de qualité de l’eau. Le siège social de TUC est aujourd’hui à Calgary. L’organisme compte 30 chapitres et 4000 membres à travers le Canada. Quiconque s’intéresse à la truite, que ce soit à titre de pêcheur ou non, peut devenir membre de TUC et participer à ses activités.

En appartenant à cet organisme, la rivière Châteauguay s’est doté d’une structure administrative qui lui permet de recueillir des dons et d’investir de l’argent dans sa restauration, mais aussi d’un levier politique qui lui permette, notamment de modifier la réglementation de pêche de manière à assurer la conservation de la truite à long terme.

Les projets en cours et à venir

La pêche à la mouche, toute indiquée pour pêcher ce secteur.Des fiches d’enregistrement des captures sont déjà à la disposition des pêcheurs au début et à la fin du parcours de pêche. Ces fiches permettent au pêcheur d’indiquer, en plus de ses prises, la température de l’eau, de l’air, les conditions atmosphériques, les éclosions d’insectes en cours, bref, toute information utile à une meilleure connaissance de la rivière. Stan et son équipe espèrent ainsi récolter une base d’informations qui permettra de mieux orienter les actions futures.

Une collaboration avec les biologistes des ministères fédéral et provincial a déjà été entreprise, mais Stan souhaiterait qu’un biologiste ou un technicien de la faune puisse être employé de façon permanente, à temps plein ou à temps partiel, pour pouvoir prendre des relevés de température et surveiller les lieux. Actuellement il n’y a aucun employé permanent sur place. Un partenariat avec des étudiants et chercheurs de l’Université McGill pour qu’ils viennent y mener des projets ou des expériences sur le terrain serait souhaitable. Enfin, on souhaiterait approcher le MRNFP pour une modification de la règlementation de pêche. Il faudrait par exemple imposer la remise à l’eau avec possibilité de limiter les captures à une truite par jour dans le secteur à grosses truites et limite de trois truites par jour dans les autres secteurs.

A Powerscourt, le pont Percy, datant de 1861, vient d'être restauré. Une beauté!Mais pour mener à bien ces projets, il faut de l’argent. Pour l’instant, TUC Châteauguay organise une compétition de pêche au mois de mai pour amasser des fonds. On aimerait aussi rencontrer les élus des villes et villages avoisinants pour les convaincre du potentiel économique qui réside dans une pêche sportive viable et durable, surtout que l’économie dans ce secteur de la Montérégie ne va pas trop bien. Selon Stan, la Châteauguay a tout le potentiel pour devenir un parcours de pêche aussi prestigieux que la West Branch de la rivière Ausable (N-Y). Là-bas, l’économie récréo-touristique tourne essentiellement autour de la pêche sportive : campings, hôtels, restaurants et boutiques de pêche à la mouche (« fly shops ») génèrent plusieurs emplois.

 

« Vous pouvez obtenir des résultats dans le domaine de l’écologie en convainquant les gens que protéger telle forêt ou tel torrent à truites est moralement bon, ou vous pouvez leur montrer que c’est moralement bon et financièrement intéressant. […] regardez cette belle section de la rivière Machin-chose. Elle attire tellement de pêcheurs qu’ils en sont à se demander comment réguler la foule. Si les truites sont là, les gens viendront, faites-moi confiance. Bon sang, ils n’auront même pas besoin de faire la moindre pub. Vous savez comme il est difficile de garder un bon coin de pêche secret. » (John Gierach. Même les truites ont du vague à l’âme. Gallmeister. p. 106).

 

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  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Beau texte, belle écriture, on a le goût d'y tremper nos mouches!

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Très bon texte, je me promets d'y tremper une mouche le printemps prochain. Mario

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    La Rivière Châtauguay fait partie de mes sorties de pêche pour la saison 2013. J'ai des amis de pêches à la mouche qui l'ont fréquentés et ont appréciés, donc je vais en parler à mon club de pêche à la mouche de Granby, PMHY, et nous serons surement quelque uns à y aller C'est au Québec et en français, WOW ! Denis Tarte

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    When is allowed to fish there? I mean what monthes?

  • avatar

    Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    It is open all year-long.

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Aujourd'hui, j’y suis allé à la pêche. Pêché pendant 6 heures, mais il n'y avait aucune morsure, aucune sortie. J'ai essayé toutes les variantes, essayez pêche à la mouche, puis j’ai changé sur pêche à la pêche à cuillère, wobbler, mais toujours n’avait aucun résultat. Un sentiment qu'il n'y a pas de poisson. Mais bien sûr, la nature de la rivière, il est très beau !

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Peut-être il est nécessaire d'utiliser une technique particulière ou des mouches particulières. Vous pouvez dire quel est le secret?

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Quel est le meilleurs chemin a partir de La Prairie pour se rendre a la rivière pour pêcher. Merci

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    http://www.laissemoichercherca.com/?q=Itin%C3%A9raire%20La%20Prairie%20Powerscourt

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    J'ai fouetté cette rivière avec mes mouches pendant plusieurs années mais avec très peu de succès. À ma première visite il y a une douzaine d'année, ce secteur de la rivière était ensemencé chaque année par le Ministère mais ils ont cessé de le faire l'année suivante comme à bien d'autres endroit d'ailleurs. Les truites qu'on y trouve maintenant proviennent exclusivement des États-Unis qui ensemence toujours deux fois par année leur bout de la rivière jusqu'à sa source au Lac Chateauguay au pied des montagnes Adirondak. Le dernier point de largage se situe en amont du dernier pont qui enjambe la rivière sur la Sam Cook Road à trois kilomètres au sud de la frontière. Avec le temps un certain nombre descend le courant en quête d'un territoire de chasse et une poignée de celles-là ainsi que des oeufs traversent finalement de notre côté de la frontière lors de la crue du printemps ou après de très fortes pluies. Ma plus grosse prise en une quinzaine d'expéditions de matin ou de soir à Powerscouts était d'environs 13 pouces. La moyenne est environs 7 pouces mais je suis aussi revenu très souvent bredouille mis à part un ou deux gougeons. Mes trois dernières expéditions m'ont découragé d'y retourner. Je doute fort qu'on puisse réaliser un projet viable de rivière à truite dans ce coin de pays comme dans la Rivière du Diable à Mont-Tremblant par exemple. Cet endroit est beaucoup trop isolé, la rivière est beaucoup trop petite et les braconniers s'en donneraient à cœur-joie. Mais ça demeure une très belle rivière relativement facile et agréable à moucher. Bonne pêche :)

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    quel son les meilleur mouche pour l'automne

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    comment devenir membre ou qui contacter pour des information.merci

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Si je desire faire partie d'un club de moucheurs avez vous des recommendations?

  • Re: Des truites sauvages dans la Châteauguay

    Ca dépend où vous habitez. À Montréal c'est les Moucheurs du Montréal Métropolitain.

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