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LETTRE OUVERTE

L’Omerta collective...

la Rédaction

LETTRE OUVERTE

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Jean Barrette.

Autour de nous, nous constatons et tolérons une, puis une autre petite chose disons « irrégulières » qui passent inaperçues, puis encore et encore une autre ! L’actualité est fabriquée, recyclée. L’éthique semble reléguée au rang d’une morale qui n’oblige pas. Les mensonges politiques sont de plus en plus gros. Des ’gens de bien’ s’arrogent une part du gâteau de plus en plus grande, etc.

Les médias embarquent dans la danse. On recycle même les nouvelles au Québec ! Ceux qui suivent les fils de presse ne s’étonnent même plus de vieilles nouvelles déguisées en actualité parce qu’un bon matin, il n’y avait rien de plus croustillant à écrire.

Certains ne se cachent même plus pour dire qu’un peu d’abus, une bonne sauce étirée, c’est normal. Ne tolère-t-on pas aussi sans mot dire ces petits vols de ’presque rien’ dans toutes sortes de catégories d’entreprises et d’emplois ! Des coins tournés un peu rond, de petits cadeaux ressemblant vachement à des pots de vin. Qui montre donc pattes blanches ?

Qui veut vraiment savoir en cette fin d’année 2011, qui de Charest ou de Bellemare disait vraiment la vérité ? Même chose avec la dernière campagne fédérale. Songeons aux milliards de dollars de promesses faites dans un climat de ras-le-bol ! Une véritable narcose collective !

Sommes-nous tous devenus individualistes au point d’accepter d’assister dans l’indifférence à des foires d’empoigne parlementaire qui nous dégoûtent de la politique ? En politique il y a un vieux dicton : Ceux qui ne se savent pas parlent... et ceux qui savent ne parlent pas !

Qui doute que nos gouvernements jouent avec la vérité ? L’avenir énergétique du Québec passe-t-il vraiment par le projet La Romaine et le projet Plan Nord de Jean Charest ? Peut-on croire André Caillé qui, avec la complicité d’un certain Lucien Bouchard, joue du violon dans le dossier des gaz de schiste ?

Plus rien ne semble sacré ! Il y a plusieurs mois, j’ai été intercepté par un agent de police quelque part au pays !!! qui m’a menti pour m’impressionner et me faire sentir ’cheap’. Je me suis demandé jusqu’où on pouvait aller sur un job pour se faire plaisir...

Rappelons-nous, automne 2010, une pièce de théâtre sur la violence faite aux aînés (présentée à l’ITA) a révélé l’odieux et surtout l’ampleur d’un drame souvent connu, mais caché... Qui moi ? Vous ? « Ben voyons donc ! »

De même, depuis la récente crise économique... je crains que les dégâts à certaines catégories d’investisseurs n’aient pas été causés par ce qui a été dit aux gens, mais bien par ce qui ne leur a pas été expliqué (cela mériterait une chronique ciblée).

Sommes-nous devenus complices de la société de consommation ? Avons-nous perdu tout courage au point même de préférer chialer en lieu d’exiger des élections au Québec ? Cet été, le film « Chercher le courant » a fait beaucoup jaser. Contre toute logique, on est à troquer des profits et des emplois immédiats contre l’avenir énergétique et le développement d’une véritable filière d’emploi éco énergétique bien plus rentable sous couvert d’une ’urgence d’agir’.

Devant cette dérive de notre gouvernance, nous sommes perturbés. Lorsque parfois, nous aussi, nous tirons la couverte pour avoir plus pour soi sans tenir compte des autres, nous dérivons aussi. Est-ce que notre paix intérieure et notre réussite personnelle doivent être acquises à un prix tel ? Cette hypocrisie nous rend malade, voir irresponsable ! Pour guérir, il nous faudra briser la loi du silence et du repli. Je crains que nous ne soyons condamnés à vivre par l’exemple sinon rien ne sera possible.

Cessons un instant d’accuser le système (comme s’il était un acteur) et regardons quel est le prix de notre silence : le prix de faux consentements tacites, toléré de crainte de représailles, de crainte d’être mis à l’index, de crainte de perdre un cercle d’amis, Quel message envoie Jean Charest tout ce temps où il tergiversait face à la demande répétée de tenir une commission d’enquête sur la construction ?

Si nous laissons les aspects négatifs primer sur l’espoir et l’effort, nous risquons à terme de sérieuses déceptions tant individuelles que collectives. Alors, au diable ceux qui trichent, ceux qui se targuent et bonjour aux gens authentiques. La vérité ne peut être surfaite... en ces temps de concentration de la presse et du règne des cellulaires et téléphones « intelligents » on finit par croire en l’inutilité de se regrouper, de réfléchir au-delà de la mise en forme de ce qui se présente comme une évidence médiatique.

La vie n’est certes pas facile, mais on ne peut pas faire économie du courage sans se mettre soi-même entre parenthèses. Je crains qu’aucun rêve ne puisse être atteint sans payer le prix d’un certain renoncement et de certaines privations. La vie est un prêt. Il faut savoir acquitter ce privilège par nos actions (capital) et nos décisions (intérêts). En 2012, prenons la décision de mettre fin à l’omerta, car on ne peut faire l’économie d’une vie mal vécue.

Jean Barrette

Porte-parole masculin pour l’association locale de Québec Solidaire de la circonscription de Saint-Hyacinthe

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