Alexandre D'Astous
La Table Solidarité itinérance maskoutaine (TSIM) dévoile un projet innovant visant l’installation de casiers sécurisés destinés à répondre à un besoin concret pour aider les personnes en situation d’itinérance à se déplacer plus facilement.
Six casiers, incluant une structure avec toit, ont été aménagés pour les personnes en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle au centre-ville de Saint-Hyacinthe. « Ce projet est le fruit d’une réflexion collective menée lors des deux dernières années concernant les besoins non répondus dans la communauté pour les personnes en situation d’itinérance. Les membres de la TSIM ont constaté un besoin criant au niveau des déplacements et de la difficulté de transporter leurs effets personnels pour les personnes en situation d’itinérance visible. Ils ont décidé d’y répondre en impliquant une entreprise de la région », raconte Josianne Daigle, du Centre d’Intervention-Jeunesse des Maskoutains, organisme en travail de rue et hébergement d’urgence en itinérance ainsi que fiduciaire du projet.
Mme Daigle explique que ça devient difficile pour ces gens de se rendre rencontrer un potentiel propriétaire ou de faire une démarche en emploi en devant se déplacer avec tous leurs effets personnels. « Ça peut leur porter préjudice ou les démobiliser pour faire des actions pour ne pas être stigmatisés auprès d’un propriétaire ou d’un potentiel employeur ».
Une entreprise locale
Les casiers sont fabriqués par l’entreprise locale Soudure St-Hyacinthe inc. grâce à un financement obtenu du gouvernement fédéral par la TSIM via le programme de réponse communautaire aux campements qui s’adresse particulièrement aux personnes en situation d’itinérance visible qui utilisent rarement les refuges ou autres types d’hébergements. Le coût du projet est de 100 000 $.
Conçus pour résister aux rigueurs hivernales ainsi qu’aux risques de corrosion, les casiers ont été fabriqués en aluminium. Le design, ainsi que la disposition intérieure pour le rangement, a été fait de façon à répondre le plus possible aux besoins de rangement et d’entretien, ainsi qu’à la sécurité.
Ces casiers seront un outil intéressant pour les intervenants travaillant auprès des personnes en situation d’itinérance ou d’instabilité résidentielle.
Les membres de la TSIM soulignent le rôle clé de Soudure Saint-Hyacinthe inc. comme partenaire de création. Le rayonnement de cette belle initiative mettra en valeur l’expertise locale et favorisera l’investissement direct dans la communauté maskoutaine.
« En travaillant avec une entreprise de Saint-Hyacinthe, ça nous a permis de créer un projet sur mesure adapté aux besoins. Il y a eu plusieurs rencontres avec le concepteur. Il y a eu un appel d’offres en décembre 2024. Le projet a été réalisé en 2025 et on concrétise le tout à la suite de l’hiver. Les casiers ont été installés le 4 mai au centre-ville de Saint-Hyacinthe grâce à un partenariat avec la Ville de Saint-Hyacinthe qui a cédé des cases de stationnement pour pouvoir implanter les casiers directement au sol. Pour avoir accès à un casier, les personnes doivent faire une demande à leur intervenant », affirme Mme Daigle.

Les casiers sont installés sur le stationnement de la rue Saint-Antoine, entre la rue Mondor et le Marché centre. « Nous avons envisagé des casiers intérieurs, mais c’était limitatif au niveau des accès ».
L’itinérance en croissance
Josiane Daigle souligne que l’itinérance est en croissance à Saint-Hyacinthe, malgré les nombreuses réponses diversifiées mises en place, comme le refuge Coin de rue, la mise en place de deux volets de transition pour aider les gens à se remettre en logement ainsi que la mise en place d’une chambre communautaire.
« Le contexte socioéconomique actuel fait en sorte que nous voyons de nouveaux visages en itinérance. L’itinérance invisible est en croissance. Ce sont des gens qui sont hébergés par la famille ou des amis à la suite d’une séparation ou parce qu’ils n’arrivent pas à trouver un logement. Le coût élevé du logement privé ne favorise pas la réinsertion. Nous avons maintenant des travailleurs à temps plein en situation d’itinérance et des retraités qui ont travaillé toute leur vie et qui perdent la capacité de se maintenir en logement », rapporte Mme Daigle.
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