Culture
Fragments d'histoire - Quelques anecdotes de notre histoire locale (14)

Le manoir seigneurial

Tracé du manoir seigneurial près du parc Casimir-Dessaulles. Photo : Roger Lafrance

Lorsqu’on marche sur la rue Girouard, près du parc Casimir-Dessaulles, il est difficile de ne pas remarquer au sol les traces de l’ancien manoir seigneurial. Mais quel fut l’importance de ce bâtiment historique?

Le manoir seigneurial a été construit en 1798 par le seigneur Hyacinthe-Marie Delorme. Il s’agissait d’une résidence spacieuse avec un toit à double versant comprenant trois cheminées et deux rangées de lucarnes.

« C’était une massive maison de pierre des champs, style normand, de 60×40 pieds, assise à peu près à l’entrée principale du parc Dessaulles, raconte Mgr Charles-Philippe Choquette dans son Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe. (…) Une palissade pleine, faite de planches horizontales et couronnée par une rangée de balustres, formait une jolie devanture et contribuait à donner à l’ensemble un aspect distingué. »

Le manoir fut occupé par les seigneurs qui se sont succédé, dont Jean Dessaulles et son épouse Rosalie Papineau. Lorsque les Dessaulles ont quitté le manoir, celui-ci a connu quelques propriétaires avant d’être acquis par la municipalité en 1876 afin d’y aménager le parc que l’on connaît aujourd’hui.

Ce manoir a joué un rôle crucial dans le développement de Saint-Hyacinthe. Le régime seigneurial était un mode de distribution des terres qui donnait à un seigneur le droit exclusif de développer un territoire et de concéder des terres aux habitants voulant s’y installer. Le seigneur était souvent un noble, un grand bourgeois ou même une communauté religieuse.

Celui-ci avait un certain nombre de responsabilités, notamment celles d’aménager des chemins, de construire un moulin à farine ou d’ériger une cour de justice.

En contrepartie, l’habitant devait s’engager à défricher sa terre et à la cultiver, payer une rente au seigneur chaque année, que ce soit en argent ou en produits agricoles, utiliser le moulin à farine de la seigneurie pour y moudre son grain en réservant une partie au seigneur, et faire trois journées de corvée par année.

Après la Conquête, un nouveau système de distribution des terres a été mis en place, celui des townships. Le régime seigneurial a cependant survécu jusqu’en 1854 où il a été formellement aboli.