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Paul Brunelle, le chevalier chantant : hommage à un pionnier de la musique country

Catherine Courchesne

Le Québec comprend trois pionniers de la musique country : Willie Lamothe, Marcel Martel et Paul Brunelle. Si le premier a marqué les esprits par sa personnalité exubérante, le dernier a fait son chemin tout en discrétion. C’est d’ailleurs cet homme discret et travaillant que Roger Lafrance nous fait découvrir grâce à son livre intitulé Paul Brunelle, le chevalier chantant.

Bien que le nom « Paul Brunelle » puisse ne rien dire à certains, tous nous connaissons la chanson Ma petite maison, du moins, le refrain. Un exemple parmi d’autres qui démontre à quel point, malgré ses 40 ans de carrière, ce grand chanteur country originaire de Granby était en train de tomber dans l’oubli… D’où l’importance d’une première biographie sur lui.

La biographie

Journaliste de profession et amoureux de country, Roger Lafrance s’est intéressé à Paul Brunelle en écrivant des articles sur son compatriote Willie Lamothe. « Ma recherche sur l’un m’a fait comprendre l’importance de l’autre. Et pourtant, très peu d’écrits relataient les faits saillants de la carrière et de la vie de Paul Brunelle », explique l’auteur. C’est ainsi qu’il a eu envie de lui rendre hommage en écrivant sa biographie.

Journaliste de profession et amoureux de country, Roger Lafrance s’est intéressé à Paul Brunelle en écrivant des articles sur son compatriote Willie Lamothe. Photo : Nelson Dion

Trois ans de recherche, d’entrevues et d’écriture plus tard, le projet est enfin complété. « Un projet qui n’aurait pu voir le jour sans l’aide des enfants du chanteur. Ces derniers m’ont non seulement raconté de nombreuses anecdotes sur leur père, mais ils m’ont fourni des photos et des documents de toutes sortes. »

L’homme

En parcourant les 188 pages de la biographie, on découvre un Paul Brunelle travaillant et authentique, qui partageait son temps entre ses trois amours, soit sa famille, ses chevaux et sa musique. « C’était un vrai cow-boy dans l’âme qui n’aimait pas tellement étaler sa vie dans les médias, souligne Roger Lafrance. Il préférait plutôt partir à la rencontre de son public qui se trouvait principalement au Québec, dans les Maritimes et en Nouvelle-Angleterre. »

En plus d’enchaîner les tournées, Paul Brunelle multipliait les disques et les succès. Il a également été à la barre d’émissions de radio. Toutefois, malgré une carrière artistique prolifique, il a toujours occupé d’autres emplois, comme vendeur de voitures d’occasion. « C’était un homme prudent, mais, surtout, inépuisable ! En fait, seule la maladie a eu raison de lui… » En effet, Paul Brunelle s’est éteint en 1994, à 71 ans, à la suite d’un cancer des poumons. Il continue, depuis, à vivre à travers de nombreux artistes country qui le chantent, dont Patrick Norman.

Le legs

Maintenant que la biographie est écrite, Roger Lafrance ne souhaite plus qu’une chose : que le Québec cesse de bouder la musique country. « Aujourd’hui, comme dans le temps de Paul Brunelle, les meilleurs vendeurs de disques sont des artistes country. Pourtant, l’industrie et les médias continuent à les snober. Il suffit de penser à ce qui s’est passé au dernier gala de l’ADISQ, avec Guylaine Tanguay… »

Sans vouloir entrer dans la polémique, Roger Lafrance juge qu’il est grand temps que le Québec se réapproprie sa musique country en ouvrant, notamment, un musée où la mémoire des grands comme Paul Brunelle serait conservée. Souhaitons que son appel soit entendu, tel Le train qui siffle !

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