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Concert sculpturel – prise 2 : Une belle folie collective

Sophie Brodeur

C’est à l’église Sacré-Cœur-de-Jésus, à Montréal, que s’est tenue, le 23 avril dernier, la deuxième mouture du concert sculpturel. Les sculptures de Claude Millette, de même que les cloches de l’église, sont devenues pour cet événement des instruments joués par des percussionnistes. Ils étaient accompagnés des musiciens virtuoses du groupe Pando pour ce concert de musique contemporaine hors du commun.

C’est à l’église Sacré-Cœur-de-Jésus, à Montréal, que s’est tenue, le 23 avril dernier, la deuxième mouture du concert sculpturel. Photo : Francois Larivière photographe

Près de 200 personnes se sont déplacées pour assister à ce concert inhabituel et intrigant. Parmi elles, des musiciens connus, des mélomanes, des artistes en arts visuels et des étudiants du cours Pratiques créatrices et interdisciplinarité enseigné à l’UQAM par Verushka Lieutenant-Duval, idéatrice du premier concert sculpturel. Elle a convié ses étudiants à cette soirée afin qu’ils expérimentent des concepts qu’ils avaient étudiés dans leur cours.

Un travail d’équipe

Dès le départ, la réalisation de cette soirée a été un travail d’équipe. En préparation, des réunions Zoom ont eu lieu. Véroushka Lieutenant-Duval, Claude Millette et Régent Bourque, metteur en scène, ont rencontré les sept musiciens pour lancer les fondations de cette soirée unique. La complicité et l’enthousiasme étaient au rendez-vous. Les répétitions ont permis de consolider l’intention de base : créer un événement festif et original.

L’interdisciplinarité s’invite au concert

L’inter quoi? L’interdisciplinarité, explique Verushka Lieutenant-Duval, consiste à faire interagir différentes disciplines d’une façon inusitée, voire insoupçonnée. Par exemple, de façon traditionnelle, on regarde une sculpture qui est statique avec nos yeux, souvent en silence et sans la toucher. De même, on écoute la musique, parfois les yeux fermés.

Dans la mise en scène de Régent Bourque, les sculptures, posées sur des socles roulants, sont déplacées par les musiciens. Elles deviennent ainsi des personnages dans une chorégraphie. Leur métal est touché par des archets et frappé par des baguettes. Les sculptures et les cloches produisent des sons qui participent avec les instruments traditionnels à créer une musique contemporaine jubilatoire.

Première rangée de gauche à droite: Julie Doyon, Christian Berthiaume, Vincent Fournier-Boisvert, Corinne René, Olivier Maranda, Rangée du centre: François Gauthier (celui qui a une barbe bleu, Troisième rangée: Étienne Lebel, Claude Millette, Marie-Lise Poirier, Régent Bourque, Mathieu Gaudreault, Verushka Lieutenant-Duval. Photo : Francois Larivière photographe

Le rapport du spectateur avec l’œuvre est ici modifié. Ses yeux voient des instruments inusités créer une dimension sonore à laquelle il ne s’attend pas d’une sculpture. Il y a ici une interaction entre l’art visuel qu’est la sculpture et l’art sonore qu’est la musique. Les deux disciplines fusionnent dans un spectacle étonnant qui surprend et ravit les spectateurs.

Un lieu et des musiciens exceptionnels

Ce concert, soutenu par le Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe, était présenté dans une église à l’acoustique exceptionnelle. Depuis que son clocher a dû être détruit, les cloches sont exposées à l’intérieur de l’église. Avec les sculptures de Claude Millette, elles ont servi d’instruments aux percussionnistes François Gauthier, Corrine René et Olivier Maranda.

Accompagnés de Vincent Fournier-Boisvert au violoncelle, Mathieu Gaudreault au violon, Étienne Lebel au trombone et Christian Berthiaume à la guitare et aux claviers, ils ont improvisé différentes pièces à partir de thèmes inspirés de l’église, lieu riche en histoire.

Les thèmes, osmose de l’ange, rencontres, feu centenaire (il y a 100 ans, l’église a subi un incendie et l’intérieur a dû être reconstruit), renaissance et apothéose ont été mis en valeur autant par l’interprétation musicale magistrale que par la mise en scène soignée de cette soirée festive.

Galerie

  • Photo : Francois Larivière photographe
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