Alexandre D'Astous
La Société protectrice des animaux (SPCA) déplore les cas de maltraitance animale à l’encan d’animaux de Saint-Hyacinthe observés par l’organisme Animal Justice qui a infiltré les activités de l’encan maskoutain en février dernier.
Sur des images fournies par Animal Justice au Journal de Montréal, on voit des animaux entassés, des animaux frappés à répétition et des bêtes blessées et amaigries par le transport et le stress.
La directrice de la défense des animaux et des affaires juridiques et gouvernementales à la SPCA, Me Sophie Gaillard, mentionne ne pas être surprise par la situation puisqu’il n’y a pas de législation applicable en matière de bien-être animal pour les animaux d’élevage, contrairement à ce qui est en place pour les animaux de compagnie.

« Ce sont des images choquantes. On y voit des animaux apeurés dans un encan, un endroit qui n’est pas familier pour eux. Ces animaux sont déjà stressés par le transport. On voit des conditions de garde problématiques au niveau de l’entassement dans les enclos. Ce qui est particulièrement choquant, c’est comment les animaux sont manipulés par les travailleurs. On voit des animaux se faire frapper avec des cannes ou des bâtons, parfois dans le visage. Les animaux paniquent car ils ne savent pas où aller. Il y a aussi des animaux morts qui n’ont pas survécu au transport ou au processus de l’encan. Tout cela nous choque, mais ça ne nous surprend pas vraiment. Nous sommes bien au courant qu’il y a des problématiques dans les encans, et ce depuis longtemps. C’est un problème récurrent », commente Me Gaillard.
Un règlement insuffisant
Me Gaillard explique qu’il y a, au Québec, un règlement sur la vente aux enchères d’animaux vivants. « Ce règlement aborde certains aspects du bien-être animal, notamment au niveau de l’entassement des animaux. Par contre, le règlement est silencieux à propos de la manipulation des animaux. Le règlement rend obligatoire la présence d’abreuvoirs et de mangeoires dans les enclos, mais pas d’eau et de nourriture. Il y a un règlement, mais il est insuffisant et non adapté à la réalité. »
La SPCA revendique une modernisation du régime de protection des animaux. « Ce cas figure parmi d’autres cas qui mettent en lumière des problèmes de notre régime de protection des animaux au Québec. Depuis 2015, nos animaux de compagnie sont protégés par la loi sur le bien-être animal qui devait s’étendre aux animaux d’élevage, mais on attend toujours 11 ans plus tard. En ce moment, c’est l’industrie qui décide de ce qui est légal ou pas. Cette situation ne reflète plus les valeurs des Québécois. La population est d’avis que le bien-être animal doit s’appliquer à tous les animaux, y compris ceux d’élevage », affirme Me Gaillard.
Déménagement à Saint-Simon
Le déménagement de l’encan à Saint-Simon, le 19 août, devrait régler une partie des problèmes puisque le nouvel emplacement permettra aux animaux d’avoir plus d’espace. Les nouvelles installations ont coûté environ 10 M$ et elles seront beaucoup plus confortables pour les animaux.
Mobiles a tenté en vain d’obtenir les commentaires du directeur de l’encan d’animaux de Saint-Hyacinthe, Mario Maciocia. Ce dernier assure que des actions seront prises rapidement concernant les coups portés aux animaux. « On n’apprend pas à nos employés à frapper les animaux », lance-t-il.
Il mentionne également que des euthanasies sont pratiquées seulement si un animal n’est pas apte à être transporté. Le directeur estime que les personnes qui ne travaillent pas avec des animaux ne peuvent pas vraiment comprendre ce que cela implique comme intervention pour opérer un encan.
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