• Environnement

Un plan de 105 M$ pour diminuer les surverses dans la rivière Yamaska

Carl Vaillancourt

Après avoir fait les manchettes à plusieurs reprises au cours des dernières années concernant les surverses dans la rivière Yamaska, la Ville de Saint-Hyacinthe s’apprête à investir 105 millions de dollars, d’ici les cinq prochaines années, pour se conformer aux demandes des autorités gouvernementales via un plan de gestion des débordements. Le maire de la municipalité, Claude Corbeil, a profité d’une conférence de presse, tenue devant les membres des médias le 9 décembre dernier, pour en faire l’annonce. « C’était une volonté du conseil municipal, a-t-il clamé d’entrée de jeu. Les travaux qui seront réalisés auront un impact majeur sur l’enjeu environnemental de notre Ville. »

Subventionnée à plus de 25,2 millions de dollars, la mise aux normes de l’usine d’épuration, évaluée à 33,8 millions de dollars, représente la principale mesure du plan de gestion des débordements réalisé par la Ville de Saint-Hyacinthe. À elle seule, la mesure permettra d’augmenter la capacité de traitement des eaux usées de 30 %. Les travaux s’échelonneront jusqu’en 2023.

L’une des deux stations de pompage qui devra subir une cure de rajeunissement.

Le directeur du Service du génie de la Ville de Saint-Hyacinthe, Charles Laliberté, a confirmé que les travaux permettront d’abaisser le nombre de surverses. Toutefois, il n’a pas été en mesure de chiffrer la diminution du volume d’eaux usées qui sera évacué dans le principal point d’eau de la région.

Lors de son plus récent bilan, l’organisme Fondation Rivières avait déterminé que la Ville de Saint-Hyacinthe figurait au 15e rang pour le plus grand nombre de déversements à travers la province. Selon les chiffres présentés, plus de 1 000 surverses ont été réalisées en 2019. Sur la même note, la Ville se retrouvait au 7e rang des 1 105 municipalités pour l’indice d’intensité des débordements.

Du côté de la Ville de Saint-Hyacinthe, on se défend sur le bilan avancé par l’organisme. « Il faut savoir que la Ville s’est dotée de nouveaux outils technologiques afin de mieux calculer les quantités liées aux débordements durant l’année 2019. Avant cela, les débordements étaient calculés de façon manuelle par les employés de la Ville. Il se peut que les chiffres ne reflètent pas la réalité », a expliqué la directrice des communications de la Ville de Saint-Hyacinthe, Brigitte Massé.

En plus des travaux prévus à l’usine d’épuration, une cure de rajeunissement est projetée pour les deux principales stations de pompage situées sur l’avenue Pratte et la rue Girouard, afin d’augmenter le débit de traitement des eaux usées.

Actuellement, 11 points de surverse sur 45 ne respectent pas le critère de débordement établi par les autorités gouvernementales. Le dépassement moyen s’établit à environ 10 %. Des mesures correctives permettront de régulariser la situation.

La Ville de Saint-Hyacinthe envisage, en plus des mesures correctives, des mesures compensatoires pour les nouveaux développements sectoriels à venir dans le futur. Plusieurs postes de pompage profiteront d’une mise à niveau, ce qui aura pour effet d’augmenter la capacité de traitement de chacun d’eux.

Une association avec une entreprise fautive

En février 2016, le conseil municipal de Saint-Hyacinthe avait entériné une résolution pour mettre en branle le processus de ce plan de gestion des débordements. Après avoir lancé un appel d’offres, la Ville de Saint-Hyacinthe avait octroyé le contrat, en 2017, au plus bas soumissionnaire conforme, et ce, pour un montant de 80 022,60 $.

Parmi les huit entreprises en lice pour le contrat octroyé en décembre 2017, la firme WSP Canada, anciennement connue sous le nom de la firme de génie-conseil Genivar, avait obtenu le mandat. L’entreprise a toutefois été éclaboussée par un scandale de stratagème frauduleux de fausses facturations lors de la Commission Charbonneau, une consultation qui devait faire la lumière sur la collusion et la corruption dans le secteur de la construction au Québec, en 2013.

L’entreprise a été condamnée à payer une amende de 4 millions de dollars par le Bureau de la concurrence du Canada en raison de ce stratagème de truquage d’appels d’offres dans certaines municipalités du Québec, entre 2002 et 2011. L’agence gouvernementale a dévoilé ce fait le 13 mars 2019.

Le Journal Mobiles a obtenu le rapport, long de 176 pages, acheminé au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC), réalisé par la Ville de Saint-Hyacinthe. Questionnée sur le choix de la firme de génie-conseil WSP Canada, la Ville n’a pas tenu à commenter l’octroi du contrat.

 

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