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Grève étudiante

Journal d’un étudiant gréviste (4)

Par webmestre

À l’heure où quelque 184 000 étudiants sont toujours en grève au Québec, les étudiants du cégep de Saint-Hyacinthe ont décidé de reconduire la grève dans une proportion de 52% (938 voix) contre 47% (854 voix) avec 1% d’abstention (22 voix). Au total, 1814 étudiants ont participé à un vote secret qui s’est tenu jusqu’à 18 h.

Malgré une semaine passablement mouvementée pour le cégep de Saint-Hyacinthe, l’atmosphère de l’assemblée générale du 19 avril tenue par le RÉÉCSH était relativement calme et détendue. Notons qu’en début de semaine, il y avait la possibilité d’un retour en classe forcé suite à une consultation électronique conduite par l’administration du cégep. Une polémique qui s’est soldée par une bataille juridique dans laquelle l’administration a dû céder face à l’association étudiante.

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(Ph. Nelson Dion)

En début d’avant-midi, un petit groupe de manifestants pro-hausse et anti-grève s’étaient rassemblés à l’extérieur pour piqueter. Au fur et à mesure que la grève se prolonge, de plus en plus d’étudiants prennent position dans ce débat sur la hausse des frais de scolarité étant donné leur inquiétude face aux éventuelles complications quant à un rattrapage tardif des cours.

Lors du point d’information, les représentants de l’association étudiante ont tenu à clarifier certains détails relatifs à la démocratie étudiante. Injonction à l’appui, rouge comme bleu, chacun a tenu à souligner la souveraineté de l’assemblée qui est octroyée aux gens qui y participent et y assistent. Par conséquent, l’opinion personnelle des membres du RÉÉCSH n’influence en rien les décisions prises en assemblées. Donc, le pouvoir revient de droit aux étudiants qui participent au vote.

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(Ph. Nelson Dion)

L’exécutif du syndicat des enseignants est également venu féliciter les étudiants pour leur conduite exemplaire dans l’exercice démocratique. Depuis le début de la grève, le cégep de Saint-Hyacinthe fait bonne figure, notamment avec la tenue de votes secrets.

Alors que des pourparlers officieux se murmureraient en coulisse entre le gouvernement québécois et les deux fédérations étudiantes – la FECQ et la FEUQ –, Léo Bureau-Blouin a fait acte de présence avec un discours partisan d’une quinzaine de minutes. Comme à chaque semaine, il a rappelé l’importance de poursuivre la grève tout en soulignant les progrès de celle-ci. M. Bureau-Blouin n’a cependant pas abordé l’épineuse question de l’exclusion de la CLASSE de l’hypothétique table des négociations entre le gouvernement et les étudiants. Rappelons qu’à la suite de vandalisme plus tôt cette semaine le gouvernement, qui a pris pour cible la CLASSE, tente d’écarter des négociations cette faction du mouvement étudiant puisqu’il déplore que ses membres n’aient toujours pas condamné publiquement « la violence ». Selon plusieurs, cette stratégie se veut une tentative de division du mouvement étudiant afin de s’attirer la sympathie de la population alors que des élections sont pressenties pour début mai.

Lors de la plénière, un étudiant arborant un carré vert a récité une parodie de Speak Red (inspiré de Speak White) intitulée Speak Green. Vert pour la couleur de l’argent. Selon ses dires, ce qu’on ne paie pas n’a pas de valeur et un gel des frais de scolarité hypothèquerait les générations futures. Actuellement à son 66ème jour de grève, le mouvement étudiant subit la répression policière, médiatique et politique. Des étudiants ont été victimes de bastonnades en Outaouais et à Montréal jeudi dernier, pendant que le gouvernement libéral s’obstine à ne pas vouloir engager de réel dialogue pour régler la crise.

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