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Des lectures qui font du bien

Anne-Marie Aubin

Certains titres traversent les siècles. Ils sont réédités, scénarisés pour le cinéma ou le théâtre et adaptés sous forme de bande dessinée ou de roman graphique. Voici trois classiques littéraires réécrits d’excellente façon. De quoi vous évader quelques heures!   

Sacrées sorcières : réunion avec la «Grandissime»

Si vous avez déjà lu Sacrées Sorcières,  célèbre roman de Roald Dahl, vous savez que l’auteur ne s’amuse pas à créer des fins heureuses, il y raconte la vraie vie! Contrairement à l’adaptation cinématographique plutôt mièvre, celle de Pénélope Bagieu offre un portrait juste des sorcières, méchantes, cruelles et détestables de Roald Dahl. Elle se permet quelques changements, raccourcis et adaptations au monde d’aujourd’hui mais on s’y retrouve avec bonheur! Certaines prises de vues ou cases sans texte font bien sentir les émotions et fourmillent de détails à observer.

Le héros de l’histoire, un jeune garçon orphelin, vit avec sa grand-mère excentrique qui connaît tous les secrets des sorcières. De passage à l’Hôtel Magnificent, le jeune héros s’amuse avec ses deux petites souris (bestioles interdites à l’hôtel) derrière un paravent dans une salle de conférence. Tout à coup, les sorcières, accompagnées de « la Grandissime », envahissent la salle et verrouillent toutes les portes afin d’organiser la destruction prochaine de tous les enfants.

« Pourquoi y a-t-il encore autant de gamins?? Pourquoi sont-ils encore vivants?!!Qu’est-ce que vous fichez de vos journées?!! Pourquoi ne les avez-vous pas tous déjà détruits?!! »

Comment feront-elles? En les attirant avec des confiseries empoisonnées qui les transforment en rats! Quel plan machiavélique! Notre héros, découvert,  se trouvera victime de ce mauvais sort. Mais la vengeance n’est pas loin, il faut sauver les enfants. Pur délice que cette adaptation de Pénélope Bagieu!

Le journal d’Anne Frank : récit vécu

S’il en est une qui a connu un confinement beaucoup plus stressant que le nôtre, c’est bien Anne Frank. Cachée avec les siens dans le grenier d’une usine, en silence et dans la promiscuité. Toutefois, cette jeune fille trouve dans l’imaginaire, la lecture et l’écriture la force nécessaire pour survivre à sa difficile condition. Son journal, rédigé pendant la guerre et publié en 1947, est l’un des textes les plus vendus dans le monde.

Calmann-Lévy a publié une adaptation du célèbre journal de cette adolescente juive d’origine allemande en 2017. Le scénariste Ari Folman et l’illustrateur David Polonsky, tous deux israéliens, ont dû faire des choix dans l’œuvre d’Anne Frank. Réfugiée à Amsterdam avec sa famille et quelques amis pendant plusieurs années, Anne a traversé des moments de peur et de désespoir que les auteurs ont traité dans un style fantastique. Pendant son confinement, la jeune adolescente découvre l’amour et rêve d’un monde meilleur.  

Ce récit vécu, historique et intime saura rejoindre une nouvelle génération de lecteurs et séduira tous les gens qui ont déjà lu son journal. Superbe!

Anne avec un « e » : une bouffée de fraîcheur!

Tout un défi d’illustrer ce roman si populaire, connu internationalement, adapté au cinéma, au théâtre, à la télévision. Mais le défi est bellement relevé; vous tomberez sous le charme de ce duo. Brenna Thummler a su rendre les décors majestueux et l’imagination fertile d’Anne Shirley dans une palette de couleurs qui varie au fil des saisons. Parfois une séquence de cases résume un épisode et en dit long malgré l’absence de phylactères. L’adaptation de Mariah Marsden va à l’essentiel, on reconnaît les scènes marquantes du roman avec ses personnages attachants et touchants.

Anne Shirley, qui vivait confinée à l’orphelinat, n’en finit plus de s’extasier de toute cette belle nature, ces grands espaces et la mer offrant un horizon sans fin!

« Je dois appeler cette route le Chemin blanc des Délices. Et là, c’est le Lac aux Miroirs. […] Je suis tellement heureuse de vivre dans un monde où le mois d’octobre existe! »

Son arrivée aux pignons verts apporte un vent de fraîcheur dans la vie de Marilla et Matthew. Sa façon de voir la vie est une belle leçon d’optimisme et d’espoir! À lire pour se faire du bien!  

La vie difficile de Lucy Maud Montgomery

Josée Ouimet signe une biographie de Lucy Maud Montgomery dans la collection : « Boujour l’histoire ». Dans un avant-propos, la vie de l’auteure est résumée en quelques pages. S’ensuit un récit chronologique, divisé en 11 chapitres brefs, qui relate les principales étapes de sa vie : son enfance, ses études, son travail d’enseignante, sa carrière d’écrivaine,  sa vie de famille, la naissance de ses enfants et sa mort.  

Orpheline de mère dès son plus jeune âge, Maud n’a pas eu la vie facile avec un père absent parce que parti travailler dans l’ouest. Elle a donc grandi avec ses grands-parents, très austères; aussi comble-t-elle sa solitude dans la lecture et l’écriture de petites histoires. Son imagination débordante et sa détermination lui permettront de mener à bien une carrière d’écrivaine à une époque où les femmes signaient leurs textes sous un pseudonyme.

Josée Ouimet cite des extraits de son journal intime et offre différentes informations concernant l’époque, ce que les adeptes de la série « Anne » apprécieront.

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Pénélope Bagieu. Sacrées sorcières. Gallimard, 2020, 299 p. (Bande dessinée)

Lucy Maud Montgomery. Anne… La maison aux pignons verts. Adaptation de Mariah Marsden.  Texte en français de Sabrina Meunier. Illustrations de Brenna Thummler. Éditions Scholastic, 2018, 230 p.   

Josée Ouimet. Lucy Maud Montgomery écrivaine. Éditions Isatis, 2020, 87 p. (collection Bonjour l’histoire, 25)

Le journal d’Anne Frank, adaptation de David Polonsky, illustré par Ari Folman. Traduit de l’anglais par Claire Desserrey, et du néerlandais par Isabelle Rosselin-Bobulesco et Philippe Noble. Paris, Camann- Lévy, 2017, 160 p.

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