Société

L’économie sociale comme force de résilience aux tarifs américains

Le directeur général du Consortium des entreprises de coopération des entreprises collectives, J. Benoît Caron. (Photo courtoisie)

Face à la menace de l’imposition de tarifs douaniers en provenance des États-Unis, le directeur général du Consortium des entreprises de coopération des entreprises collectives, J. Benoît Caron, estime que l’économie sociale représente une force de résistance majeure.

« La situation actuelle nous démontre que nous aurions intérêt à nous occuper de nos affaires au lieu d’attendre que quelqu’un s’en occupe à notre place. Même s’il y en a déjà beaucoup d’entreprises collectives au Québec, il pourrait y en avoir plus. Il y en a qui pourraient évoluer. C’est le travail que nous faisons au consortium, accompagner les entreprises coopératives et d’économie sociale dans leur évolution », commente M. Caron.

Les entreprises collectives se développent en période difficile

Historiquement, les entreprises collectives se sont maintes fois déployées et développées en des périodes difficiles ou de grandes transformations au Québec. « Dans le contexte actuel de guerre tarifaire avec les États-Unis, il est fondamental de reconnaître et de valoriser l’importance de l’économie sociale au Québec », déclare M. Caron, qui précise que les entreprises collectives ne sont pas seulement des moteurs économiques, mais qu’elles représentent aussi une force face aux défis mondiaux.

M. Caron souligne que les entreprises collectives incarnent des valeurs de solidarité, de coopération et de développement durable qui constituent le socle d’une économie forte et juste. « Face à l’adversité, c’est cette capacité unique à conjuguer performance économique et impact social qui fera la différence pour la prise en charge de certains besoins fondamentaux de notre population ainsi que l’avenir de notre société. Les entreprises d’économie sociale peuvent et doivent faire partie de la solution face aux écueils à venir.

Être moins dépendant des autres

L’entreprise d’économie sociale provient d’une initiative citoyenne afin de répondre à un besoin. « C’est une entreprise où les citoyens se sont mobilisés. L’entrepreneuriat collectif, c’est de la prise en charge et de la responsabilisation. Cela nous permet d’avoir plus de contrôle sur nos affaires et d’être moins dépendants des autres, notamment des États-Unis, affirme M. Caron.

Favoriser l’économie sociale et locale

En ces temps incertains, le directeur du Consortium de coopération des entreprises collectives invite les Québécois à s’impliquer, à consommer l’économie sociale et locale. « On aurait dû le faire bien avant, mais des fois c’est devant une crise qu’on se réveille et qu’on prend les choses en main. On doit en tirer des leçons », mentionne M. Caron.

Une entreprise coopérative ou d’économie sociale, c’est une entreprise qui appartient à ses membres, ou de la collectivité, et non à un propriétaire. Son principal objectif est de satisfaire un besoin. Certaines n’ont pas de problème à générer des dividendes, comme les coopératives forestières ou d’alimentation. Leur objectif n’est pas de faire des excédents, mais d’offrir des services. « Je dis souvent que les coopératives, c’est comme une pâte à modeler. On lui donner des formes différentes », explique M. Caron.