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Élections fédérales:

Un débat relaxe et un autre perturbé

Paul-Henri Frenière

On en attendait 70, mais c'est plutôt une centaine de personnes qui ont payé pour assister au débat électoral organisé par la Chambre de commerce et de l'industrie Les Maskoutains. Comme si, une dizaine de jours avant le scrutin, l'intérêt était enfin là.

Photo: Paul-Henri Frenière.

À l'invitation de l'animateur Martin Bourassa, les quatre principaux prétendants à la députation du comté de Saint-Hyacinthe-Bagot se sont donc retrouvés à la même table : Brigitte Sansoucy du Nouveau parti démocratique, René Vincelette du Parti libéral, Michel Filion du Bloc québécois et Réjean Léveillé du Parti conservateur.

Un débat réglé au quart de tour, relaxe, sans face-à-face, voire policé (défense d'applaudir comme à l'assemblée nationale...), mais qui a tout de même permis à chacun de montrer ses couleurs lors d'un dîner dans une salle comble d'un club de golf.

D'entrée de jeu, l'animateur y est allé avec son humour typiquement bourassien en leur demandant quelle était leur motivation à aller « faire la plante verte » à Ottawa, considérant le peu d'influence qu'ils auront dans leur parti et sur le gouvernement.

Bien sûr, chacun s'est défendu de vouloir faire de la figuration et qu'ils entendaient bien défendre les intérêts du comté. Mais René Vincelette a surpris tout le monde en disant que les plantes vertes, c'est utile, puisqu'elles donnent de l'oxygène. Une leçon qu'il avait apprise lors de son passage au Cactus fleuri, une entreprise horticole de Sainte-Marie-Madeleine.

Il était manifestement de bonne humeur, René Vincelette, probablement à cause des récents sondages nationaux qui donnent une avance aux Libéraux. Un enthousiasme qui a été conforté par une déclaration de Michel Filion qui a prédit, effectivement, un gouvernement libéral minoritaire.

Il avançait que le Bloc québécois pourrait ainsi détenir la balance du pouvoir et influencer les politiques en faveur des intérêts du Québec. De façon articulée, mais sur un ton un peu professoral, il a abordé chaque dossier dans une perspective indépendantiste.

Brigitte Sansoucy à l'aise et Réjean Léveillé nerveux

Brigitte Sansoucy, actuellement la favorite dans le course selon leur sondage interne, était particulièrement à l'aise devant ce parterre de gens connus, étant conseillère municipale de Saint-Hyacinthe depuis 2009. Sa connaissance des dossiers locaux et nationaux ne laissaient aucun doute. Un léger malaise, cependant, quand l'animateur a demandé aux candidats le bilan qu'ils faisaient du travail de la députée sortante, Marie-Claude Morin.

Martin Bourassa a rappelé que la députée néodémocrate avait tiré sa révérence et fermé son bureau trois semaines avant les élections. « Quand je l'ai appris, j'ai tout de suite communiqué avec François Choquette, le député NPD de Drummond, pour qu'il s'occupe des dossiers locaux » a répondu Brigitte Sansoucy. C'est lui qui avait joué le même rôle lors de la longue convalescence de Marie-Claude Morin.

Étonnamment, le conservateur Réjean Léveillé était très nerveux avant le début du débat. L'ex-journaliste de TVA a toutefois pris de l'assurance en cours de route, si bien que l'animateur a dû, à quelques reprises, lui couper la parole puisqu'il dépassait le temps alloué. La « très très longue » campagne électorale lui a donné amplement le temps de découvrir la grande région de Saint-Hyacinthe et de prendre connaissance des préoccupations des citoyens et surtout des conseils de ville, apparemment.

De grands thèmes ont été abordés, certains portant sur des dossiers nationaux (la gestion de l'offre, le partenariat transpacifique, le niqab, l'aide médicale à mourir) et d'autres plus locaux comme le financement fédéral du futur centre des congrès et du tunnel Casavant, des demandes déjà formulées par la Ville de Saint-Hyacinthe.

Cependant, on peut déplorer que les sujets à caractère social aient été ignorés, comme l'assurance-emploi, le logement abordable et l'immigration, notamment, d'autant plus que la région de Saint-Hyacinthe a été désignée depuis plus de dix ans comme terre d'accueil pour les nouveaux arrivants.

Un débat perturbé

Par ailleurs, l'immigration a été à l'avant-plan d'un autre débat, mais sûrement pas de la manière dont les organisateurs l'auraient souhaitée.

Capture d'écran TVcogeco. Deux jours auparavant, une rencontre électorale avait été organisée par Solidarité Populaire Richelieu-Yamaska et la Corporation de développement communautaire des Maskoutains. Le conservateur Réjean Léveillé n'y était pas, mais un nouveau candidat indépendant a fait son apparition, sorti de nulle part mais dûment enregistré par Élections Canada.

Ugo Ménard a tenu des propos qui ont fait réagir la salle en affirmant, entre autres choses, qu'il y avait « trop d'immigrants et trop d'anglais » au Québec. Disant défendre les Québécois « de souche », il a affirmé que cette situation a créé une « génération de bâtards culturels ».

Il s'en est pris aux jeunes, aux immigrants, mais aussi aux personnes âgées, si bien que l'animateur, Jacques Tétreault, a dû intervenir à quelques occasions pour lui rappeler que les échanges devaient se faire dans le respect.

Ce débat, enregistré par Tvcogeco Saint-Hyacinthe, a eu des échos dans les médias montréalais, notamment à l'émission radiophonique de Paul Arcand, dans le Journal de Montréal et à TVA.

Les reportages traitaient uniquement des propos outranciers d'Ugo Ménard. Dommage puisque cette rencontre électorale avait été fort bien préparée, abordant des questions pertinentes sur l'environnement, le logement social, l'assurance-emploi et l'itinérance.

 

 

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