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La Clé sur la Porte : Au secours des femmes depuis 35 ans

Paul-Henri Frenière

À la fin des années 70, des Maskoutaines engagées dans leur milieu constatent le problème de la violence faite aux femmes. Elles décident alors de travailler pour offrir un lieu d’hébergement pour ces victimes et leurs enfants. En juin 1981, naît La Clé sur la Porte, inspirée du titre d’un roman de la féministe Marie Cardinal. Depuis, 35 ans ont passé et des milliers de femmes ont été soutenues.

de gauche à droite, M. Corbeil, maire de Saint-Hyacinthe, Madame Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe, Madame Sylvie Bélair, présidente de la Clé sur la Porte, Madame Céline Coulombe, coordonnatrice de la Clé sur la Porte, Madame Brigitte Sansoucy, députée de Saint-Hyacinthe-Bagot MOBILES a rencontré l’actuelle coordonnatrice de l’organisme, Céline Coulombe. L’entrevue a eu lieu dans un café du centre-ville puisque la localisation de ce refuge demeure confidentielle, pour des raisons évidentes, et ce, depuis sa fondation.

« Au début, c’était un petit logement dont les charges étaient payées par les Sœurs de la Présentation de Marie et les services étaient assumés par des bénévoles », relate Céline Coulombe.

Aujourd’hui, c’est une grande maison de dix chambres et une vingtaine d’employées travaillent pour l’organisme. Au fil des ans, des points de service ont été ouverts à Acton Vale et à Belœil, si bien que La Clé sur la Porte dessert maintenant pas moins de 35 municipalités réparties sur trois MRC.

Des milliers de femmes et d’enfants

« Depuis le début de cette aventure, 4 200 femmes et 3 200 enfants ont été accueillis pour des séjours de quelques jours à quelques mois », poursuit Céline Coulombe, qui tient à préciser que la maison est un lieu sécuritaire qui permet de faire le point sur sa situation. Pas question de pousser quelqu’un à entreprendre des démarches qu’elle n’aura pas librement choisies.

« On a aussi soutenu des milliers d’autres femmes dont la situation ne nécessitait pas l’hébergement, mais qui ont bénéficié de nos conseils et de notre appui. Sans oublier les milliers de jeunes et d’adultes que l’on a rencontrés lors d’activités d’information, qui se retrouvent aujourd’hui mieux outillés pour refuser la violence », précise-t-elle.

L’organisme a dû s’adapter à de nouvelles situations au cours des ans. On sait que la région de Saint-Hyacinthe est considérée comme une terre d’accueil pour l’immigration. Il a donc fallu développer une expertise sur ces différentes cultures et trouver des traductrices puisque certaines hébergées ne parlaient ni français ni anglais.

« Mais ce n’est qu’une faible proportion des femmes que nous recevons, tient à préciser Céline Coulombe. Elles sont référées par d’autres organismes et parfois par des policiers qui ont dû intervenir dans des situations de crise. »

« Danseuse et maman »

Question de souligner ses 35 ans d’existence, et surtout pour mieux faire connaître ses services, La Clé sur la Porte organise certaines activités au cours des prochaines semaines. Justement, mercredi le 16 mars à 19 heures, une conférence bien spéciale sera donnée au centre des Loisirs Christ-Roi.

« Danseuse et maman », c’est le titre du livre écrit par Martine Jeanson, un récit autobiographique qui l’a amenée à faire des entrevues dans les médias nationaux. « Elle nous partagera son vécu de violence, mais surtout le cheminement qui lui a permis de donner un autre sens à sa vie, explique Céline Coulombe. C’est une femme exceptionnelle et un très bel exemple de résilience. »

En septembre, ce sera l’animatrice bien connue, Josée Boudreault, qui donnera à son tour une conférence ayant pour thème « Sois ta meilleure amie », le titre de l’un de ses livres. « Son ardeur nous incite à croire en soi, à oser et nous pousse à nous dépasser », indique-t-on.

Ces deux conférences sont gratuites, mais une contribution volontaire serait appréciée. « Nous aimerions amasser un montant de 24 000 $ pour effectuer certains travaux nécessaires que le budget régulier ne nous permet pas. On parle d’achat de mobiliers et des améliorations au système de sécurité, par exemple », explique la coordonnatrice.

« Un objectif qui nous tient à cœur est la sensibilisation, conclut Céline Coulombe. Plus il y a de femmes qui connaissent l’existence des ressources, moins il y en a qui se retrouvent isolées et démunies face à la violence physique, psychologique ou sexuelle. »

On peut joindre La Clé sur la Porte au numéro 450 774-1843 ou visiter leur site : clesurlaporte.org. Le service est accessible sept jours par semaine et 24 heures par jour.

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