Roger Lafrance
On le sait tous, notre facture d’épicerie ne cesse d’augmenter. Pour y faire face, nous avons tous nos astuces. Certains courent les spéciaux d’une chaîne à l’autre, d’autres choisissent les épiceries à bas prix ou les grandes surfaces comme Costco ou Walmart, ou encore écartent certains aliments devenus trop dispendieux.
Chantale Vanier est directrice adjointe de La Moisson Maskoutaine, l’organisme qui recueille les dons en nourriture pour alimenter les banques alimentaires et organismes communautaires. Elle coordonne également les Cuisines collectives, elle qui les a animées pendant 16 ans.
Pour elle, il n’y a pas de recettes miracles pour économiser sur sa facture d’épicerie.
« On ne s’en sort pas : planifier ses repas et acheter les produits les moins transformés possible, ce sera toujours gagnant, affirme-t-elle à Mobiles. C’est une question d’équilibre. Si tu veux faire des économies dans l’alimentation, il faut investir du temps. »
Faire le tour de son garde-manger ou de son frigo avant d’aller à l’épicerie est aussi une bonne habitude à prendre, tout comme celle de cuisiner. Toutefois, Chantale Vanier est consciente que pour investir du temps dans son alimentation, il faut justement en avoir, du temps!
« Est-ce que je pouvais le faire quand j’avais quatre adolescents à la maison, la réponse c’est non! », lance-t-elle.
Pour réduire sa facture d’épicerie, il faut donc s’investir. Il faut accorder une place particulière à l’alimentation, ce qui inclut aussi les autres membres de la famille.
« Je crois vraiment que c’est important de mettre les enfants de 9, 10 ou 12 ans à contribution. C’est important qu’ils voient le travail qui est derrière les repas à chaque jour, que ce soit à préparer les légumes ou à faire la vaisselle. Ça fait partie de la routine familiale. »
La Moisson Maskoutaine est aux premières loges de l’insécurité alimentaire dans la région maskoutaine. L’organisme reçoit en effet les dons des entreprises agroalimentaires ou recueillis lors de la guignolée pour les distribuer aux organismes. Comme partout au Québec, la demande est grandissante et, dans la région, elle est encore plus marquée en milieu rural, constate Mme Vanier.
Bien qu’elle soit nécessaire pour les gens qui n’ont pas les moyens financiers pour se nourrir, l’aide alimentaire demeure un plaster à ses yeux.
« L’insécurité alimentaire est le signe d’une grande pauvreté, affirme-t-elle, et elle perdurera tant qu’on n’investira pas collectivement dans le logement, la santé mentale ou les programmes sociaux. »
Cuisiner en groupe
Aux dons de nourriture, il existe d’autres solutions pour améliorer la sécurité alimentaire, comme les groupes d’achats ou les cuisines collectives. Ces dernières permettent aux participants d’améliorer leurs connaissances en cuisine tout en brisant l’isolement.
L’an dernier, La Moisson Maskoutaine a organisé 186 cuisines collectives sur le territoire, notamment en milieu rural. Ce chiffre n’inclut pas les groupes mis sur pied dans les organismes communautaires.
Or, ce type d’activités n’a pas besoin d’être chapeauté par un organisme communautaire, souligne Mme Vanier. On se souvient tous de nos mères qui se réunissaient pour faire des conserves. Une solution qu’on a oubliée avec le temps, même si elle perdure toujours dans certaines communautés culturelles. C’est là aussi une façon de combattre les hausses des coûts de l’alimentation.


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