Opinion

Habitation : deux gestes importants à souligner

Sur le site de l’ancienne usine Olymel dans le quartier Notre-Dame on prévoit la construction d’un immeuble de 273 logements . Photo : Nelson Dion

Deux nouvelles locales ont attiré mon attention au cours des dernières semaines, les deux touchant le logement à Saint-Hyacinthe.

Il y a d’abord le projet immobilier qui sera érigé sur le site de l’ancienne usine Olymel dans le quartier Notre-Dame. Il prévoit la construction d’un immeuble de 273 logements qu’on dit abordables, bien qu’il soit mené par deux entreprises maskoutaines, le Groupe Marcil et Biophilia Développement durable.

Puis, la décision de la Ville de Saint-Hyacinthe d’exproprier un vaste terrain vacant situé dans le quartier Sacré-Cœur, entre les rues Sainte-Catherine et Raymond, le long de la voie du CN. Là aussi, il s’agit d’un ancien terrain industriel où se trouvait autrefois une ancienne cannerie. Lorsqu’elle en sera propriétaire, Saint-Hyacinthe prévoit transférer ce terrain à Habitations Maska pour y construire du logement abordable.

Ce sont deux gestes majeurs qui permettront d’ajouter de nombreux logements à Saint-Hyacinthe. Bien sûr, ces projets sont encore loin d’être réalisés mais ils démontrent qu’avec de la volonté et une vision à long terme, il est possible de trouver des solutions pour aider les locataires à se loger.

La pénurie de logements que nous avons connue depuis la pandémie s’est grandement résorbée. Ce ne sont pas les logements qui manquent. Juste cette année, quelques centaines de logements arriveront sur le marché immobilier, que ce soit avec le projet Zenia au centre-ville, les nouvelles constructions à Douville ou à l’ancien golf La Providence.

Malgré tous ces projets, trouver un logement abordable relève quand même du parcours du combattant. Il faut jouer de chance pour dénicher un logement à moins de 1000 $ pour un 3½ ou 1400 $ pour un 4½. Voilà à quoi sont confrontés les locataires maskoutains, au moment où l’épicerie et l’essence étranglent le budget des ménages.

Or, la réhabilitation d’anciens sites industriels s’avèrent une très bonne solution pour ajouter de nouveaux logements. Dans le cas de l’ancien site d’Olymel, le projet de 273 logements transformera grandement ce secteur situé à quelques pas de nos grandes institutions d’enseignement. Il reste à savoir si ces logements seront aussi abordables qu’on le dit.

La Ville de Saint-Hyacinthe pourrait exproprier un vaste terrain vacant situé dans le quartier Sacré-Cœur, entre les rues Sainte-Catherine et Raymond, le long de la voie du CN. Photo : Nelson Dion

Dans le cas du terrain du quartier Sacré-Cœur, la Ville acquiert un terrain vacant pour le confier à Habitations Maska. Au fil des années, cet organisme est ainsi devenu l’acteur immobilier de choix pour la municipalité pour construire et gérer du logement abordable, comme on le voit présentement sur le site de l’ancienne bibliothèque. Ces logements hors marché viennent équilibrer un marché dominé par de grands propriétaires immobiliers.

Autre élément intéressant à ces deux projets : ils sont situés dans des quartiers centraux de Saint-Hyacinthe, à proximité de nombreux services. Ils misent ainsi sur le transport actif et collectif, réduisant du coup l’impact sur la circulation automobile dans nos rues.

Bref, il faut continuer de favoriser le logement abordable dans notre communauté. C’est le meilleur rempart qu’on peut offrir aux moins nantis pour contrer l’insécurité, la pauvreté et l’itinérance. On voit encore trop de propriétaires augmenter leurs logements de façon éhontée, ce qui affecte de nombreux locataires à revenu modeste. Quand on profite d’un logement abordable, il est plus facile de dépenser l’argent disponible pour combler ses autres besoins. Au fond, c’est toute la communauté qui en profite.

Voilà pourquoi il faut saluer ces deux projets et l’ouverture des élus maskoutains à trouver des solutions durables et porteuses d’avenir.