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Sécurité ferroviaire

Ces sujets tabous ou trop dérangeants

Le 4 juillet dernier, un point de presse a été convoqué par des représentants du Bloc Québécois et de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic. On a pu y entendre la députée bloquiste, Mme Monique Pauzé, le candidat bloquiste dans notre circonscription, M. Simon-Pierre Savard-Tremblay, la citoyenne engagée, Mme Nicole Jetté et, finalement, le porte-parole des citoyens de Lac-Mégantic, M. Robert Bellefleur. C’était pour commémorer le tragique accident qui a fait 47 victimes à Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, il y a six ans maintenant.

Toutes et tous ont dénoncé le très grand laxisme des diverses autorités à régler l’épineux problème de la sécurité ferroviaire, que cela concerne la future voie de contournement à Lac-Mégantic, la vitesse des trains dans les municipalités, l’augmentation fulgurante du nombre de trains-convois d’hydrocarbures sur nos voies, la déréglementation au niveau fédéral ou le manque de support pour les populations affectées par ces tragédies. Pour sa part, la Ville de Saint-Hyacinthe était absente de ce point de presse : aucune prise de parole, pas plus que de représentants présents. Problème de communication ? Manque d’intérêt ? Personnel en vacances ? Peu importent les raisons, ils n’y étaient pas.

Si cet incident s’était produit en sol maskoutain, le nombre de victimes aurait été beaucoup plus impressionnant. Impossible, direz-vous ? Souvenez-vous du 31 décembre 1999, à Mont-Saint-Hilaire : déraillement, explosion, deux victimes. C’était en pleine campagne.

Le 4 juillet, à Saint-Hyacinthe, se trouvait un survivant de la tragédie : Jean. Il m’a raconté, en prenant une bière après le point de presse, ne plus avoir été capable de travailler depuis cet incident. Il m’a dit être allé à 10 enterrements en un mois cette année-là. Il m’a relaté dans le détail la chance que lui et deux amis ont eu ce soir-là d’être sortis au bon moment, les trois explosions et les victimes qui s’accumulaient, la puanteur, le bruit, les explosions, les gens qui courraient dans tous les sens, la peur, l’odeur du pétrole et celle du bitume qui brûle. Il m’a rapporté leur course folle jusqu’au lac pour s’immerger jusqu’au cou afin d’échapper à la chaleur, et la peur, encore, qu’ils ont eue à voir le flot d’huile arriver jusqu’au lac d’où ils sont sortis de crainte de brûler dans l’eau qui commençait déjà à se réchauffer sous l’effet du feu.

Ce récit de la tragédie semblait frais dans son esprit comme si ça s’était passé hier… Et si ça s’était produit à Saint-Hyacinthe, combien de « Jean » auraient aujourd’hui ces fantômes dans leur placard ?

Depuis la tragédie, des citoyennes et des citoyens, dont Nicole Jetté, ont tenté d’alerter notre conseil municipal de la dangerosité du transport d’hydrocarbures au cœur de notre municipalité. Dossier fédéral, aucune juridiction municipale, impossible de communiquer avec le CN, etc. Les raisons sont probablement fort nombreuses pour ne pas brasser le dossier, car nous sommes en partenariat avec le CN pour la construction du tunnel. Alors, on ne fait pas de vagues. Sujet tabou.

 

Jacques Tétreault

 

Photo archives journal Mobiles

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