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S.A Reloge : une aide jugée nécessaire par les acteurs du milieu

Carl Vaillancourt

La pénurie de logements dans la région maskoutaine créé des maux de tête aux différents acteurs de la région, mais voilà que l’organisme communautaire Logemen’mêle entend offrir un nouveau service d’aide à la recherche de logement sur le territoire. Une aide qui est accueillie à bras ouverts par les acteurs maskoutains.

« Avec le contexte de pénurie de logements à Saint-Hyacinthe, nous voulions offrir les outils nécessaires aux familles et aux membres de la communauté pour les aider dans leur recherche de logement en pouvant compter sur différents services », a fait savoir la chargée de projet du service d’aide à la recherche de logement S.A Reloge de l’organisme Logemen’mêle, Julie Lanthier.

Lors de la présentation du projet à une vingtaine de partenaires du milieu maskoutain, la chargée de projet a pris le temps d’expliquer les rouages de ce nouveau programme d’aide à la recherche de logement. Les résidents maskoutains qui cogneront à la porte de l’organisme auront accès à un ordinateur en plus de pouvoir compter sur le soutien du personnel présent sur place. Chaque visiteur pourra obtenir un plan d’action personnalisé qui lui permettra de trouver un logement selon ses besoins spécifiques.

Avec un marché immobilier où le taux d’inoccupation se situe à 0,2 %, trouver un logement abordable peut s’avérer difficile en temps normal. Avec la pandémie causée par la COVID-19 et la hausse importante de la valeur des logements, plusieurs familles se retrouvent dans une situation bien loin d’être optimale.

« C’est loin d’être évident quand on considère le contexte immobilier dans lequel on se trouve à Saint-Hyacinthe. Certaines familles doivent réserver une part importante de leurs revenus familiaux pour se loger, ça vient créer de la précarité », a expliqué Pierre-Alexandre Voynaud-Nadeau, intervenant en défense des droits au sein du comité Logemen’mêle.

Des partenaires indispensables

Dans sa présentation du 25 janvier, Julie Lanthier n’a pas manqué de mentionner à plusieurs occasions que le projet n’aurait pas été possible sans la participation de plusieurs partenaires qui se veulent indispensables à la réalisation du projet S.A Reloge.

Parmi ces partenaires essentiels, l’Association coopérative d’économie familiale de la Montérégie-Est s’est portée volontaire pour aider les personnes faisant appel au service d’aide à la recherche de logement à structurer leur budget. Pour Roger Lafrance, directeur de l’ACEF Montérégie-Est, cela faisait partie de sa mission comme coopérative d’économie familiale.

« Au fil des ans, nous avons développé une expertise dans ce domaine pour venir donner des réponses aux familles ou plus souvent, aux aînés, sur leur capacité financière. Il y a plusieurs questions qui doivent se poser, on vient les accompagner dans ce processus pour mieux les aiguiller », a fait savoir Roger Lafrance lors de la présentation.

En plus de l’ACEF, plusieurs partenaires institutionnels, dont la Ville de Saint-Hyacinthe, devront jouer un rôle afin de faciliter l’accessibilité au logement social et abordable. En 2021, la Ville de Saint-Hyacinthe a augmenté son budget réservé à la construction de logements sociaux fixé habituellement à 600 000 $ annuellement. Les acteurs du milieu communautaire ont lancé un cri du cœur au représentant de la Ville de Saint-Hyacinthe présent sur la nécessité d’investir davantage dans la construction de logements sociaux.

Jeannot Caron, conseiller municipal du district Cascades, situé principalement au centre-ville de Saint-Hyacinthe, s’est dit sensible à la question du logement social dans son secteur, mais aussi à l’échelle de la Ville de Saint-Hyacinthe.

« Certains présents aujourd’hui me connaissent et savent à quel point je peux être fatigant quand j’ai quelque chose en tête. Je peux vous assurer que je sensibilise sur une base régulière mes collègues du conseil municipal pour ajouter du logement social à Saint-Hyacinthe », a-t-il fait savoir.

Ce dernier a même pris le temps de partager son expérience comme propriétaire d’immeubles locatifs au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Certains coûts fixes ont augmenté de façon importante depuis quelques années, ce qui a eu un effet significatif sur le prix des loyers dans le secteur.

« En 2013, je payais environ 9 000 $ pour ma police d’assurance pour mon bâtiment où se trouvent Les Trouvailles de l’Abbé Leclerc. Cette année, la facture s’élève à 18 000 $. Avec les nombreux incendies qui ont fait rage au centre-ville ces dernières années, les assureurs ont ajusté le prix en conséquence », a-t-il expliqué.

Un déficit à combler rapidement

Selon les dernières données recueillies par la Société canadienne d’hypothèques et de logement du Canada (SCHL), la Ville de Saint-Hyacinthe doit combler un déficit de 1 000 logements pour arriver au fameux taux équilibré de 3 % d’inoccupation. C’est ce qu’a expliqué l’intervenant en défense des droits des locataires au comité Logemen’mêle, Pierre-Alexandre Voynaud-Nadeau, lors de la présentation.

De son propre aveu, la densification devra être privilégiée en respect du plan particulier d’urbanisme de la Ville de Saint-Hyacinthe. Il faudra que les promoteurs immobiliers multiplient les logements pour les constructions à venir afin de combler le déficit actuel. Selon les projections, le déficit risque de demeurer stable d’ici 2025.

Pour les employeurs de la région, cela représente un problème majeur. Plusieurs entrepreneurs sont confrontés à un problème de pénurie de main-d’œuvre malgré des conditions de travail avantageuses en raison de l’incapacité des nouveaux arrivants de trouver un logement répondant à leurs besoins spécifiques.

« C’est un enjeu important pour les entreprises d’ici. La desserte en transport en commun est aussi un enjeu, puisque certains nouveaux arrivants n’ont pas accès à une voiture pour aller au travail », a expliqué l’agente à la régionalisation et à l’immigration au sein de Technopole Saint-Hyacinthe, Karen M’Bandaman.

Depuis le début du mois de décembre, des interventions ciblées ont été réalisées selon la nouvelle formule du programme S.A Reloge. Selon les dires de la chargée du projet, la satisfaction des membres est au rendez-vous. Les ressources offertes sont utilisées et une vaste campagne de médiatisation aura lieu dans les prochains jours afin de faire connaître le service aux Maskoutains.

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