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Au Jardin Daniel A. Séguin : Un concert sculpturel

Sophie Brodeur

Le 26 septembre dernier se tenait au Jardin Daniel A. Séguin un concert très particulier. Dans le cadre des Journées de la culture, quatre musiciens y ont créé des pièces de musique contemporaine aux sonorités hors de l’ordinaire. Parmi leurs percussions, quatre sculptures en acier créées par Claude Millette ont fait résonner la matière pour enchanter et surprendre les spectateurs.

Le 26 septembre dernier se tenait au Jardin Daniel A. Séguin un concert très particulier. Photo : Sophie Brodeur

C’est lors du vernissage de l’exposition Ramifications que Véroushka Lieutenant-Duval a vu François E. Gauthier frapper sur les sculptures de Claude Millette et en a entendu la sonorité. Elle a alors pisté Claude sur l’idée de l’interdisciplinarité. Claude Millette, dont les thèmes de prédilection sont la captivité et le mouvement, a souvent travaillé avec des danseurs. Il aime que les gens touchent à ses sculptures et aime d’emblée l’idée de travailler avec des musiciens qui pourraient se les approprier et en exploiter la résonnance.

De l’idée à l’événement

L’idée d’un concert était née. Des démarches ont été entreprises auprès de Nancy Rossi, directrice du Jardin, qui s’est montrée ouverte à l’idée. La Fondation en horticulture de l’I.T.A. de Saint-Hyacinthe, gestionnaire du jardin, a dès lors mis tout en œuvre pour rendre possible la tenue de cet événement exceptionnel.

Claude Millette a retrouvé François E. Gauthier et a fait appel à un trio de musiciens qui sont venus au Jardin se rencontrer et tester la sonorité de ses sculptures dans une séance de création nouvelle et inédite. Les musiciens se sont bien entendus et ont eu une répétition enthousiasmante qui leur a permis d’explorer des thèmes, de s’ajuster les uns aux autres et de développer une complicité.  

La performance

Les spectateurs, nombreux, se sont présentés au Jardin sans à priori autre que celui de voir un concert où des sculptures serviraient d’instruments. Ils ont été enchantés par la mise en scène ludique imaginée par Régent Bourque qui a su mettre en valeur la scène circulaire autour de laquelle les spectateurs étaient répartis. En faisant le tour de la scène, Claude Millette a amené chacun des musiciens à sa sculpture en kart de golf. À tour de rôle, ils se sont joints les uns aux autres pour commencer leur musique.

Ensuite, le kart a circulé ponctuellement pour annoncer les différents thèmes, inscrits sur des pancartes. Quatre thèmes inspirés du jardin donnaient une idée du rythme et de l’intention de la pièce jouée par les musiciens. Ces thèmes, TapioK, Géants, Insectes et Fracas ont imprégné l’imaginaire des spectateurs qui se sont laissé transporter par une musique surprenante et envoutante.

Les musiciens

Les musiciens, Christian Berthiaume à la guitare, Mathieu Gaudreault au violon, Vincent Fournier-Boivert au violoncelle et François E. Gauthier aux percussions ont improvisé différentes pièces à partir des thèmes. Chacun des musiciens s’est approprié une sculpture en guise d’instrument percussif. À la console, Marin Gauthier modulait les sons.

La musique issue de cette improvisation collaborative a créé une harmonie singulière, rythmée et captivante dans l’amphithéâtre naturel du jardin, mis en valeur cette journée-là par un magnifique soleil d’automne. Les sonorités, planantes, nous ancraient dans le lieu tout en nous amenant ailleurs.

L’éphémère mémorable

Qu’est-ce qu’un concert sculpturel? demandait d’entrée de jeu Nancy Rossi, directrice du Jardin Daniel A. Séguin. Je n’en ai aucune idée, disait-elle avant de laisser la place aux musiciens. Après le concert, elle est revenue au micro et a constaté, avec le public, qu’un concert sculpturel (amalgame de sculpture et culturel) est une harmonie entre la musique et les sculptures. Une harmonie éphémère et réjouissante, issue d’une performance artistique remarquable exécutée avec virtuosité.

Les musiciens, Christian Berthiaume à la guitare, Mathieu Gaudreault au violon, Vincent Fournier-Boivert au violoncelle et François E. Gauthier aux percussions ont improvisé différentes pièces à partir des thèmes. Photo : Sophie Brodeur

L’événement, qui a obtenu une mention coup de chapeau des Journées de la culture, représentait la première participation du Jardin Daniel A. Séguin à ces journées. Après le succès de cette édition, espérons qu’il y en aura d’autres!

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