• Société

La pandémie et le niveau détresse

Alexandre D'Astous

L’organisme Contact Richelieu-Yamaska (CRY) a profité de la Journée mondiale de la prévention du suicide, le 10 septembre, pour rappeler à la population son existence et les services offerts, surtout en cette période où la pandémie a des effets sur la santé mentale et la détresse des gens.

Situé sur l’avenue de la Concorde Nord, à Saint-Hyacinthe, l’organisme assure un service de soutien téléphonique 24 heures sur 24 et 365 jours par année. « Après une baisse, au début de la pandémie, notre volume d’appels est en forte hausse depuis quelques mois. L’anxiété est très présente chez la population. On note également un niveau de désorganisation plus élevé depuis quelques mois chez les gens qui nous appellent. Dans ces cas, nous proposons une rencontre en personne dans les 48 heures pour soutenir et aider la personne », indique la directrice générale de l’organisme, Myriam Duquette.

En raison de la pandémie de la COVID-19, le CRY n’a pas organisé d’activités spéciales pour la Journée mondiale de la prévention du suicide. « Nous en avons profité pour rappeler aux gens que nous sommes là avec de la publicité dans les médias et la distribution d’affiches par la poste. Nous avons aussi invité la population à allumer une chandelle en soutien à ceux et celles qui vivent de la détresse », précise Mme Duquette.

Contact Richelieu-Yamaska œuvre en prévention du suicide depuis 32 ans. L’organisme dessert un grand territoire qui déborde la MRC des Maskoutains. « Nous couvrons, notamment, les villes d’Acton Vale, de Belœil, de Yamaska et de Mont-Saint-Hilaire avec notre équipe d’une quinzaine de personnes, dont 12 intervenants », précise la directrice générale.

Recrutement difficile

Le recrutement de personnel est difficile en cette période de pénurie de main-d’œuvre généralisée au Québec. « Nous n’y échappons pas. Notre travail n’est pas facile. Nous œuvrons avec des gens qui ont des pensées noires, et nous tentons de les aider. Nos intervenants suivent une formation spécifique », signale Mme Duquette.

L’organisme a rajeuni son image, l’an dernier, entre autres, avec un nouveau logo. « Nous voulons nous rapprocher des gens, qu’ils sachent que nous sommes là pour les aider. Nous répondons à tous les appels en moins de deux coups de sonneries, et c’est toujours un humain qui répond, pas un répondeur. Nous voulions rajeunir notre image pour être mieux connus des jeunes. De nombreux jeunes ont perdu leurs repères en raison de la pandémie, et ils sont de plus en plus de difficulté. Le manque de contacts avec les autres les atteint plus durement. Le niveau d’anxiété augmente. La santé mentale se détériore, et l’isolement et le manque d’argent viennent empirer la situation pour plusieurs », constate Myriam Duquette.

Risque plus élevé

Mme Duquette explique que les intervenants font systématiquement une évaluation du risque de passage à l’acte pour chacun des appels reçus. « Nous avons des codes de couleurs, jaune, orange et rouge, selon ce que les gens verbalisent. Depuis le milieu de l’été, nous avons beaucoup plus de cas urgents ».

En plus de l’écoute, Contact Richelieu-Yamaska offre également un service d’hébergement pour gens en difficulté. « Nous avons quatre lits, mais en raison des mesures sanitaires, nous en opérons seulement deux en ce moment. Nous accueillons des gens qui sortent de l’hôpital pour une transition vers un retour à la maison ou des gens qui traversent une épreuve, comme une séparation ou une dépression, et qui ont besoin de se ressourcer », explique Mme Duquette.

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