• Culture

Mobiles déroule le décor avec l’artiste François Mathieu

Catherine Courchesne

Êtes-vous déjà allé au Centre des arts Juliette-Lassonde, à Saint-Hyacinthe ? Si oui, avez-vous remarqué l’œuvre d’art public qui est suspendue dans l’atrium ? Mobiles s’est entretenu avec le concepteur de l’œuvre originale intitulée Dérouler le décor, le talentueux François Mathieu.

Détenteur d’un baccalauréat en philosophie, d’un autre en arts plastiques et d’une maîtrise en études québécoises, François Mathieu a réalisé sa première sculpture en 1999… et n’a cessé d’en concevoir depuis. Comme il est écrit sur son site web « je fabrique des objets et je les déploie quelque part ». Ce « quelque part » est vaste, puisque l’artiste a plus d’une vingtaine d’œuvres d’art public que l’on peut admirer, ici et là, sur le territoire québécois. L’une d’entre elles, Dérouler le décor, embellit le Centre d’arts Juliette-Lassonde depuis maintenant 10 ans.

Inspiration et conception

Originaire de la Beauce, François Mathieu a connu Saint-Hyacinthe plus intimement en exposant de ses œuvres au centre Expression . « En faisant une marche avec son directeur général et artistique, Marcel Blouin, j’ai appris l’importance de la rivière Yamaska, du chemin de fer, du patrimoine religieux et de l’agriculture dans la fondation de la ville. Ainsi, quand est venu le temps de créer Dérouler le décor, je me suis inspiré de ces éléments. »

L'artiste, François Mathieu. Photo : Mathieu Caron

L’œuvre compte trois pièces suspendues. « Alors que celle en forme de cône rappelle un clocher ou encore un toit d’église, les deux autres symbolisent des terres agricoles. Quant à l’espace entre ces deux dernières, il caractérise la rivière Yamaska », explique le sculpteur. Cela dit, il est également possible d’interpréter les trois figures en tenant compte du lieu artistique où elles se trouvent. « Par exemple, outre représenter le patrimoine religieux, le cône peut évoquer un porte-voix, objet souvent utilisé pour annoncer le début d’un spectacle. »

Liées à l’esprit des lieux, les formes sont faites de cuir, une matière qui tend vers le textile, soit deux secteurs maskoutains notoires. De plus, elles se déploient seulement en raison du poids créé par les structures d’aluminium. Autrement dit, elles ne peuvent exister sans être suspendues. « Une manière de rappeler l’importance et la beauté des structures, tant en art qu’en architecture, souligne l’artiste. La tour Eiffel en est un bon exemple. »

Autre fait intéressant : les structures d’aluminium auxquelles sont accrochées les trois pièces réfèrent à celles permettant de suspendre l’équipement de scène, comme les projecteurs. « Des éléments généralement cachés aux yeux des spectateurs, poursuit-il, d’où le titre, Dérouler le décor. Toutefois, si l’œuvre résonne autrement chez les gens et qu’ils y trouvent des significations autres que mes intentions de base, je suis tout à fait à l’aise avec ça. En fait, c’est ce que j’aime. »

Autres projets

Depuis Dérouler le décor, en 2009, François Mathieu a accumulé les projets artistiques. Sur quoi travaille-t-il en ce moment ? « Je m’intéresse particulièrement aux sphères, une forme fort complexe sur le plan architectural. » Il sera d’ailleurs possible d’admirer son corpus de sphères à la Galerie d'art universitaire R3, à Trois-Rivières, en février 2020. Une excellente raison de sortir de la région maskoutaine le temps d’un week-end !


Écrire un commentaire >

Ajouter un commentaire