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Finalistes du prix Bernadette Renaud – dernier volet

Anne-Marie Aubin

Tel que mentionné dans mes deux articles précédents, l’Association des auteur/e/s de la Montérégie remettra sous peu les Grands Prix littéraires 2020. Parmi les finalistes au Prix Bernadette Renaud, destiné à la littérature jeunesse,  je vous présente le troisième titre en lice : Dernier départ pour l’ailleurs de Nadine Descheneaux, auteure de Greenfield Park, qui a signé plusieurs titres pour les jeunes.

La difficile adolescence

C’est à l’aéroport que Jeanne, 15 ans, choisit de se réfugier pour oublier la triste réalité qui est la sienne.  À la maison, elle se sent invisible aux yeux de ses parents aux prises avec Thomas, son petit frère de 12 ans différent (autiste, TDAH…) qui prend toute la place à la maison.  Elle voudrait fuir vers l’ailleurs, elle se cherche.

« L’aéroport est une cabine d’essayage. Je me faufile dans l’image de cette nouvelle Jeanne que je veux être. J’entrevois ce que ça peut faire de se réinventer une vie. »

Anonyme au sein de ces gens qui partent, qui arrivent ou qui attendent fébrilement quelqu’un, Jeanne rêve : « C’est moi que je suis venue retrouver. Je suis celle qui m’attend. »  Dans cette errance, ni enfant ni adulte, elle fait du temps, du surplace, en rêvant d’un départ : « Il n’y a pas une destination qui viendrait à bout de mettre assez de kilomètres entre mes peines et moi. »

Monologue intérieur

Sous forme de fragments très brefs, à la manière d’un journal personnel, Nadine Descheneaux raconte sur un ton poétique, la souffrance, la solitude, les peurs et le mal de vivre de cette adolescente. Jeanne se remémore de beaux souvenirs pour meubler le vide qui l’habite, des souvenirs d’enfance, des souvenirs d’avant Thomas, quand ils étaient trois : « Notre trio était réconfortant. Je me glissais entre eux à la moindre occasion, sur le divan par exemple, j’avais une place de choix. Mon cœur entre les leur. Entourée de chaleur, je respirais librement. Dans mes souvenirs, on est ensemble. On chantait aussi. Beaucoup et partout. »

Un nouveau départ

Tout cela n’existe plus, le quotidien est devenu lourd. La jeune fille revient à trois reprises à l’aéroport, s’assoit dans la salle d’attente, immobile, observant ce lieu impersonnel où les gens ne font que passer : « Les retrouvailles sont presque plus troublantes que les départs. Plus attirantes. Un jour, je retrouverai ma famille. Un jour, mes pas se déposeront sur mon chemin. »

Un récit intime au cœur de l’adolescence!

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Nadine Descheneaux.  Dernier départ pour l’Ailleurs. Éditions Soulières, 2018, 123p. (Graffiti +, 119)

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