Société

Le mouvement communautaire maskoutain est aussi « à boutte »

Les organismes communautaires de la MRC des Maskoutains participeront activement à la grande mobilisation provinciale qui se tiendra du 23 mars au 2 avril pour dénoncer le sous-financement chronique du milieu et exiger des investissements structurants de la part du gouvernement du Québec. Certains feront la grève tandis que d’autres tiendront des activités de sensibilisation afin de démontrer leur importance.

Mobilisés autour du mouvement « Le communautaire à boutte! », les travailleurs du milieu communautaire réclament une indexation et un rehaussement significatif récurrent du financement à la mission inscrits de façon durable dans les budgets gouvernementaux.

« Localement, nous mènerons de nombreuses actions d’éducation populaire. Ce qu’on constate sur le terrain, c’est que ce n’est pas seulement le gouvernement qui ne nous connait pas bien, la population aussi. Les gens ne connaissent pas bien tout ce que fait le milieu communautaire. Il faut bien les informer sur ce que l’on fait pour qu’ils comprennent la valeur de nos actions. On pense que si nous avons l’appui de la population, les gouvernements vont suivre », explique la coordonnatrice de l’organisme Le Trait d’Union montérégien qui vient en aide aux adultes vivant, ayant vécu ou étant à risque de vivre des troubles de santé mentale ou de la détresse émotionnelle, Sylvie Tétreault.

Ne pas arrêter des services essentiels

Dans les actions des organismes maskoutains, il y aura beaucoup d’éducation populaire. « Nous allons distribuer des dépliants, utiliser les réseaux sociaux pour faire de la sensibilisation et informer les gens. Les organismes qui feront la grève le feront à couleurs variables. Chaque organisme est autonome dans ses décisions. Certains organismes exercent des services essentiels. Par exemple, Contact Richelieu-Yamaska ne peut pas arrêter sa ligne de prévention du suicide. Nous allons utiliser des stratégies qui sont intelligentes par rapport à la mission que nous avons mise en place », précise Mme Tétreault.

Chaque organisme a décidé de moduler ses deux semaines de grèves selon sa réalité. « L’idée de la grève, c’est de démontrer que si nous arrêtons nos services, la population va souffrir et que c’est ce qui risque d’arriver si nous continuons d’être sous-financé. On veut que notre message passe, mais on ne laissera pas tomber personne. La grève, on la fait avec nos membres. Ce qu’on constate sur le terrain, c’est qu’il y en a déjà des coupures de services par manque de financement. Il y a eu des coupures de postes par manque de financement. On perd des ressources humaines dans le milieu communautaire parce que le financement est ponctuel, à la pièce, et non à la mission, ce qui fait qu’on ne peut pas garantir à notre monde qu’on va pouvoir les garder à la fin de leur projet », déplore Sylvie Tétreault.

L’inflation a fait mal

La coordonnatrice du Trait d’union montérégien souligne que l’inflation a fait mal aux organismes communautaires. « L’inflation amène des coûts de fonctionnement supplémentaires pour tous les organismes. La seule place où on peut couper, c’est dans les salaires. Plusieurs ministères financent des organismes communautaires sans garantir une indexation chaque année. Ça nous limite dans ce que nous pouvons faire comme employeur. Il y a une expertise qui s’acquiert et qui mérite un meilleur salaire que nous ne pouvons pas donner. Nos gens sont diplômés et formés et de plus en plus de nos travailleurs doivent avoir recours à nos organismes pour les soutenir, notamment pour le dépannage alimentaire ou le soutien pour la famille. Ce n’est pas logique de créer chez nos travailleurs des situations contre lesquelles nous luttons comme organisme communautaire. Nos emplois sont devenus précaires. On doit souvent réduire le nombre d’heures de nos employés pour les arrimer avec nos subventions ».

Il y aura une grande marche le 27 mars à Longueuil et un grand rassemblement le 2 avril à l’Assemblée nationale à Québec. La MRC des Maskoutains y sera représentée. Quatorze organismes maskoutains font partie du comité local de mobilisation.

Partout au Québec, les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans le maintien du filet social et répondent à des besoins croissants dans un contexte de précarité grandissante. Or, sans financement stable et adéquat, leur capacité d’agir est compromise.