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Grève étudiante

Journal d’un étudiant gréviste (1)

Par webmestre

Malgré une certaine hésitation, l’établissement collégial maskoutain a emboité le pas au retour de la relâche printanière. Lors du premier vote, environ 68 % des étudiants ont voté en faveur de la grève. Le vote s’est déroulé secrètement et ont également été soutenus par des taux de participation représentatifs.

Mercredi, 14 mars : premier vote de grève au Cégep de Saint-Hyacinthe

Dans les couloirs du cégep, il y a évidemment des divergences d’opinion par rapport à la légitimité de la hausse mais, surtout, sur la nécessité d’un boycott des cours. Jusqu’à aujourd’hui, ce sont les représentants du carré rouge qui mènent le bal.

Par ailleurs, la direction du cégep oblige les dissidents à représentés par un nombre minimum de piqueteurs chaque matin, sans quoi l’établissement reprendra ses activités normales. Un représentant étudiant a aussi affirmé que le cégep oblige l’association étudiante à débourser un montant d’argent pour mettre des locaux à la disposition des élèves lors de la tenue des assemblée générales et que « [c’est] le seul cégep à faire ça. »

Mercredi, 21 mars : deuxième vote de grève

Au plus fort du mouvement, quelque 300 000 étudiants sont maintenant sur la touche pour exprimer un mécontentement face au choix budgétaire du gouvernement Charest et de son ministre des finances Raymond Bachand. La veille de la manifestation nationale, les étudiants du cégep de Saint-Hyacinthe tiennent leur assemblée générale. Cependant, les participants furent moins nombreux à la tenue du deuxième vote, mais ils ont tout de même fait pencher la balance démocratique du côté de la solidarité étudiante avec 52 % des voix. Comme le premier vote, celui-ci s’est déroulé secrètement.

Jeudi, 22 mars : mobilisation étudiante générale à Montréal

Un jeudi, jour de paye. Il fait un soleil de plomb. Un soleil de changement climatique. Sur l’autoroute, il y a une abondance anormale d’autobus scolaires en ce temps de grève. Mais c’est à la sortie du pont Jacques-Cartier qu’on remarque le plus cette anomalie. Des voitures de police y escortent des convois de bus jaunes, par dizaines. La sortie du métro Longueuil est bouchée.

À peine suis-je arrivé sur la rue Sainte-Catherine qu’une étudiante – elle brandit des pancartes, porte du maquillage et un carré rouge – me tend un objet en me disant de me « protéger contre la hausse. » C’est un papier où l’on peut lire un slogan et auquel est collé un condom. C’était une étudiante en sexologie de l’UQAM.

Beaucoup de gens convergent vers la rue Peel, Place Canada. Les marcheurs se dirigent à contre-sens de la circulation. Ils sont assez nombreux pour bloquer celle-ci. En levant les yeux, la situation avait l’air sensiblement le même sur le boulevard René-Lévesque. Impressionnant !

Il y a encore de l’espace libre à la Place Canada, mais c’est déjà « noir de monde ». Il est 13 heures. À peine une heure plus tard, il est difficile de se frayer un chemin pour se déplacer. Les équipes de journalistes sont sur place. Il y a aussi TVA avec ses beaux camions. Des hélicoptères volent au-dessus des têtes. Ceux de la SQ. Et de TVA aussi, je présume.

Avant le départ de la marche, il est quasi impossible de voir la fin de cettelfoule. Même après son départ, d’ailleurs.

L’ambiance est festive, mais les gens sont indignés. Partout dans les conversations les noms des Bachand, Beauchamp et Charest sont sur les lèvres. Les pancartes parlent d’elles-mêmes. Certaines sont très vulgaires, d’autres songées. Beaucoup de gens sont maquillés en rouge.

La marche est émouvante. Il y a une solidarité dans la rue qu’il n’y a pas dans la vie de tous les jours. Les manifestants suivent le trajet confié à la SQ, même si il y eut quelques débordements sur Ste-Catherine. Les passants nous saluent, nous témoignent leur appui. Il y du monde sur les toits, les balcons, sur les trottoirs… partout.

J’aperçois un de mes profs, je lui serre la main.

J’aperçois plusieurs de mes profs, je les salue.

Sur Berri, c’est la gloire. C’est le viaduc qui passe sous Sherbrooke qui donne cet effet. Il y des gens en haut qui encouragent ceux d’en bas pendant qu’ils passent. Ce n’est rien comparé au petit tunnel qui nous sert d’entrée dans le Vieux-Montréal. On pouvait y voir une banderole rouge gigantesque sur laquelle était inscrit que l’éducation est un droit. Il y avait une foule monstre à cet endroit. La marche est ponctuée d’arrêts par rapport à la densité de la foule pacifique.

Il y a toutes sortes de gens. Vraiment de toutes les sortes.

La rue nous appartient.

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  • Re: Journal d’un étudiant gréviste (1)

    <p>bravo Mathieu<br /> bienvenue dans l&rsquo;&eacute;quipe de Mobiles.<br /> ton prof d&rsquo;&eacute;criture journalistique. Anne-Marie</p>

  • Re: Journal d’un étudiant gréviste (1)

    <p>Salut Math,</p> <p>Contente pour toi que tu &eacute;crives dans Journal Mobiles. Remerciements &agrave; ton prof d&rsquo;&eacute;criture Anne-Marie. DAN</p> <p>&nbsp;</p>

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