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Semaine nationale de prévention

Le suicide: "faut en parler"

Paul-Henri Frenière

On ne pouvait trouver de meilleures personnes pour assumer la présidence d'honneur de la Semaine de prévention du suicide qui se tiendra au début du mois de février. Louise Soly et Yvan Pion forment un couple et chacun d'eux a vécu la perte d'un proche qui s'est enlevé la vie.

Louise Soly et Yvan Pion. (Photo: Paul-Henri Frenière)

Pour Louise Soly, c'est le grand-père de ses enfants qui s'est suicidé à l'âge de 82 ans. « Les gens qui se suicident n'ont pas conscience de l'héritage qu'ils laissent, explique-t-elle. Ils n'ont pas conscience de l'impact que leur geste va avoir sur leur entourage. Et pour chaque individu, l'impact est différent. Certains sont profondément affectés et pour longtemps ».

Ce fut le cas pour Yvan Pion qui a perdu son frère lorsque celui-ci n'avait que 30 ans. « J'en avais 38 à l'époque et sa mort m'a bouleversé.  Plein de questions nous viennent en tête et bien peu de réponses. J'ai dû faire une thérapie pour m'en sortir » avoue-t-il.

Et tous les deux sont formels sur un point : il faut en parler. En parler pour se guérir, mais surtout pour éviter que les gens ne passent à l'acte.

C'est pour cela que Contact Richelieu-Yamaska participe depuis 13 ans à la campagne nationale de prévention qui a pour thème, cette année : «T’es important pour nous. Le suicide n’est pas une option».

« Partout au Québec, des milliers de citoyens se mobiliseront pour la cause. Le suicide faisant plus de trois victimes par jour au Québec et plongeant des centaines d’autres dans des deuils douloureux, il importe d’être solidaire dans la lutte et de renforcer le filet de sécurité humain autour des personnes plus vulnérables » a déclaré Louis Lemay, directeur de Contact Richelieu-Yamaska.

Pour cette édition, un appel particulier est lancé aux employeurs, aux syndicats et aux travailleurs. Les milieux de travail peuvent devenir des facteurs de protection importants et favoriser la bonne santé mentale des travailleurs. Les personnes qui souffrent ayant parfois tendance à s’isoler, le travail devient leur seul lieu de socialisation.

De nombreuses actions à poser

Pendant la Semaine de prévention du suicide, de nombreuses activités de sensibilisation auront lieu partout au Québec. Parmi elles, notons la distribution de plus de 50 000 épingles « T’es important-e pour moi ». « Entre le 1er et le 7 février, les Québécois sont invités à se mettre en mouvement en offrant des épingles à leurs proches. Ce geste simple vise à leur rappeler qu’ils comptent pour eux et qu’ils font une différence dans leur vie », de préciser Louise Soly.

Le matériel de sensibilisation peut être commandé sur le site de l’Association québécoise de prévention du suicide : www.aqps.info/semaine/.  « On encourage les citoyens à mieux connaître les signes d’une personne qui a des idées suicidaires et les ressources d’aide disponibles. Les employeurs peuvent aussi agir en offrant notamment la formation sentinelle à leurs employés », précise Yvan Pion.

Contact Richelieu-Yamaska et son comité organisateur ont procédé, la semaine dernière, au dévoilement des activités qui auront lieu partout sur le territoire et rejoindront une variété d’auditoires, ntamment à Saint-Hyacinthe, Acton Vale et la Vallée du Richelieu.

Un déjeuner-conférence « grand public »

Pierrette Couture. (Photo: PHF)

Le grand public est invité à un déjeuner-conférence au Centre communautaire Christ-Roi (390 avenue Vaudreuil, Saint-Hyacinthe) le mardi 3 février de 8 h 30 à 11 h 00. On peut s'inscrire par courriel info@contactry.qc.ca ou en composant le 450 771-7152. Les conférenciers sont : Pierrette Couture, thérapeute, formatrice et intervenante de crise,  et Yvan Pion, intervenant social, artiste et chanteur.

Les Midis branchés pour les intervenants

Cinq midis-conférences seront offerts aux intervenants des réseaux publics et communautaires pour parfaire leurs connaissances et leurs habiletés à intervenir auprès des personnes suicidaires. Une étape essentielle pour les intervenants sociaux, c’est d’être conscients des impacts de leur travail sur leur capacité d’aider. Pierrette Couture abordera donc « L’impact de l’idée ou du geste suicidaire sur les intervenants ».

Les activités offertes en milieu scolaire

Dans le cadre de la semaine de prévention du suicide, les écoles de la commission scolaire de Saint-Hyacinthe organiseront une semaine sous le thème du mieux être.  Dans chacune des écoles un comité, constitué d’élèves et du personnel de l’école, se mobilise afin d’organiser des activités de sensibilisation auprès de jeunes en lien avec la santé mentale.

Par exemple, il y aura une grande vente de fleurs inter-école durant cette semaine, le courrier de l’amitié sera mis en place à l’école secondaire Fadette; une conférence de la Fondation québécoise des maladies mentales sera offerte aux élèves de 3e secondaire à la polyvalente Hyacinthe-Delorme; un projet de sensibilisation sur l’image corporelle se vivra à l’école secondaire Casavant et il y aura le colloque des pairs aidant qui se déroulera le 18 mars prochain.

Au sein de la Commission Scolaire des Patriotes, différentes activités abordant le thème de la prévention du suicide sont réalisées tout au long de l’année scolaire. En ce qui a trait, plus spécifiquement au territoire de la Vallée-du-Richelieu, les écoles secondaires Polybel, Ozias –Leduc et l’école d’éducation internationale de McMasterville organisent, de façon régulière, des activités qui ont un impact sur la qualité de vie et l’estime de soi et par le fait même sur la prévention du suicide. Dont des ateliers de sensibilisation, des conférences, des kiosques, des affiches et publicités sont mises en place lors d’événements ponctuels et de façon régulière.   

Le milieu des affaires aussi sensibilisé

Tous les membres de la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains seront rejoints par une courte publication pour les sensibiliser à la prévention du suicide.

De l’aide professionnelle existe pour les personnes qui ont des pensées suicidaires, leurs proches et les endeuillés par suicide, dont la ligne 1 866 APPELLE (277-3553), disponible partout au Québec. 

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