Alexandre D'Astous
La Corporation de développement communautaire (CDC) des Maskoutains invite la population maskoutaine et ses partenaires à faire preuve de vigilance et à bien s’informer lorsqu’une nouvelle organisation se présentant comme communautaire s’établit sur le territoire, car ce n’est pas toujours le cas.
La CDC souligne que l’utilisation du terme « communautaire » ne constitue pas, en soi, une reconnaissance à titre d’organisme d’action communautaire ni une garantie quant à la nature, à la gouvernance ou à l’enracinement d’une organisation dans son milieu.
« Se dire communautaire ne suffit pas. Le communautaire, c’est d’abord une façon d’être ancré dans son milieu, de répondre à des besoins qui émergent de la communauté et d’agir dans l’intérêt collectif. C’est aussi travailler avec les autres acteurs du territoire plutôt qu’en parallèle de ce qui existe déjà », souligne Simon Proulx, directeur général de la CDC des Maskoutains.
La CDC a fait une sortie publique le mois dernier pour inciter les gens à la prudence, particulièrement en cas de levée de fonds. « Des organismes membres et partenaires nous ont interpellés concernant deux nouvelles organisations. On connaît très bien nos organismes. Nous sommes près des organismes en démarrage. On les aide à établir leurs actes constitutifs, à former leur premier conseil d’administration et à réviser leurs règlements généraux. Nous n’étions pas au courant de ces nouvelles organisations qui viennent jouer dans les platebandes de nos organismes qui sont reconnus et qui ont pris des années à obtenir cette reconnaissance », précise M. Proulx.
Dans un contexte où les besoins de la population sont nombreux et où les ressources disponibles demeurent limitées, la CDC rappelle également l’importance de bien connaître les services déjà présents sur le territoire. L’arrimage, la complémentarité et la collaboration entre les organisations permettent d’éviter les dédoublements inutiles de services et de consolider les ressources déjà enracinées dans la communauté.
Quelques réflexes avant de donner ou de s’engager
Avant d’effectuer un don, d’offrir du temps bénévole, de transmettre des renseignements personnels ou d’orienter une personne vers une ressource, la CDC invite la population et ses partenaires à prendre le temps de mieux connaître l’organisation.
Parmi les organismes reconnus et bien établis qui offrent déjà des services sur le territoire, notamment, la CDC nomme la Moisson Maskoutaine, le garde-manger maskoutain, qui soutient le réseau communautaire en matière d’aide alimentaire et recueille notamment des dons de denrées; le Comptoir partage La Mie, qui offre de l’aide alimentaire dans le respect et la dignité; le Centre d’action bénévole Région Saint-Hyacinthe, notamment par l’Accueil fraternel et la friperie Les Trouvailles de l’Abbé Leclerc, qui a pignon sur rue au centre-ville et la Maison de la Famille des Maskoutains, qui accompagne les familles et constitue également une ressource reconnue du territoire en matière d’accueil et d’accompagnement des personnes immigrantes nouvellement arrivées.
La CDC des Maskoutains regroupe plus de 60 organismes membres. « Soutenir le communautaire, c’est aussi soutenir des organisations enracinées dans leur milieu, qui travaillent avec leur communauté et contribuent à sa capacité d’agir collectivement. Par exemple, en aide alimentaire, nous avons décidé, depuis 2002, d’avoir un garde-manger qui est notre Moisson Maskoutaine qui distribue des denrées alimentaires auprès de 17 organismes. C’est un choix collectif qui a été fait. Quand je vois un organisme qui sollicite des dons alimentaires, je décroche parce qu’on ne sait pas où cette nourriture va aller et que nos banques alimentaires en arrache. Comme CDC, je dois veiller à ce qu’il n’y ait pas des dédoublements de services », conclut Simon Proulx, qui rappelle que les organismes communautaires sont en sous-financement chronique depuis plus de 20 ans.
La CDC n’est pas contre la naissance d’organisations, mais cela doit se faire de manière concertée. « Les besoins sont tellement grands, que ce soit en itinérance, pour l’accès aux soins de santé, en santé mentale, en toxicomanie. Les crises sont multiples. Je comprends que des gens veulent s’impliquer, mais je dis à ces gens qu’avant de faire quelque chose de neuf, allez voir ce qui existe et si vous voulez vraiment vous investir, allez vers ces organismes pour faire du bénévolat ou vous joindre à leur conseil d’administration parce que nous avons une pénurie d’administrateurs », mentionne Simon Proulx.


0 commentaires